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 Le prix de toute chose - La Nuit Rouge

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 18 Mar - 7:47

[Petite ambiance]

Le jour poind paresseusement déjà sur le ciel d'un hivers doux et sec ; cette sécheresse de saison n'est pas pour déplaire ni aux maîtres ni à leurs compagnie de Tharen. Comme je sens la chaleur de ce jour nouveau, je sais que je dois laisser là mes recherches et choisir tenue plus appropriée pour accueillir les hôtes de marque qui fouleront bientôt le sol de notre pays si bon en cette période de l'an ; et si je dois choisir, autant le faire dès à présent pour m'habituer aux rudiments qui font la bonne tenue, l'équilibre et la gestuelle.
    « Abdervus, » murmuré-je, me contentant seulement de pousser un peu le volume. « Oui, Maîfre. »
Je songe qu'il se débrouille bien encore malgré la perte précipitée d'un bon morceau de ce bout de viande qui lui servait à palabrer si merveilleusement à mon sujet devant qui n'était pas admis à en entendre tant. Si je pouvais exprimer par la présente raideur de mes traits les tressaillements plus subtils de mon âme, je sourirais comme je réponds alors mon si cher Abdervus :
    « Il vous faut maintenant aider ce maître à retrouver ses fils.
    – Bien fûr, Maîfre
    . »
Le choix des mots est fait avec soin, presque sans gêne aucune. Je tempère ses ardeurs cependant que je lui fais face et m'approche, sans plus de mots ; il s'exécute sans tergiverser, saisit avec une douceur calculée le minuscule réceptacle pour ensuite m'accepter sur ses gestes ainsi que ses sens sans plus tenter de me repousser. Il sait que je veille. Toujours. Conduis-moi à mon fils aîné ; oui, celui qui vit encore, ce serait ce qu'il y a de mieux pour approcher mes invités de ce soir, ne penses-tu pas ? Évite … ces traits d'humour quand ils seront là, tu voudras. S'il était seulement capable de les exprimer, ce cher et servile ami dont je suis le seul maintenant à savoir le vrai nom. Je peux vite habiter le corps plus haut, plus solide et tellement plus reconnaissant du plus âgé de mes fils. Celui-ci m'accueille le plus sagement du monde, insiste presque pour saluer son vieux père par ses propres moyens. La transition se fait plus en douceur que je ne l'eût songé : passer par le secours de ce trop fidèle esclave (ce bien malgré sa lange autrefois si bien pendue) fut finalement d'une aide plus qu'appréciable dans mon adaptation et ma prise de conscience au sein du corps bien assez présentable de cet enfant, cette chair et ce sang qui font ma fierté. Ces quelques pensées réchauffent le cœur du fils Devaraja comme je les laisse m'échapper. Aimable comme à son habitude, il me cède d'abord la parole avant d'accompagner ma marche vers la remise. Je me laisse aller à fredonner, paisible, comme il me porte avec sa tranquillité toute coutumière, avant de reprendre le cours des ordres que j'adresse à mon serf :
    « Un, deux, trois ; accompagnez-moi, j'ai toujours à vous parler au sujet de l'organisation de ce soir ; ne prenez pas la peine d'acquiescer, je sais votre bonne fois. »
J'oblique vers la partie consacrée à l'armurerie pour m'équiper de deux sabres d'entraînement, dont le fil accueille sans punir le pouce que j'y fais courir. Je range le premier contre la taille de mon fils, à la ceinture de toile qu'il n'oublie jamais de conserver. J'esquisse quelques pas et mouvements de lame, qu'accompagnent en premier lieu les réflexes bien rodés de fils avant qu'il ne me laisse la pleine manipulation tant de l'arme que de mes membres. Quand il constate que j'ai retrouvé le plein contrôle de mes facultés, Muharib qui patientait jusque là dans son uniforme bleu à l'entrée des lieux se saisit sans nulle question de sa lame personnelle et vient essayer mes réflexes à deux sabres. Centrifuge sur mes derniers coups, solide dans mon assise, il cesse les coups, rengaine et s'incline.
    « Excellent travail, Muharib, ne changez jamais.
    – Jamais, monsieur.
    »
Je congédie Abdervus après qu'il m'a apporté les vêtements qui me serviront à accueillir les Krov ce soir au port, invite d'un geste mon valet à me suivre alors que je m'approche de mon broc d'eau froide ; alors que je m'essuie le visage avec la serviette qu'il me tend, je l'interroge :
    « Laquelle des femmes est fertile, aujourd'hui ?
    – Pardon, monsieur ?
    »
Le regard que j'échange avec lui lui rend probablement compte que je suis au courant des précédentes déconvenues rencontrées avec le précédent serviteur désigné pour faire bonne garde du harem … et qu'il faudra très vraisemblablement songer à passer les clefs à un esclave cette fois-ci. Je connais aussi la fidélité qu'il conserve à mon endroit, et qu'il sait s'acquitter aussi prestement qu'élégamment des tâches de ceux qu'il doit parfois punir … ou faire taire définitivement. Il baisse la tête, navré d'avoir seulement tenté de me dissimuler ce triste épisode.
    « Sitaara, monsieur, » puis, comme il me voit suspendre mon geste : « la blonde.
    – Oh.
    » Je replie le linge, ma déception plus palpable que souhaité. Muharib a le professionnalisme de ne pas le soulever. Je prends mon ton le plus assuré pour reprendre : « Préparez-la pour ce soir, s'il vous plaît.
    – Moi, monsieur ?
    »
Je le regarde, véritablement interdit.
    « Oui, vous. Qui d'autre ?
    – Bien, monsieur.
    »
Je lui pose une main sur l'épaule avant de poursuivre mes préparatifs :
    « N'oubliez pas ….
    – Oui, monsieur. Rousse.
    – Rousse. Bien entendu.
    »
La journée poursuis ainsi son cours dans tout ce qu'elle a de plus banal : je me vêts en circonstance, discute d'affaires qui ne sauraient attendre avant le départ de mes hôtes, arpente le domaine pour y arranger les derniers détails qui feront leur confort, jusqu'à la branche de jasmin laissée sur les draps de Lily qui nous fait dès ce soir l'honneur de sa présence.

Ce n'est que ceci fait que j'invite mon cher petit Abbadir à me tenir compagnie jusqu'au port, lui ainsi que quelques autres, pour faire bon accueil aux représentants dalentiens.

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 18 Mar - 10:15

Il faisait encore nuit noire lorsque Daïa vint me réveiller. Enfin, "me réveiller" n'est pas tout à fait le terme adéquat. En vérité, il m'avait été tout simplement impossible de fermer l'oeil. Enfin ! Enfin mon tout premier voyage hors de la Capitale ! Pour une fois qu'Alexander acceptait de m'emmener avec lui lors de l'une des ses rencontres diplomatiques. L'idée même de prendre des moyens de transports qui m'étaient incunnus jusqu'alors éveillait en moi une excitation sans pareille.

- Calme toi ma colombe, tu es tellement nerveuse que je ne parviens pas à t'enfiler correctement ton cache-ailes. Me sermona gentillement ma preceptrice. Nom de... mais comment ça se met ?! Elle s'énerva quelques instants dessus, cherchant déséspérément l'endroit de l'envers, avant de le propulser à l'autre bout de la pièce. Tu voudrais pas plutôt qu'on te mette les bandes habituelles ? Tu vas souffrir avec cet engin du démon. Léonidas a de l'imagination, on peut au moins lui accorder cela.

Je me levais doucement et allais ramasser le vêtement. En me redressant j'étirais mes deux fardeaux. Tout ceux m'ayant vu avec semblait les adorer. Je les haissaient. Toujours à devoir les camoufler: pourquoi ne me les avait-on pas retirés ? Je repliai le linge avant de l'ajouter aux affaires à emporter.

- Tu as raison, on ne va pas s'embêter. Je m'approchai de Daïa et la pris dans mes bras. Je vais m'en occuper. Va profiter du peu de temps qu'il nous reste pour finir de préparer tes affaires et te reposer.

Avec un regard pleins de compassion, elle me laissa seule dans ma chambre. Je fis battre légèrement mes ailes. Bon, il fallait que je mis mette...

........................


Nous étions enfin en route ! Le chemin en direction de la gare me paraissait d'une longueur insoutenable. Je trépignais d'impatience... le bâteau ! J'allais prendre le bâteau ! Un rêve d'enfance encore jamais réalisé. J'avais lu tellement de roman de voyage parlant de liberté, de rencontre et de découvertes.
Un fois arrivés à la gare, nous retrouvions le reste de nos camarades allant nous accompagner pour le trajet. La vue d'Erwin et de Ciel me mis du baume au coeur. Je crois que de la manière dont je les ai salué, ils ont dû comprendre que je n'étais pas au courant de leur présence. Nous ne restâmes que peu de temps dans la locomotive. Ou alors, les questions me passant sans cesse dans l'esprit ne me firent pas ressentir la durée du trajet.

- Vous croyez que les plantes y sont vraiment différentes des nôtres ? Pensez-vous qu'Alhazen voudrait certains specimens ? Et les tissus ? Léonidas ne me pardonnerait pas de ne pas lui en apporter des échantillons. Les animaux, les couleurs, les senteurs, les épic...

- Lily. Me coupa Alexander, un léger sourir attendri sur le visage. Et oui, je le voyais !

- Tu découvriras tout par toi-même, ma grande. Me dit Daïa.

Erwin s'apprêta à ajouter quelque chose en soulevant un doigt et les sourcils d'un air de réprobation mais se renfonça dans sur son banc, boudeur, après le regard que lui lança Krov. Au fond, nous connaissions déjà tous le fond de sa pensée sur ce voyage. Pour moi, il ne s'agissait que d'un rêve de petite fille se réalisant. J'admirais le paysage passant à vive-allure par la fenêtre. J'allais découvrir tant de choses. Je m'assoupi.

........................


Si la vue du navire me laissa sans voix, je ne sais comment décrire les émotions ressenties lorsqu'il nous porta, les voiles poussées par le vent, loin des terres que je n'avais encore jamais quitté. Père et Erwin durent s'abritter rapidement mais Daîa, Ciel et moi restions campées à l'avant du navire. Telle une enfant, je ne pu me retenir, tout en me tenant à la rembarde, d'admirer les mouvements des vagues, les sillons tracés par le bâteau et de m'exclamer chaque fois qu'un mammifère venait nous saluer de sa grâce dansante, sautant hors de l'eau. Le personnel du navire semblait partager ma joie, j'appris certaines chansons que Dante, Erwin et Neik seraient ravis d'apprendre à leur tour. Puis vint le moment des derniers préparatifs avant d'atteindre les terres de Tharen.

- Reprends toi, Lily. Me chuchota doucement Alexander à l'oreille en me rejoignant sur le pont.

........................

C'est ainsi que l'Empire envoya ses représentants officiels saluer leurs alliés de Cestra. Krov, tout de noir vêtu comme à son habitude, Daïa, au contraire, parée de vêtements stricts mais aux motifs fleuris et Erwin aux côtés de Lily. Si la dernière semblait plus qu'à l'aise dans ce nouveau type de tissus, aux couleurs vives, le premier, obligé de faire bonne figure, ne paraissait pas partager son assurance.

- On s'est fait beau Erv ? Le taquina la rouquine, approchant une main malicieuse en direction des cheveux plus que coiffés du pauvre bougre.

- Si t'oses toucher ne serait-ce qu'à une mèche je te jure que les poissons tu vas pouvoir les identifier de près. Fit-il en esquivant d'un geste souple l'attaque de Lily avant de l'attraper par la taille et de la diriger vers la rembarde en rigolant. Un coup de canne bien placé de Krov les ramena tous deux à leur sérieux. Juste à temps pour voir les rivages de Tharen et l'ensemble des personnes les attendant pour les acceuillir. Est-ce que j'ai déjà dit que c'était pas une bonne idée ?

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Ciel
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 18 Mar - 12:06

[Petite ambiance]

C'est maintenant que se joue l'affaire dont m'a parlé cette vieille carne de Krov : notre séjour diplomatique commence et il commence maintenant, alors même qu'une effervescence fourmillante s'empare du trio qui sera très probablement à l'honneur ce soir. Je me demande à quelle sauce ce vieux crapaud de Jinendra Ch'ais-plus-trop-quoi compte cuisiner les Krov, parce qu'ils ont eux aussi l'air d'avoir mis les petits plats dans les grands. Je ne peux m'empêcher de me frotter les mains avec le contentement certain de ce à quoi je vais assister après le périple qui nous attend et nous ouvre les bras vers l'archipel des hommes. Cette bravade qui a le goût de l'interdit a pour moi la saveur délicatement iodé des eaux que nous nous en allons franchir et que Lily observe avec autant de cette fascination juvénile que mon sympathique collègue les détaille avec effarement. Je ne cherche pas à le rassurer : je sais bien que c'est peine perdue, et je tiens bien trop et à ma salive et à ma sueur pour la gaspiller dans le vent ; j'aurai déjà à bien trop en perdre quand il faudra que je lui domestique le poil, et Daïa ne sera pas de trop. C'est une petite mission que je me suis accordé au nom du patron : je vais l'attendre dans l'ombre de sa cabine, alors que Daïa sera sur ses talons ; il ne se saura que trop tard attrapé. Et quand l'occasion se présente, je ne manque de le lui faire remarquer, peigne et gomina en main :
    « Erv, mon chéri …, » c'est presque malheureux de le voir qui se retourne vers ma voix alors que la serrure cliquette derrière Daïa ; « … te voilà fait comme un rat. »
Et quel rat ! Quand il sort, il est méconnaissable, jusqu'à ce que sa mine sombre et toute boudeuse nous glisse encore un de ces regards qui nous en dit long sur sa pensée : c'est pas une bonne idée, qu'il nous dit des yeux. Mais vraiment pas.
    « Erwin, Lily sait se démerder, et plutôt bien. Qu'est-ce qui peut lui arriver pendant une visite diplomatique, dis-moi ? »
Je fais face à ce petit tas de tissus brillants, colorés et débarrassés du plus petit grain de poussière ; des deux mains, je lui saisis les bras avec toute l'amitié qu'il m'est possible de lui communiquer :
    « Erv, » je lui dis avec plus de douceur ; « ne t'inquiète pas. On veille tous au grain pendant ce séjour. Tous. Et s'il devait tourner ta petite puce en bourrique, on est une demi-douzaine parés à lui sauter sur le râble pour lui faire ravaler sa diplomatie. On est tous là, Erv. Tous. »
Je ponctue ma belle assurance par quelques tapes et le mime d'un uppercut envoyé au menton avant de rallier le pont pour voir s'approcher la terre et sentir le soleil m'infuser de sa force exquise : ça devient vrai … ma parole, j'ai quitté Dalentour !

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 18 Mar - 17:33

[Hymne perso]

Je sens Abe frémir d'une impatience électrisante alors qu'il resserre son étreinte sur mes épaules. Il miaule, gonfle ses plumes blanches, observe la nef dalentienne jeter l'ancre dans notre port. L'Onéraria est faite pour la haute mer, c'est ce qui fait toute la beauté de ce vaisseau gréé de ces voiles jamais blanchies. Elle est la treizième du nom : j'ai eu le plaisir et l'infini honneur d'être au bord de la première. Je vois débarquer les marins avant l'ambassade tant attendue, prolongeant encore un peu plus mes expectations quant à cette jeune héritière jamais vue jusqu'alors et si jalousée tant par son père que leur messager, si j'en crois ses réactions presque pincées que m'a valu l'invitation envoyée il y a de ça bientôt deux mois. Je reste monolithique, s'il fallait me comparer au jeune Abbadir qui n'en peut plus d'attendre et court comme le lézard sur la pierre qui a chauffé au soleil. Vêtu de blanc comme j'en ai pris l'habitude, je sens une timide brise se lever et faire claquer les tissus de ma cape ainsi que ceux dans lesquels s'est enroulée la Maghia Krova qui descend comme un seul homme. Flanquée des deux hommes qui font sa famille, Lily Krov se reconnaît entre mille sans même l'avoir ne serait-ce qu'entraperçue : elle a ces mèches rousses qui viennent caresser un front blanc et ces grands yeux de biche surprise devant la source qui la désaltère. Je suis heureux de constater que la tenue que je lui ai choisie (dont les dorures rappellent agréablement celles de ses iris) ne soit pas trop près du corps comme j'aurais pu le craindre en ne sachant pas précisément comment Mademoiselle Krov était faite : la soie laisse deviner ce qu'il faut des courbes subtiles qui viennent jouer sous le plis délicat du pétale idéal pour semblable fleur … à laquelle Monsieur Krieger essaie un instant de donner toute l'eau dont la jolie tige a besoin. Je ne me fais pas prier pour arriver à la hauteur de son père de sa suite.
    « Alexander, avez-vous fait bon voyage ? » demandé-je, alors que je tends main à lui ainsi qu'à Krieger : « Erwin ! Erwin … vous vous êtes surprenamment bien vêtu pour le trajet, mon ami. »
Mon sourire ne se serait pas plus figé si Abbadir avait choisi ce moment pour me glisser un glaçon dans le col. J'essaie de me reprendre quand je retire le gant pour serrer la petite main de
    « Mademoiselle Krov, un plaisir. »

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Erwin Krieger
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Lun 19 Mar - 18:42

J'arrive !

Trop serré. Pas confortable... du tout. On était en train de descendre du navire, les uns à côtés des autres: tous au même niveau. L'un des seuls points qu'on ne pouvait repprocher à Krov. Pendant qu'on se dirigeait vers le port je tentais déséspérément de bouger la ceinture afin de trouver un peu d'air. Si je devais agir pour aider la p'tiote j'allais davantage avoir l'air d'un crétin se tortillant en grommelant des injures que d'un mercenaire. Daïa me donna un coup dans le dos, me réveillant de mes pensées: le vieux me lançait un regard en coin réprobateur, l'elfe me faisait signe de me tenir droit et Lily les yeux rieurs, regardait droit devant elle, tentant d'empêcher les coins de ça bouche de la trahir. En vérité, elle avait des raisons de se moquer. Vu comment je m'étais fait chopper et pouponné de façon vile et cruelle par les deux nanas sans coeur qui lui servaient de preceptrices. Heureusement que le serre-taille qu'elles avaient ramené n'était pas pour moi. Je crois que j'aurais préféré prendre 20 coups de dagues dans le dos par ma propre mère et devenir eunuque que de devoir porter cet instrument de torture. Mais apparement il était destiné à Lily. Elle se tenait toujours droite et souriante. En y pensant, je ne l'avais jamais entendu se plaindre de la douleur que lui causaient ses ailes maltraitées.
Une fois descendu, l'acceuille ne se fit pas attendre. Jinendra vint nous saluer avec sa petite merdaille en train de miauler sur le dos. Salutation très cordiale. Pas une surprise. Contrairement à l'imperceptible petit effet que lui fit ma vue une fois la main de Krov serrée. Je le saluai à mon tour, l'air détendu et un sourire en coin.

- Super voyage, effectivement. Aurai-je homis de préciser les noms des invités, Monsieur Devaraja ? Demandai-je, légèrement provocateur. J'ai apparement reçu le titre de chaperon. Entre nous, je préfère "garde du corps": plus tape à l'oeil... et facile à comprendre, hein ?

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Lun 19 Mar - 19:57

Ambiance

Ils allaient enfin pouvoir poser pieds à terre. Si elle savait que Erwin voyageait souvent, Lily n'avait jamais vu son père loin de la Capitale. Elle devrait lui poser des questions la dessus. Il avait sûrement dû voir beaucoup de pays avant que de multiples obligations ne viennent le sédentariser à Dühr.
Ils descendirent tous ensembles, s'amusant du petit côté mal-à-l'aise et tendu d'Erwin. Lily tentait de faire bonne figure, imitant le maintient de son père qu'elle percevait du coin de l'oeil. Il faisait incroyablement bon malgré la petite brise qui vint les acceuillir, douce, telle une caresse. L'odeur était aussi différente: iodée, bien entendu, mais... quelque chose d'autre, de plus épicé, venait s'ajouter. Elle espérait tellement pouvoir visiter les lieus. Pas la ville, non, voir la nature, découvrir de nouvelles senteur, en apprendre un peu plus sur la culture. Avoir de quoi raconter des histoires à faire pétiller les yeux.
Ils étaient acceuillis chaleureusement. Léonidas serait bouche-bée devant tant de couleurs et de draperies. Un homme, qui devait faire en tout point la taille de son père, s'approcha afin de les saluer. Sans nul doute Monsieur Devaraja. Le contraste entre lui et son père quand ils se saluèrent fut assez amusant. Il était rasé de près et vêtu uniquement de blanc, tendit qu'Alexander Krov, portait fièrement sa barbe que Lily lui avait toujours connue et de coutume, avait ses vêtements noirs ébènes. Ce fut le tour d'Erwin qui, lui aussi avait ses petites manies si coutumières qui faisaient sa personnalité. Il vint ensuite se placer face à Lily. Cette dernière, tout sourire, le salua en lui serrant la main qu'il lui avait tendu.

- Partagé, Monsieur Devaraja, répondit-elle les yeux rieurs, c'était bien le petit Abbadir derrière lui. Je t'ai vu petit bonhomme. Ni une ni deux, voilà le jeune dragon qui saute des épaules sur lesquelles il était perché pour percuter la petite rousse. Sans Daïa, ils auraient probablement fini leur course dans l'eau.

- Tha gelásoume kai tha diaskedásoume. Ópos yposchéthike. Le Wanaka l'a dit ! Dit le petit, redevenu humain, tout en la serrant dans ses petits bras.

Elle eu à peine le temps de saisir ce qui venait de se produire et d'en rire qu'Abbadir avait déjà repéré une nouvelle cible.

- Pappoús !! S'exclama-t-il en gratifiant Krov d'une étreinte heureuse. Ce dernier, très peu tactile à son encontre, se raidit, gardant son sourire imperturbable. Il réussi à poser les mains sur les épaules d'Abbadir et le fit reculer avant de lui ébourrifer les cheveux.

- Soit je parle l'enaride, soit tout le monde à compris.

- La ferme Erwin. Lui souffla l'elfe en lui donnant une taloche derrière la tête, un petit sourire au coin des lèvres.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mar 20 Mar - 10:16

Au sourire en coin du messager, je ne peux empêcher un sourire plus franc et un brin moqueur accompagner la réplique qui fuse d'elle-même alors qu'Abbadir se charge d'accueillir à sa manière la jeune femme.
    « Une tâche qui vous sied, Krieger … le déplaisir manifeste avec lequel vous portez les couleurs locales ferait fuir n'importe qui, je n'ose donc imaginer son effet sur d'éventuels importuns. »
Ce que je dis en toute bonne fois : je n'ai aucune envie ne serait-ce que de m'essayer à l'imaginer. Comme mes yeux se posent sur Abbadir, je me dis qu'il faudra peut-être faire quelques concessions (quelques largesses, même) à ses prises de liberté cette fois-ci auprès de Monsieur Krieger. Mais il faut que je revienne à mon ambassade et que je laisse-là mes pensées.
    « Bien ! » m'exclamé-je comme je me remets droit, ainsi que les gants ; « laissez là vos bagages les plus encombrants : les miens sont là pour que nos bons représentants de Dalentour ne s'épuisent pas plus après cette longue traversée. Mes compères du Triumvirat actuel préparent leur réélection, prenez donc mon accueil en qualité d'ancien triumvir ; ils seront peut-être présents pour la plupart à la réception de demain soir, dans mon domaine, et vous salueront comme ils le devraient en pareille occasion. »
Ladite occasion étant, bien entendu, le premier déplacement à l'étranger de celle que ce bon vieux Krov forme ouvertement comme l'héritière de son réseau philanthropique, le regard que je lui accorde le signifiant bien. Je prends une vive inspiration :
    « Manger, oui : avez-vous pu vous nourrir convenablement, sur le trajet ? Ou devrons-nous avancer l'heure du repas ? »
Les questions logistiques, toujours les questions logistiques : je les invite à m'emboîter le pas pour poursuivre.

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mar 20 Mar - 20:41

Le regard d'Erwin à la réponse de leur hôte fut gratifié d'un rire étouffé un peu plus bas à sa gauche. Daïa lui posa une main compatissante sur l'épaule, un sourire en coin affiché sur les lèvres.

Je cromprends mieux sa réputation maintenant. Elle n'est plus à faire. Chuchota-t-elle, railleuse à l'oreille d'Erwin. 

Le petit Abbadir, après avoir terminé ses salutations se métamorphosa sous sa forme draconique avant de retourner délicatement sur les épaules de Jinendra. Petit lézard d'un blanc nacré aux yeux dorés. La première fois que Lily l'avait rencontré, de manière tout aussi brutalement amicale que précédement, elle avait été stupéfiée par la beauté de la petite créature. Bien que de forme réptilienne, il n'en portait pas moins de magnifiques plumes formant des ailes qui lui octroyaient une vitesse et une force de projection incroyable. Sous sa forme humaine, la couleur des yeux et des cheveux de l'enfant avait surpris sa preceptrice. En effet, Daïa lui avait fait part de la subtile ressemblance entre elle et Abbadir. Elles n'étaient cependant pas revenues sur le sujet. Lily ne posa d'ailleurs aucune question à Alexander. 
Elle alla chercher sa valise de voyage ainsi que celle de son père suivit par un mercenaire toujours en pleine réflexion et de Daïa. Et revint se placer aux côtés de Krov qui prit son propre paquetage.

- Généreuse proposition mais vous risquez de heurter l'ego d'Erwin. Si nous voyageons léger, lui ne doit même pas avoir de rechanges vu le poids de son sac. Répondit Lily en direction de leur hôte tout en lançant une oeillade amusée en direction du mercenaire. Je pense que 4 valises pour 8 bras devrait être un défis surmontable. Ne derangez pas vos employés pour si peu, nous allons nous débrouiller. Ajouta-t-elle souriante.

Une fois tout le monde prêt, Alexander se mit à hauteur de Jinendra et lui posa une main amicale sur l'épaule.

Un repas ne serait effectivement pas de refus. Deja de nouvelles élections ? Je perds la notion du temps.

La perspective de se remplir l'estomac n'était pas pour déplaire à la rouquine. Même Erwin qui tentait de se venger de sa blague en lui lançant sa valise s'était assagi. Quand à Abbadir... n'en parlons même pas.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mer 21 Mar - 14:27

Abe finit de frotter généreusement sa joue ronde de marmot contre celle de notre invitée pour reprendre son aspect le plus agile, mais surtout le plus pratique. Assez mauvais en ce qui concerne l'apprentissage de l'énaride (mais que je me jure de maîtriser un jour prochain), je suis bien incapable de saisir le sens de ce que chantonne mon dragonneau ; encore que je n'y prête pas non plus une grande attention, puisque son ton farceur me reste très coutumier, aussi je ne vois de raison de me concentrer outre mesure sur ses petites palabres. Il reprend la place qui est la sienne, à l'affût et haut perché sur les épaules de son maître. Je passe le bout des doigts sur son duvet et lisse un peu le blanc plumage du brave animal, distraitement, machinalement, pour mieux sourire à la pique de Lily lancée à notre messager ; charmant refus. Je m'attendais à plus de bagages pour ce séjour, ou au moins à des valises plus chargées : je ne songe pas à ce sac flaccide qui bat la cuisse de Krieger (plus rien ne me surprendrait encore si cela devait venir de lui), mais plutôt au fait que l'équipage de ce cher Krov compte deux dames (ou en tout cas, ce qui s'en approche le plus) dont les caprices ne semblent pas peser bien lourd dans leurs maigres paquetages.

Alors que nous poursuivons le chemin jusqu'à mon domaine et que je confie à Abdervus la tâche de prendre un peu d'avance sur nous pour préparer le nécessaire, je l'interromps comme Alexander pose sa main sur mon épaule, dans ce geste que je lui connais bien désormais. Je lui rends la pareille en lui offrant le même sourire que celui qu'il m'adresse et se solde par une tape vigoureuse dans le dos de cette allumette toujours coincée entre deux morceaux de tissus noirs :
    « Avançons le dîner, alors ! Il sera toujours temps pour vous de prendre une collation avant le coucher si le besoin s'en faisait sentir ! Abdervus, » achevé-je en invitant l'esclave à prendre note de ces quelques nouvelles instructions.
Je poursuis l'inventaire entamé à l'instant sur la situation politique actuelle, comptant sur ce que l'un de mes ambassadeurs me rende ensuite la pareille en m'instruisant sur ce qu'il se passe en ce moment dans l'Empire et ses campagnes.
    « Depuis Enarida, et donc depuis que je ne participe plus à ces jeux politiques, l'aile législative est à feu et à sang pour se liguer sous la représentation d'un seul homme – façon de parler, bien entendu, » oh, si peu … s'il fallait être tout à fait honnête à ce sujet ; « quelques personnalités ressortent plus que d'autres, bien entendu, et il va de soi que j'apporte tout mon soutien à ceux d'entre-eux qui le méritent. »
En somme, je bataille sur plusieurs front, ce qui n'est un secret pour personne ; ce qui le reste, en revanche, c'est en quelle proportion et à l'avantage de qui.
    « Quelques groupes politiques minoritaires essaient de passer entre les mailles du filet. Ce ne sera que l'affaire de quelques mois pour les calmer, mais vous vous doutez bien que la branche que j'occupais a moins l'habitude des changements que l'exécutif. »
Les débats ont déjà commencé, et il faut parfois que j'aille y jouer moi-même des coudes autant que des diplômes pour faire valoir mon point de vue sur des questions qui me concernent de … bien trop près, me dis-je, comme mes yeux viennent se poser sur l'uniforme noir d'une petite chimère qui trottine pour réussir à maintenir l'allure.

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mer 21 Mar - 18:18

Ambiance

Le petit groupe se mit donc en marche, les uns à côté des autres, suivant leur hôte de près. Lily, proche d'Alexander, écoutait d'une oreille, ses yeux occupant la majorité de son attention. Les paysages étaient tellement différents de Dühr. La nature semblait ne faire qu'une avec l'activité citadine de Cestra. Elle éspérait pouvoir profiter un peu plus de l'endroit, ne serait-ce que passer un peu de temps auprès de Daïa et d'Erwin. Et Ciel qui était bloquée sur le navire... Mission numéro une: lui trouver un cadeau ! Quoi de mieux qu'une spécialité locale ? Si une chose était sûre, c'était bien que la nourriture ne pouvait jamais décevoir.
Une chose, un détail subtil dans le décor la ramena à une certaine réalité, entrant en contradiction avec l'exaltation de la découverte présente jusqu'alors. Elle avait depuis longtemps compris pourquoi son père portait constamment des vêtements entièrement noirs, qui plus est, presque symbole de la Maghia. Elle reporta son attention sur les deux hommes en train de discuter. Ils semblaient bien s'entendre, vu de l'extérieur. Souriants, amicaux,... Devrait-elle aussi user de telles masques ? Ou le faisait-elle déjà...

- La politique... 60 ans que j'y comprends rien. Grommela Erwin à sa droite.

- On dit pourtant que c'est une affaire d'homme, répondit doucement Lily.

- Il nous aurait trompé depuis tout ce temps, le bougre. Ajouta Daïa se penchant afin de pouvoir croiser le regard de la rouquine. Ciel doit être plus au courant que nous sur la question...

- Continuez... continuez... je retiens tout pour quand demain je vais venir vous réveiller. I-né-bran-lable.

Contrairement au mercenaire, Lily avait baigné très tôt dans tout ce qui concernait les questions diplomatiques. Une science interessante, surprenante et, bien trop souvent, décevante. Quand les choses pourraient être si simples, quelqu'un devait toujours s'approprier de manière individuelle, un bien appartenant à tous.

- Les elections permettent un renouvellement. Une société ne peut pas rester figée sur les mêmes moeurs, il n'y aurait aucune évolution dans ce cas. Même si elles résident du choix d'un nombre restreint d'électeurs, le résultat final permet de mettre en avant une opinion commune. Une idée que son père lui avait probablement transmise. Elle souhaitait avoir trouvé les bons mots, s'adressant à la fois à leur hôte, ainsi qu'à Alexander. Pourquoi ne pas vous représenter ? La charge ne vous convenait pas ? demanda-t-elle. Ce détail l'avait intrigué.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Jeu 22 Mar - 15:31

[Petite ambiance légère]

Chaque fois que je jette un regard en arrière, c'est pour voir la jeune Krov jeter partout ses regards éperdus de biche fascinée comme elle trottine à hauteur de Krieger … pour mieux taquiner son chaperon grognon. Je dois retenir un sourire carnassier dès qu'il est question de demain pour en vêtir un qui soit moins dénué de chaleur.
    « Le réveil sera assuré en douceur peu avant le repas, sauf peut-être pour Monsieur Krieger s'il continue ses menaces : je suis sûr que vous savez comme Abbadir peut révéler des trésors d'imagination dès qu'il s'agit de votre … confort, Monsieur Krieger, » je me détourne pour refaire face à la route, « soyez aimable avec vos dames, et soyez assuré de passer une nuit aussi bonne que complète. »
Je suis bien heureux de m'être concentré sur la route quand cette petite effrontée vient ramener sa science et perturber notre conversation avec son père, et pour bien peu de chose. Au détriment du sourire que je laisse tomber, je préfère conserver une apparence calme, tout à fait neutre cette fois, bien qu'une touche d'ironie vient malgré moi teinter ma réponse.
    « Oui, Mademoiselle Krov : c'est le principe d'une élection, » et je dois me retenir d'y ajouter mes plus profonds et mes plus sincères remerciements pour cette interruption hautement culturelle.
Je préfère glisser, pour toute réponse à sa seconde question, plus souriant déjà bien qu'un peu narquois :
    « Les elections permettent un renouvellement. Une société ne peut pas rester figée sur les mêmes mœurs, il n'y aurait aucune évolution dans ce cas. N'est-ce pas, Elizabeth ? »
Le domaine est d'ores et déjà visible : construit sur le modèle d'un hémicycle dont le cœur se renfle lui-même d'un cercle, cette bâtisse principale étend ses deux bras vers nous, hauts chacun de trois étages et qui nous masquent les quelques annexes construites derrière eux. Plusieurs tentures étendent les murs sur la cour typiquement thare, loin des canons dalentiens qui auraient fait crouler les lieux sous des fontaines trop peu désirables sous ces latitudes si privilégiées des moustiques et de leur aimable suite. La végétation mange les constructions çà et là sans non plus les envahir. Sous les ombres douces conviées à nous dispenser leur aile bleue sous un soleil encore éclatant, on peut entrapercevoir les signes avant-coureurs des festivités à venir. À ma demande, nulle porte ne barre notre chemin vers mes murs.
    « Bienvenue en mon domaine ; j'espère que le soleil n'a pas été trop incommodant sur la route. »

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Alexander Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Jeu 22 Mar - 17:42

Ambiance

- Z'êtes pas drôle, répondit Erwin, avec une moue boudeuse, lorsque Devaraja fit interruption dans ses plans machiavéliques. Perdez rien pour attendre les filles. Ajouta-t-il en chuchotant en direction des deux concernées. Et toi oses même pas imaginer faire ne serait-ce qu'une de tes petites blagues... merdeux. Termina-t-il en menaçant du doigt Abbadir qui ne se gêna pas pour commencer son repas avant l'heure, éloignant le mercenaire du reste du groupe. Juste les quelques secondes lui permettant de se débarrasser du petit dragon tout en balançant d'exotiques insultes. Petit con de...

- Krieger, votre vocabulaire je vous pris. Montrez que vous êtes un minimum civilisé. Le sermona Krov sans se retourner. Après l'intervention de Lily, il ne pu retenir un léger sourire soulever ses commissures. Aah... toujours aussi conservateur, mon vieille ami. Remarqua-t-il d'un ton amusé en passant un bras autour des épaules de sa fille. Cette dernière n'avait aucunement réagi à la pique du chauve, bien au contraire, elle affichait toujours son petit air curieux et d'autant plus diverti. Prenez-en de la graine, Monsieur Devaraja. Elle fait parti de la génération qui va nous supplanter tôt ou tard. Vous serez peut-être amenés à travailler ensemble un jour, qui sait ? Nous nous devons de leurs transmettre notre patrimoine et notre savoir afin de les guider au mieux. Mais voyons le côté positif, vous semblez être déjà bien attentif aux conseils et avis qu'Elizabeth vous partage. Vos efforts sont surprenants. Finit-il d'un ton railleur.

Ils continuèrent à le suivre et parvinrent finalement au domaine du dit personnage. Il fallait bien avouer que l'espace était particulièrement riche. A la vue des toutes les plantes et couleurs venant former ce tableau, Alexander su immediatemment les pensées de Lily. Un regard glissé a sa droite lui fit apercevoir l'expression de la rouquine, qui lui rappella le visage emmerveillé que la petite affichait chaque fois qu'elle entrait dans les jardins de l'hopital. Il ne manquait plus qu'elle sache faire abstraction de ses émotions lorsque les circonstances le demanderaient.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, nous nous sommes bien préparés en prévision. Cela nous change du temps de Duhr.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Ven 23 Mar - 15:43

La pique de Krov est méritée ; je n'évite pas pour autant de répliquer :
    « Mais je me délecte des informations inédites que votre fille a à m'apporter au sujet de la politique qui est mienne, docteur ; j'espère que son séjour ici sera aussi enrichissant pour elle que pour moi. »
Ces derniers mots sont très honnêtes, cette fois : j'espère autant en apprendre à Mademoiselle Krov que je saurai en tirer moi-même de cette ambassade. Je franchis les dernières enjambées qui me séparent de mes murs pour pénétrer l'entrée, laissée ouverte et protégée seulement d'un rideau que je maintiens sur le chemin de mes invités. À l'intérieur, sur un jeu d'étages ouverts, le soleil qui vient caresser les tentures couvertes de tracés colore les charpentes et autres boiseries employées çà et là ; le samovar traditionnel trône au centre du séjour rendu accueillant par ses couleurs, celles-là même que la nuit ne parviendra pas à subtiliser par son ombre grâce aux allers et venues de quelques globes alchimiques guidés seulement par les ordres gravés un peu partout à notre entour, tant les murs que les sols. Les uniformes ont su, comme ils en ont l'art sous mon aile, disparaître aux yeux de mes hôtes. Je passe la main sur les inscriptions qui vont et viennent en spiralant, les caresse distraitement :
    « J'ai cru comprendre que vous aviez récemment conclu de prendre quelques cours pour devenir mage traceur, Mademoiselle Krov, » dis-je avant de préciser, non sans une espèce de légèreté : « par un collègue du docteur Rivail. Rien de ce qui est écrit ici ne doit donc particulièrement vous impressionner. »
J'observe les mots un instant les mots qui nous entourent, tout en songeant qu'il nous faudra peut-être bientôt leur redonner une certaine fraîcheur ; je me demande quelle matière je demanderai à utiliser cette fois. Je demande, alors que je leur refais face :
    « Vos chambres, oui … j'allais oublier ! » m''exclamé-je, revenant à leur niveau ; « Vous voulez sûrement déposer vos bagages, peut-être vous rafraîchir un peu avant de passer à table ? Ça laissera le temps à tout le monde de fignoler le nécessaire. Suivez-moi : c'est dans cette aile, à l'étage. »
Je vais pour les guider jusqu'à la mezzanine et aux portes qui marqueront l'entrée de leurs chambres.
    « Deux lits sont installés dans la suite de mademoiselle ; de même que pour vous, docteur, si Monsieur Krieger devait assurer votre sécurité ; dans le cas contraire, j'ai laissé libre une chambre à son entière disposition où il pourra bénéficier d'une certaine intimité. »

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Ven 23 Mar - 18:51

- Aah... Krov passa une main distraite dans les cheveux roux de Lily. Effectivement, nous ne sommes pas la pour prendre des vacances. Je compte bien sur le fait qu'elle en apprenne davantage concernant les jeux diplomatiques. Répondit-il le plus humblement du monde à la remarque de Jinendra.

Si l'on pouvait entendre quelques rires étouffés du côté du mercenaire et de la preceptrice, Lily tentait t'en bien que mal à se retenir de se joindre à eux. Le regard discret qu'ils s'échangèrent avec Alexander, lorsque leur hôte passa devant afin de leur tenir les rideaux de l'entrée, lui appris qu'ils partageaient la même pensée. Ils entrèrent chacun leur tour, arrivant au centre d'un vaste séjour. Le lieu était vraiment impressionant. Toutes ces couleurs, ces différentes tentures et cette luminosité donnaient à la pièce un caractère si merveilleux, presque apaisant. Elle s'éloigna d'Alexander et, suivie de près par Daïa, alla admirer certains tracés.

- Monsieur Rivail est un excellent professeur, les yeux émmerveillés et une fois l'entièreté de la salle contemplée à sa juste valeur, le regard de Lily se reposa sur leur hôte. Toutefois, cela dois bien faire une petite dizaine d'années que je reçois des cours de tracés. Daïa est une véritable experte en la matière. Ajouta-t-elle en indiquant l'elfe située à ses côtés. Quand bien même, cela reste toujours aussi impressionant, monsieur Devaraja.

- Pas mal, oui. Remarqua Daïa sans se retourner, l'air d'inspecter scrupuleusement chaque signe au peigne fin, une main sur le menton. Je dirai: un an de pratique, 3 jours et 2 heures. Vous avez de jeunes élèves, ici ? Des systèmes plus pratiques et solides permettraient une meilleure fluidité. Un petit sourire carnassier commença à se dessiner sur ses lèvres. Mademoiselle Krov pourrait vous aid...

- Une excellente preceptrice, la coupa Alexander en l'attrapant par les épaules. Le voyage nous a en effet bien fatigué, n'est-ce pas ? De quoi nous raffraichir devrait nous requinquer pour quelques heures.

Ils suivirent Devaraja, montant les marches les menant à leurs chambres. Après avoir remercié leur hôte, les deux jeunes femmes allèrent dans la pièce leur étant réservée, laissant les deux garçons être placés dans la leur.

- Une chambre commune, cela sera parfait, mon ami, Fit Krov en posant une main sur l'épaule d'Erwin qui s'apprêtait à s'exprimer sur la question... trop tard. Je pourrai ainsi le garder à l'oeil. Soupire du mercenaire. Allons nous installer. Merci pour cet acceuil, Jinendra. Nous vous rejoindrons au plus vite.

...................................


Des brocs d'eau les attendaient à l'intérieur. Sans plus attendre, les deux jeunes femmes allèrent se raffraichir le visage, un long trajet et des crises de fou rire contenues, obligent. Elles rangèrent ensuite leurs valises, sans en sortir le contenu, tout devant être parfaitement calculé. Lily alla ensuite en direction de la fenêtre qu'elle ouvrit afin de laisser entrer l'air du soir. Elle s'installa ensuite au pied de celle-ci, rejoint par Daïa. Cinq minutes plus tard, un mercenaire dépité entra dans la pièce et s'affala sur l'un des lits, face contre le matelas, avant d'émettre un son étouffé.

- Oui... 36 fois depuis ce matin, Erv. Remarqua l'elfe.

- Bah je le répète encore: c'est pas une bonne idée, répéta Erwin en roulant sur le côté, le mettant face au plafond. Aïeuh, c'est quoi cette merde ? Grogna-t-il en passant une main en dessous de son dos. Il en ressorti une petite branche d'une senteur reconnaissable entre toute. Lily... Il se redressa et fit face à la concernée, plus blanc que jamais. Ca sent comme toi...

- Lâche ça tout de suite Erv ! S'exclama la rouquine sur un ton de détresse, en se relevant d'un bond et en arrachant la plante de ses mains. Ni une ni deux, le mercenaire se releva, plus paniqué que jamais. Oh mon dieu !

- QUOI ? QUOI ? Qu'est-ce que c'est ?!

- Une branche de Jasmin, andouille. Fit-elle en lui lançant dessus. Cette dernière rebondit sur la tête d'Erwin avant de retomber par terre. Tu avais raison... dit-elle d'un petit ton moqueur en s'approchant doucement du mercenaire. Il dispose d'armes redoutables ! Que pourrait-il faire de pire ?! Ajouta-t-elle avant d'aller attaquer son flan droit par ses petits doigts.

- Hein ? Ah... nah. Arrête ça. Eheh. Non. Il attrapa le poignet de Lily et ramassa la petite branche. C'est pas toxic alors ?

- Non.

- Pas dangereux ?

- Non plus.

- Je vais te le faire bouffer.

- Oh...

Sans attendre, Daïa se jetta sur le dos d'Erwin, laissant à Lily le temps de sortir en trombe de la pièce, suivie de près par un mercenaire trop joueur, une elfe sur le dos. Un moment de détente qui se termina bien promptement, un Krov sauvage, encore en train de mettre en place ses boutons de manchettes, leur barrant l'accès au couloir.

- Nous sommes attendu, crois-je. Impassible, il commença à avancer en direction des escaliers. Daïa, déscendez du dos d'Erwin, je vous pris. Nous nous sommes déjà suffisement fait remarquer comme cela.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Sam 24 Mar - 15:58

[Ambiance tranquille]

L'absence flagrante de retenue des personnes choisies pour cette ambassade pourrait faire pleurer une pierre de compassion pour l'empereur dalentien ; quitte à se plier sous le poids d'un rire, autant le faire franchement sortir et accepter les retombées qui doivent en suivre. Être un homme libre signifie qu'il faut avoir le courage de ses opinions sans laisser à d'autres le loisir de les exprimer à sa place. Je soupire et m'éloigne d'un spectacle par trop désolant pour m'informer de l'avancement en cuisine ; dans le séjour, c'est la diligence faite hommes qui a placé là une table basse qui fait le tour du foyer ; disposé selon une science toute domestique, presque féminine, coussins et autres sièges pour appâter mes hôtes et les inviter à prendre place. Je n'ai aucunement pris soin d'établir un quelconque plan de table auquel j'étais déjà sûr que tous se seraient appliqué à y déroger dans les plus minces détails : je n'aurais pas été surpris de voir Krieger s'asseoir même sur le samovar, si j'en avais choisi autrement. Un autre soupir, et je prends plutôt le parti de songer à quels avantages et récompenses pourront goûter libres ou esclaves qui auront assuré le service de ce soir et de celui qui suivra. À peine je commence à me demander si l'eau des brocs laissée à disposition aura été à la convenance des Krov qui vont partager ma table que les voilà qui rappellent à nous par quelques éclats de voix leur … ma foi, fort agréable présence, s'il m'est permis d'ironiser. J'approche pour en apprendre davantage, quand jaillit hors de la suite des femmes un bien curieux équipage : monté par une elfe qui semble avoir quelque difficulté à assurer son assise, un vampire qui bat l'air avec la branche de jasmin laissée à gésir sur les draps de la petite Krov quelques heures plus tôt seulement … un curieux équipage qui longe les abords du bassin au point de m'inspirer quelque coup fourré dont les textiles du domaines risquent de se souvenir longtemps. Je m'approche du duo très occupé à batailler au bas des escaliers sans dire plus que :
    « Êtes-vous sûr, Monsieur Krieger, de ne pas souhaiter une chambre à vous ? »
Sans vraiment écouter Krov tenter de rappeler à l'ordre ses employés. Après un discret coup d'épaule dans l'étrange duo encore trop près à mon goût du bassin, j'indique la direction de la salle principale, au cas où ils auraient trop tourné sur eux-même pour avoir conservé leur Nord :
    « Le souper sera servi dans un instant seulement ; si vous voulez me suivre. »
Plusieurs plats attendent déjà que chacun vienne prendre sa part ; on m'interroge au passage de ce qu'il faut apporter ce soir dans les quartiers tant de mes fils restés sur place que de leur femme, m'informe du retard possible de certains mets ; je réponds à tous, vais prendre place et invite chacun de mes pairs à prendre place.

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Erwin Krieger
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Sam 24 Mar - 18:07

Elles avaient réussi les bougresses. Mon point faible était titillé au plus haut point: faire le con était une passion familiale, j'allais pas y déroger. Jamais. La p'tite rousse tenta de filer par les escaliers pendant que Daïa, traitresse d'elfe, me sautait dessus, s'accrochant à mon cou dans l'espoir de me faire tomber en arrière. Manque de bol: j'étais un mercenaire aguéri. Inflexible, je pris mon élan et poursuivis ma proie. Cette dernière s'arrêta nette, ne me laissant pas le temps de freiner, je lui rentrais dedans. Le chasseur avait trouvé son supérieur dans la chaîne alimentaire: un vieux vampire grincheux. Il nous gronda comme des gamins. En effet, c'était à peu près notre état d'esprit. Mais si on avait plus le droit de s'amuser. Manquait cruellement d'ambiance dans ce pays. Lily parvint à reprendre son sérieux, cette capacité à changer de visage était peut-être la seule chose qui me faisait froid dans le dos chez la petite. J'étais parvenu à tout changer chez elle, sauf ça. Néanmoins, le regard qu'elle me glissa avant de suivre son père me rassura, elle avait de la vie dans les yeux elle m'sieur Krov ! Daïa s'apprêtai à descendre de mon dos quand je lui pris les poignets et la redressai comme un vieux sac de pommes de terre.

- Toi, compte pas sur le vieux pour te sauver, la menaçai-je d'un sourire carnassié.

C'est ainsi qu'une elfe eu le privilège de dévaler les escaliers sur le dos d'un mercenaire vampire. Je dépassai le patron et sa fille avant d'arriver sur le plancher des vaches après avoir sauté les deux dernières marches. Pour tomber presque nez à nez avec Jinendra.

- Euh... non... ça ira merci. Et je compris le sous-entendu. Erk, pas avec Daïa. Mon ton était faussement dégouté, juste pour taquiner la demoiselle, toujours sur mon dos.

- Pardonnez les de ce spectacle ridicule, croyez bien qu'ils vont en entendre parler.

Gniagniagnia... vieux rabats joie. Ce fut la dernière chose que j'eu le temps de penser avant de me faire percuter par l'épaule du "cordialeux Cordial". Ca aurait pu s'arrêter la, si mes putains de pieds ne s'étaient pas battus la même place. La charge sur mon dos émit un petit "Oh l'con" avant un "merci ma grande". Quand à moi, lorsque je rouvris les yeux, curieux de l'inexistence du choc de la chute, l'eau me frôlait le nez.

- Relevez-vous Krieger, je n'ai plus l'âge pour ce genre de jeux puéril.

Avec le... pommeau de sa canne ? Le vieux m'avait rattrapé de justesse par le col de la chemise, m'évitant un aller simple dans la flotte. C'est qu'il était encore vachement vif. Je me remis debout, face à lui, un peu baba, de même que les deux filles derrière.

- Vous me surprendrez toujours, m'sieur Krov. De ma bouche, ça voulait dire "merci".

Après cette petite scène, nous allions rejoindre Devaraja, déjà installé avec sa bestiole sur les épaules. Le boss se mit à sa droite, suivi de Lily, Daïa, puis moi, le souflle chaud d'Abbadir me soulevant les poils de la nuque. Je la sentais vraiment pas cette soirée.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 25 Mar - 6:27

Depuis la table où je prends place, le col toujours réchauffé par le ventre duveteux du jeune Abbadir dont le souffle régulier rend compte de son sommeil paisible, me voici à lancer à la cantonade ainsi qu'au gant armé de Krov :
    « Vous ferez attention, Krieger : le sol est quelque peu glissant autour du bain, et je doute que le moment soit venu pour vous de vous décrasser, mon ami. »
Comme mes yeux tombent sur les fruits, les sauces, plats et potages, je viens à me demander qui de l'elfe ou de la rouquine préfère les feuilles à la pulpe tendre, rouge ou blanche des bêtes locales ou étrangères. Pour affriander même les palets les plus atypiques, tout un assortiment d'épices a pu être employé selon des assemblages plus ou moins concentrés, jusqu'à parfois l'absence la plus absolue si nos goûts devaient se tourner sur les compositions gastronomiques impliquant des fruits, graines ou racines régionaux, dont la chair a cette tendance parfois très marquée à se nourrir de l'iode marine si caractéristique de nos côtes. Je tiens à portée de flair d'Abbadir une petite boulette d'agrume, de poisson et de curcuma ; les arômes piquants, acidulés et tout à la fois fruités, suffiront sans doute à ramener à lui ce minuscule estomac à plumes.
    « Faites attention si vous comptiez profiter de la vie à l'extérieur du domaine ce soir : les rues sont peu sûres au cours des fêtes. Ne vous arrêtez pas là où vous ne trouverez pas de moine arborant l'étoile rouge. Officiellement, ils sont les seuls à en avoir le droit, et même les étudiants, » m'interromps-je pour marquer une certaine hésitation avant d'ajouter : « … et les professeurs les plus éméchés tendent à se tenir à carreau en leur présence. »
Je souris et dis à part moi, amusé :
    « Pas toujours de bon cœur. »

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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 25 Mar - 16:13

Le mercenaire était encore tout bougon lorsqu'ils s'installèrent tous à table. Enfin l'occasion de se poser un peu. L'espace était plus agréable que l'austère salle à manger que Lily avait toujours connu. Cependant, pour le peu de temps qu'ils y passaient, Alexander lui avait bien fait comprendre que, décorer le lieu était un tâche bien secondaire. Lui qui avait ses petites habitudes rythmées par la Maghia et l'hopital paraissait bien à l'aise malgré la violence des changements dont ils devaient faire face. Daïa ne semblait pas s'en préocuper et se servait tranquillement, Krov restait particulièrement souriant et, tout en discutant, mettait quelques mets dans son assiette, sans qu'il n'y touche et Erwin... Erwin était toujours à l'aise, qu'importe ou il allait. Lily suivit le mouvement, après un léger coup d'oeil dans l'assiette de son père, elle prit note de ce qu'elle pouvait consommer. Une bouché et les trois comparses se détendirent... c'était juste ce dont ils avaient besoin. Daïa donna un léger coup de coude à la rouquine, lui indiquant d'un geste du menton le pauvre mercenaire en train de se faire voler de la nourriture dans l'assiette. Pour le moment, il n'avait rien remarqué, trop occupé à tenter de se nourrir sans en mettre dans sa barbe. Par un jeux d'équilibre suprenant, il se débrouillait même plutôt bien. Jusqu'à la remarque de leur hôte concernant d'éventuelles sorties nocturnes. L'elfe devint rouge pivoine, Lily commença à se resservit nerveusement et Erwin s'étouffa à moitier. Alexander parvint à les calmer tous d'un seul regard dont les mots sont insuffisant à décrire la froideur. Si toutefois on s'y essayait, cela donnerai un subtil mélange entre "Si vous continuez, je vous fais passer pour parjures devant l'empereur et me chargerai de vous écorcher vifs avec mes ongles" et "L'esclavage me semble, d'un coup, très sympathique". Cela, avant de se retourner vers Jinendra, affichant un tout autre regard, plus proche du" Les enfants, adorables n'est-il pas ?".

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 25 Mar - 17:30

Il a suffi d'une bouchée pour calmer tous les esprits … qui se sont tous troublés comme un seul à l'instant même où j'ai ouvert la bouche ; je ne crois pas que mes talents d'orateurs soient en cause : je suppose que le phénomène tient plutôt aux regards assassins que Mirage leur lance, aiguisés comme des couperets qu'il abandonne dès que ses yeux yeux retournent à moi, tout sourire. Impressionnant. Je lui lève mon verre, amusé, avant de poursuivre mes recommandations :
    « Les écoles : évitez-les. »
Je ne prends pas en compte ce petit intermède que nous a offert Krov, me dis simplement que c'était là la goutte d'eau qui devait faire déborder le vase. Pour autant, je ne pense pas que ça leur aura fait passer l'envie de sortir. Les plats sont débarrassés progressivement, discrètement : les costumes bleus ou noirs se faufilent jusqu'à nous comme des ombres et pourraient presque donner des leçons à notre bon Krieger couvert de plus de nourriture qu'il n'a dû en ingérer jusque là. Je coince entre les crocs d'Abbadir une des serviettes chauffées servies en fin de repas, en ponctuant mon geste d'un regard complice : l'excuse est déjà trouvée, s'il veut taquiner maintenant le mercenaire. Je me lève, commence à servir les quelques tasses qui vont clore le repas, et confie :
    « J'aurai à échanger quelques mots avec vous, Alexander, après le repas, » je pose sa tasse devant lui, paisible ; « vous pouvez revenir après un brin de toilette et le repas de mes fils, ou rester à table, mais j'aurais aimé profiter de ce peu de temps où nous pouvons converser de vive voix l'un avec l'autre pour traiter d'affaires dalentiennes. »

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Dim 25 Mar - 18:28

Le repas avait été plutôt agréable dans les faits. Sans y réfléchir, et tout en restant assis à écouter leur hôte, Krov et Lily firent passer les assiettes, plats et couverts qu'ils réunirent ensembles. Ce faisant, la rouquine les donna petit à petit à ceux, apparemment, chargés de débarrasser. Tout cela en les remerciant chacun leur tour, souriante. Des tasses furent ensuites servies à tout le monde. Là, le mercenaire fit une tête de six pieds de long. Il senti le contenu, reposa la tasse, ressenti, grimaça et se passa une main sur le visage, déconcerté et particulièrement déçu. Cependant, il fut sauvé par la proposition de Jinendra vis-à-vis d'Alexander.

- Bon... et bien... eheh. Merci, Monsieur Devaraja. Le repas fut fort bon. Bonne tentative de diplomatie Erv', encore de l'entrainement en perspective. Mais... il se releva et indiqua l'état de ses vêtements d'un geste des bras, une mine faussement dépité et surtout très amusée. C'est qu'on va pas vous embêter plus longtemps, ma foi. Une bonne toilette devrait nous faire du bien, hein Daïa ?

L'elfe qui buvait tranquillement son thé aquiesca vivement de la tête avant de reposer sa tasse, en hâte, sur la table. Elle se releva d'un bon se plaçant aux côtés d'Erwin, tous deux, un sourire jusqu'aux oreilles, l'air d'attendre quelqu'un... qui les fixait de ses yeux dorés, l'air désillusionné. Effectivement, Alexander, vif comme un serpent, lui avait attrapé la main à l'instant même ou Lily avait tenté de se relever.

- Aaah, excellent. Une occasion parfaite pour Lily de prouver qu'elle est une adulte responsable et au fait. Erwin et Daïa s'éloignèrent après avoir une fois de plus remercié leur hôte du repas. Lily avait bien vu du coin de l'oeil les deux traitres la saluer de la main l'air moqueur. L'opportunité de discuter de façon plus sérieuse. N'est-ce pas, ma chérie ?

- Tout à fait. Répondit Lily en posant avec délicatesse la tasse dont elle venait de boire une gorgée, avant de reprendre son visage radieux, comme si rien ne c'était passé. D'un geste pratiquement coordonné, tous deux levèrent leur regard vers leur hôte, attendant des indications supplémentaires sur le déroulement de la soirée.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Lun 26 Mar - 11:12

[Petite ambiance]

La compagnie du vampire s'éclipse avec une certaine malice en arrière-plan, laissant là leur amie à la merci de l'ennemi … ou plutôt, de la poigne sans concession de son père. Connaissant Erwin comme j'ai fini par le connaître, je ne doute pas qu'il finisse par revenir chercher sa protégée un peu plus tard, dès que nous en aurons fini avec la petite demoiselle. Ils me remercient très humblement une dernière fois et s'esquivent loin de la jeune femme dont j'espère un peu à part moi qu'elle se souviendra de cet épisode le jour où elle aura leur salaire entre les mains : voilà qui m'offrirait à moi aussi l'occasion d'obtenir vengeance contre cette trahison éhontée. Je soupire au dessus de ma tasse, rectifie ma position pour adopter un maintien plus propre à échanger sur des sujets plus liés aux affaires qui me concernent.
    « Navré de devoir prendre de votre temps, Elizabeth : je vois bien que vos pensées vont ailleurs ; du moins, le voudraient. J'espère aussi que rien de ce dont nous débattront sous les prochaines minutes ne viendra vous vexer, mais n'hésitez pas à prendre vous-même votre défense comme vous savez si bien le faire. »
Puis je me retrouve sans surprise pour aucun de mes commensaux à enchaîner sur ce qui suit, mes yeux plantés dans ceux de Krov et sans plus de sourires de connivence en contre-plaqué :
    « C'est une vraie question que je vous pose, Alexander : pourquoi avoir placé votre choix en Elizabeth pour ce qui est de prendre votre suite ? Je n'ai pas le souvenir de vous avoir vu pousser si loin votre mentorat auprès d'autres de vos gens. »

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Lily Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Lun 26 Mar - 18:24

Ambiance

Les deux énergumènes s'étaient donc enfuis, tels deux lâches. Bien entendu, ils allaient revenir la chercher. Lily se voyait déjà devoir racheter la liberté d'Erwin. Quand il s'agissait de jeux d'argent, il était difficile pour lui de s'avouer vaincu. Abbadir les suivit discrètement, l'air joyeux. Elle sourit intérieurement. Ils avaient raison d'aller prendre l'air tous les deux, ou trois si ils pensaient à laisser sortir la petite farid blanche du navire (la rouquine avait d'ailleurs pris soin d'emballer dans une serviette quelques mets surprenants pour cette dernière). Cela les détendrait un peu. En attendant de s'amuser, son père attendait d'elle un minimum de sérieux. Mais cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas pu se voir pleinement avec Erwin.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, monsieur Devaraja, rassura-t-elle leur hôte en souriant, je sais faire la part des choses. Vous pouvez parler ouvertement, la sincérité ne peut que libérer l'esprit. Et forger l'âme. Je ne manquerai pas d'entrer dans les débats si l'occasion se présente.

Effectivement, si la conversation ne faisait que débuter, la première question semblait déjà bien surprenante. Mais, dans les faits, s'il connaissait Alexander depuis toutes ces années, cela paraissait presque anodin. Près d'un demi-siècle à effectuer ses tâches en solitaire avant d'adopter une petite apprentie, cela devait s'avérer bien étonnant.

- Interessante demande, Devaraja, quoique plutôt indiscrête. Répondit Alexander, non sans un léger soupir amusé. Si je puis répondre ouvertement, toutefois, je dirais simplement qu'elle s'est avérée être, pour moi, et ce dès la première fois que je l'ai vu, une véritable perle rare. Je ne regrette en rien le fait de l'avoir prise à mes côtés. Vous ne la connaissez pas tel que j'ai eu le temps de le faire, Jinendra. Il passa sa main dans les cheveux de la rouquine avant de la reposer sur celle de cette dernière. Elle est dotée d'une grande intelligence et d'une incroyable curiosité. C'est cette soif de connaissance que je recherchais chez un éventuel apprenti. Cette insatiabilité  ne s'est vue être aussi forte qu'en elle. Elle est en tout point la fille et l'héritière dont je rêvais. Il rit ironiquement. Il m'aura tout de même fallu plus de 500 ans pour la trouver. Elle n'avait jamais posé la question à son père.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mar 27 Mar - 9:39

[Petite ambiance]

Lily nous assure comme elle semble en avoir la coutume de ne pas être le moins du monde dérangée par les tours éventuels que pourraient prendre notre conversation ; bien évidemment, je n'ai pas perdu de temps à chercher comment amener aux sujets qui m'intéressent. C'est toutefois la réponse de ce bon Alexander qui s'avère … ma foi, plus qu'intéressante, même si celle-ci ne semble pas satisfaire à mes questions si l'on ne sait s'attarder sur ceux de ses mots qui sont les plus passionnants. Sans m'en apercevoir, je me suis légèrement penché vers mon interlocuteur (qui a laissé plusieurs places d'écart entre nous), plissé le yeux et repris ce sourire éternel dont je ne sais que trop peu me départir. Je suis autant son discours que sa gestuelle, si particulière autour de la jeune femme : peut-être ne suis-je pas le meilleur des hommes pour ainsi juger les agissements de mon collègue vis-à-vis de sa fille, mais je sais faire la distinctions entre ce qui fait une fille et ce qui fait une chose selon nos interactions avec celle-ci … et cette jeune enfant qui me fait face n'est certes pas une compensation à la chair et au sang de mon vieil ami ; je dois reconnaître toutefois qu'il a su avec maestria se forger une créature à la mesure de ses ambitions ; quant à savoir ce qui a tant séduit ce vieux diable chez-elle … je n'en saurai probablement pas plus en l'état.
    « Excusez mon indiscrétion : vous savez comme cette tendance s'est solidement enracinée chez-moi, mon ami ; et si cette jeune fille doit devenir celle avec qui je devrai faire mes futures tractations, j'aime autant pouvoir connaître tout ce qui fait d'elle votre digne héritière, au-delà de cette insatiabilité si caractéristique. »
Loin de moi l'idée de ne souhaiter que nourrir cette indiscrétion primaire et vorace. Je me serre encore un peu d'eau pour diluer cette décoction laissée bouillir sur le feu, tranquille, et poursuis :
    « Une autre chose, encore : ce n'est un secret pour personne, Alexander, que vos vampires – excusez-moi, les vampires en général – vous tiennent à cœur. L'attachement de votre fille pour la mortalité ne sonne-t-il pas pour vous comme une difficulté manifeste ? »
Un citron laissé là à l'attention d'Abbadir n'échappe pas au triste sort qui lui est réservé sous la lame du petit couteau avec lequel j'en pèle le zeste, attentif, toujours, à ce qui découlera des propos de mon aimable hôte.

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Alexander Krov
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mar 27 Mar - 16:47

Ambiance

Il ne paraissait pas convaincu, qu'à cela ne tienne. Alexander s'était préparé à devoir subir un tel interrogatoire. Venant de Devaraja, rien de surprenant, juste de l'indiscrétion, un art dont il semblait maitriser toutes les formes depuis bien des années. Bien décidé à ce que Lily prenne conscience du personnage, sa participation était indispensable. Mais si quelques détails l'avaient marqué, elle n'en laissait rien paraitre, concervant son calme olympien, sa posture droite, qu'aucune tempête n'aurait pu faire fléchir, et son innimitable sourire. La patience, tout un art familial. Krov n'était pas dupe, cette invitation n'avait aucun but diplomatique. Bien au contraire, l'abject individu leur faisant face souhaitait sans aucun doute possible obtenir quelque chose qui nourrirait son orgueil et lui permettrait de dormir sur ses deux oreilles.

- Effectivement, j'avoue, en toute honnêteté, avoir un faible pour cette forme particulière qu'est la mienne et celle de bien des individus composant mon entourage. Cependant, n'oubliez pas non plus que je ne vise en aucun cas à obtenir une "suprématie" d'un genre unique. L'égalité de toutes les races, couleurs, sexes et genres est l'objectif principal de notre belle famille. Une liberté totale et sans faille. Dans l'Empire le processus est déjà bien avancé. Nous aviserons à étendre cela par la suite. Ajouta-t-il un peu plus bas, comme pour lui-même, en se réinstallant. En étant à mes côtés, Elizabeth permet entre autre d'afficher cette pluralité. De plus, sa jeunesse offre une dose de fraîcheur sans commune mesure à notre entreprise. N'allez pas croire que nous partageons les mêmes idées du tout au tout. Depuis le premier jour ou je l'ai pris sous ma responsabilité, j'ai mis un point d'honneur à ce qu'elle s'exprime en toute franchise, l'invitant à débattre lorsqu'elle le souhaitait. Alexander passa une main dans sa barbe. En ce qui concerne l'immortalité, la question ne se pose pas dans l'immédiat. Cela ne dépendra que d'elle. J'ai moi-même décidé bien tardivement de mon cas.

- Si toute vie a une limite, pouvant paraitre éphémère à certain, l'immortalité, dont vous semblez si bien attaché, monsieur Devaraja, ne fait que retarder l'innéluctable. Je suppose, cela reste subjectif, que le choix d'une héritière résulte de cette idée, sinon, à quoi bon chercher à transmettre son patrimoine. Ajouta la jeune femme d'un ton posé, elle s'avança. Pourquoi chercher à amasser tant de richesses et à vous doter d'un tel capital si ce n'est qu'à votre propre profit ? Une jeune personne vivant, tout comme vous, par le biais d'un phylactère, qui plus est, mon amie, ne s'est pas posée cette question. Cette "chance" la pousse à réaliser des rêves, peut-être enfantins, mais servant aux biens de tous. Je dois vous sembler bien naïve, j'en conviens. Et le peu que j'ai appris de vous me laisse supposer que vous n'allez en aucun cas prendre en compte mon avis. Vous avez décidé d'avancer en ignorant ce qui vous poursuit mais toute personne est amenée à tomber. Plus vous attendrez, plus la chute sera rude. Son sourire s'était éteint, laissant place à un visage presque inquiet, voire attristé. Vous rendez-vous compte de la fragilité de l'objet vous maintenant en vie ? Votre bouclier n'est formé que de ces corps d'emprunt. Finalement, vous êtes tel un enfant se réveillant la nuit dans le noir: seul et effrayé. Si c'est cela l'immortalité, je vous plains, monsieur Devaraja.

"Voila, mon vieil ami, la raison de mon choix", c'était sans conteste ce qu'affichait le regard de Krov, un sourire en coin adressé à leur hôte.

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Jinendra Devaraja
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MessageSujet: Re: Le prix de toute chose - La Nuit Rouge   Mar 27 Mar - 19:23

[Petite ambiance moins légère]

Aux dernières phrases d'Alexander, je ne peux m'empêcher de soulever une légère incompréhension … ou plutôt, une malcompréhension de sa part :
    « Quand je parlais d'attachement et de difficulté, je laissais plutôt entendre que vous n'êtes pas seul représentant de cette race, Alexander : d'autres que vous n'ont pas encore eu tout le loisir d'étendre leur clan, ou d'avoir une fille comme celle que vous vous êtes procurée. Toute espèce a pour ambition de s'étendre, et si vous avez pu étancher votre propre soif, ceux qui vous entourent doivent museler ce besoin chaque jours que font les dieux … si c'est à votre fille de donner l'exemple à ceux que vous représentez aujourd'hui, combien de temps voudront-ils suivre son bon conseil, à elle qui ne sait rien de cette inclination naturelle, sur qui cette exigence primitive ne fait pas loi ? Ne se diront-ils pas qu'elle ne sait rien des nécessités qui les poussent ? Je ne doute pas que son approche délicate et somme toute très féminine des soucis auxquels vous pouvez faire face a ses avantages et rencontre ses admirateurs ; mais si vous pouvez poursuivre dans l'usage que vous faites actuellement de cet atout charme, ne songez-vous qu'il vous faudrait peut-être faire acte de plus de prudence sur le long terme ? »
Il n'en irait pas seulement de la bonne santé de son réseau, mais aussi de celle de cette jeune enfant qui à ses yeux compte tant. Je m'interromps un instant, le temps de prendre quelques gorgées de ma tasse dont le verre colore le liquide chaud entre mes mains ; bref moment de répit dont profite Lily pour se prononcer sur le sujet soulevé de l'immortalité. Bien sûr … elle n'y a pas manqué : je savais que sa langue trop pendue trouverait une occasion de se glisser au sein de la conversation si j'empruntais cette direction. Ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est qu'elle recourt à l'insulte lourdement sous-entendue, et réveille cette matière qui dans ses lettres m'a poussé à vouloir plier cette petite garce. Je ne dis rien, ne montre rien tant qu'elle parle ; j'écoute. Elle s'avance. S'approche. J'observe. Souris. Tiens serrée la tasse entre mes mains pour en masquer la brûlure acide qui y coule … une tension qui les ferait trembler si d'aventure je venais à lâcher. Je maintiens les spasmes à distance des regards et me nourris de son discours, de chacun de ses mots, sans en perdre le moindre, mes yeux plantés dans les siens. Et dis :
    « Elizabeth, » ma voix est douce, peut-être trop quand je commence ; je rectifie : « que croyez vous savoir des motivations primaires derrière les agissements des hommes ? Votre esprit ne s'axe que sur votre prétention et votre besoin à couver un fils ou une fille ; mais c'est pour la pérennité de la race seule que l'humain tout comme l'animal s'oblige à pondre une descendance. Du père au fils, la conservation de l'héritage ne se fait jamais sans perte : c'est à ceci qu'il m'est aujourd'hui permis de pallier pas ce phylactère que vous honnissez tant, Mademoiselle Krov. Vous parlez d'un inéluctable auquel je n'ai plus à faire face, ni moi, ni votre amie, et si ce sont ses désirs qui la maintiennent dans ce goût de vivre qu'elle semble avoir, tel est aussi mon cas ; il n'est pas besoin de faire de hiérarchisation si ce qu'elle fait, elle le fait pour se flatter, quand bien même cela aurait quelque vertus collatérales. Ni elle ni moi ne sommes si différents que vous semblez l'entendre : il n'est pas une vie qui soit trop courte ou qui mérite plus qu'une autre d'accéder à l'accomplissement de la tâche et des rêves qu'elle s'est lancée. Méritait-elle ce cadeau quand d'autres ne peuvent même se soigner ? Sauver une vie signifie toujours la prolonger, pour le meilleur tout comme le pire. Vous faites ici, Mademoiselle Krov, une hiérarchisation basée sur votre ressenti subjectif et qui ne sera pas pour vous servir à l'avenir. Pas dans la tâche qui sera la vôtre devant tous ceux que vous vous devrez de protéger. »
Je me suis moi-même levé, approché, penché à son niveau ; j'ai saisi sa tasse, et glisse sans jamais rien perdre de ma chaleur carnassière :
    « Vous reprendrez bien quelque chose ? Ou désirez-vous prendre congé et récupérer de votre longue traversée, mademoiselle ? »

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