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 Une grande bataille de petites gens

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Une grande bataille de petites gens   Mer 4 Avr - 9:18

[Thème]

La neige couvre tout d'un drap blanc et uniforme où rien ne se distingue : ni creux, ni bosse, ni mur, ni projectile ; ceux-là sautent au visage et on sait toujours trop tard quand on est tenu en joue. Les bras chargés de mes grenades-maison, je cours comme si j'avais la mort aux trousses et roule à l'abri de ma palissade. Une croûte neigeuse me couvre bonnet et cheveux alors que j'amasse tant de poudreuse que je peux pour former de jolies sphères pas trop compactes mais qui sauraient fendre l'air avec assez de poids pour ne pas dévier dans le vent qui vient parfois me bousculer et m'étaler dans les épaisses couches blanches qui font de gros nuages tout autour de moi. Je lève une petite frimousse timide par-dessus mon solide bouclier :
    « Traîtresse ! Traîtresse ! »
Tout avait pourtant commencé comme il le fallait : tonton Nidas était sorti tout hésitant et n'osait pas retirer les épais verres fumés qu'il portait depuis déjà deux jours pour abriter ses yeux tout neufs ; j'ai proposé de construire un igloo pour quand papa serait là ; je l'ai traîné trop vite derrière-moi et la guerre était déclarée ! Là, on a fait feu sans nous arrêter, puis une boule de neige a amerri en plein dans le verre de vin chaud de Monsieur Ghiaccio. Le silence était complet. Il a descendu très lentement la petite terrasse du café, s'est saisi des munitions de Leo … et a fait feu sans aucune pitié pour moi, une petite fille ! Mamie était de mon côté, jusqu'à ce que, par un coup du destin en plein dans le dos, la traîtresse passe finalement à l'ennemi !
    « Félonie ! »
Mon arme est bientôt prête : leur palissade ne résistera pas longtemps face à la base d'un bonhomme de neige que j'ai emmené avec moi au prix de ma dignité, si elle devait se trouver inversement proportionnelle à la quantité de neige qui me recouvre. Je prends un peu d'élan, et …
    « CHAAAAAAARGEZ ! »

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Jeu 5 Avr - 19:10

On pouvait lui accorder le talent de la ruse au petit renard. Enfin, au vu de la quantité de neige recouvrant Faï, on aurait plutôt tendance à la comparer à un ourson jouant dans la poudreuse. Cela ne devait faire que quelques jours que mon nouvel oeil avait été gréffé. Ca ne faisait pas trop mal, le Docteur Rivail avait prescris des médicaments et surtout: avait fait un travail de professionnel. En même temps, je lui avais bassiné les oreilles avec le fait que "La cérémonie est pour bientôt, faut que je puisse voir correctement: imaginez si je sers la mauvaise main, ou autre chose que la main ?! La honte... Je peux pas. Siouplé !!". Je mettais un point d'honneur à ce que tout soit parfait pour ce jour. Il s'agissait de la sortie des grands, ceux dont l'avenir et la reconnaissance allait se décider à l'instant même de la remise de maîtrise. C'était déjà un prestige en soi, seulement, seul quelques uns d'entre nous accéderaient à un statut tout particulier.
Mais bon, l'opération était faite et pour l'heure, je tentai d'assassiner l'ennemi. Maman voyant que je galérais à envoyer les boules de neige en ligne droite vint rejoindre le camp que nous avions formé avec mon père. En vérité, je n'avais même pas vu que mes munitions partaient complètement à côté de la cible.

- Vile canaille ! Je passai les jambes par dessus notre fortification, abandonnant mon poste pour faire face à l'ennemi. Pardonnez-moi mes compagnons, nous devons malheureusement faire face. Aller jusqu'au bout afin de vaincre l'adversaire redoutable nous mettant en déroute. Je longeai les barricades, exhortant mes troupes. Que ceux qui sont prêts à mourir pour notre patrie s'allient à mon panache blanc ! Que ceux prêts à défendre les valeurs pronées par notre drapeau rejoignent le mouvement. Le sacrifice pour l'honneur ! Et je chargeai l'hostile troupe. Me préparant à lui faire manger la neige.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Ven 6 Avr - 17:57

[Thème 2]

L'adversaire, toujours aussi vil, se lance dans de beaux discours. Alors je m'exclame :
    « Ha ! Votre panache n'est blanc que de la neige qui le couvre, triste sire ! C'est le blanc de votre défaite que je vois … TAÏAUT ! »
Je fais prendre toute la vitesse que je peux à l'immense boulet que je roule devant moi, alors que mes assaillants le nourrissent lui et mon armure de glace. Enfin, tous les soldats de l'armée qui me fait face ne sont pas également habiles dans le maniement de la boule de neige : même si celles que m'envoie mon tonton préféré sont d'une facture aussi remarquable que tout ce qu'il travaille à l'aiguille, elles me sont toutes passées à côté … sauf trois de celles qu'il réservait à Mamie quand elle n'était pas encore passée à l'ennemi. Je tiens ma vengeance ! Et plusieurs fois encore, je hurle « taïaut ! » à pleins poumons (sans trop savoir ce que ça veut dire, mais ça sonne bien comme il faut, et au pire je sais qu'il me le dira, Monsieur Ghiaccio) avant que mon gros boulet glacé n'aille dévaler la distance qui le sépare de ses cibles, dont mon oncle qui poursuit sa course … eh bien, droit dedans.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Ven 6 Avr - 18:29

1- Esquive et tente d'attraper la vile créature !
2- Se prend la muraille de neige mais tente toujours d'attraper la peste blonde.
3- Touché de pleins fouet. K.O: YOU LOSE.

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Céosus
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Ven 6 Avr - 18:29

Le membre 'Léonidas Ghiaccio' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Jeu 12 Avr - 8:36

- Mes amis... je crachais la neige contenue dans ma bouche, allongé sur le vaste tapis laiteux, humide et somme toute, particulièrement froid, après cette défaite cuisante... dites à notre patrie... que nous sommes morts par obéissance à ses lois... Je me relevai brusquement, tentant d'attraper l'ennemi que j'éspérais avoir suffisemment désarmé par mon courage et ma subtile stratégie (parce que, oui: tout était prévu, voyons.) Plutôt mourir que de nous rendre ! Tous sur elle ! Montrons lui ce que signifit rééllement "être un Ghiaccio" ! Oui... on fait ça... laissez moi juste le temps de retrouver mes lunettes par contre. Effectivement, le choc s'étant produit quelques secondes auparavant avait fait voler le pauvre bougre que j'étais mais avait, qui plus est, fait valdinguer mes protections. J'étais maintenant totalement désarmé, tout comme notre adversaire mais je n'avais même plus de défense. Vengez votre commandant ! Et pour être certain d'avoir le soutient escompté. Et il vous paiera un chocolat chaud avec ses économies.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Dim 22 Avr - 15:54

Ce dont Leo ne se doutait point alors, à terre puis ébloui, c'était qu'il n'était pas le seul à s'interposer entre l'immense boulet lancé dans une course pesante et sa visée destructrice ; ses alliés devaient esquiver, avec ou sans lui, quoi qu'il leur en coûtât, ou leur défaite, plutôt que cuisante, allait s'avérer glaçante. Leur âme parentale les guidant malheureusement, aucun des deux aînés Ghiaccio n'allait avoir la tâche facile puisqu'il s'agissait alors d'abandonner le plus jeune des trois au triste sort auquel il s'était condamné.

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Céosus
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Dim 22 Avr - 15:54

Le membre 'Fai Ghiaccio' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Esquive' : 3, 1

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#2 'Esquive' : 1
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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Dim 22 Avr - 17:05

[Autre thème]

La stratégie, brutale, a porté : l'obus a percé les lignes ennemies et emporté dans son sillage sauvage grand-mère et oncle, l'une courant après l'autre pour arrêter sa charge folle vers le projectile … et bien qu'elle a réussi à dévier d'un rien la ligne des enjambés de son fils vers son destin fatal, ce devait être au prix de son sacrifice ; Monsieur Ghiaccio, plus agile malgré les années qui le séparent désormais de son temps de service, s'est souplement tiré d'affaire, ses bras chargés de plus de munitions que je ne pourrai jamais en transporter. Je crie ma surprise et mon désarroi avant de courir dans l'autre sens, consciente de l'horrible fin qu'il me réserve ! Je mets les bouchées doubles, accélère la cadence comme jamais pour retrouver l'abri abandonné au profit d'une destruction massive des lignes ennemies quand une voix réclame soudain :
    « Temps mort ! Pitié, un temps mort ! C'est plus de mon âge, tout ça …. »
La voix de mamie est bien plus rieuse que ses paroles : elle se remet sur ses grandes jambes et se frotte le dos avec beaucoup de « ouille ouille ouille » et part à la recherche de tonton Nidas qui nous promet monts et merveilles.
    « C'est de la corruption, ça, monsieur ! » m'exclamé-je, mes poings sur les hanches, sans pour autant m'illustrer par ma force de résistance, comme le soulève vite le grand monsieur aux mèches encore flamboyantes :
    « Et c'est pour ça que tu farfouilles la neige comme un chien truffier, ma grande ?
    – Oui, monsieur !
     » rétorqué-je, « c'est pour le salut de votre âme, que je fais ça !
    – Désolée, ma chérie, mais mon âme est perdue !
     » s'exclame alors mamie Hana alors qu'elle tient haut au-dessus de sa tête les optiques aux verres fumés dans une pose à ce point triomphante qu'on en ferait volontiers des statues. « Tiens, mon lapin, ne bouge pas, » ajoute-t-elle en replaçant la petite paire de binocles sur le nez de son fils, « avec miel, marshmallows grillés et une gaufrette sur le bord, tu seras gentil. »
Je suis bonne perdante : avec la quantité de neige blanche que mamie a dans ses cheveux noirs, elle le mérite bien : chaque fois qu'elle tourne la tête, j'ai l'impression de voir une petite avalanche dévaler sa tête aux joues très rosies par le froid.

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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Lun 23 Avr - 5:03

Sans les verres fumés et avec la blancheur de la neige, je n'y voyais guère à plus de 20cm. Toutefois, j'entendais et au vu du vacarne et des cris de protestation de mon petit renard clamant haut et fort que la corruption nous perdra tous (ce qui ne manqua pas de m'arracher un petit gloussement qu'il aurait probablement mieux valu retenir) tout le monde semblait profiter pleinement de ces petites vacances. Je tapotai encore la neige, recherchant mes lunettes qui me permettraient d'y voir plus clair dans tout ce méli-mélo de mouvements flous. Maman vint rapidement à moi, de sa voix toute douce et rassurante, elle m'aida à me relever et me souleva délicatement le menton de deux doigts afin de déposer l'artefact tant attendu sur le bout du nez. La première chose que je vis fut ma petite mère couverte de neige que je pris dans mes bras pour la remercier, celle que j'entendis me rappela ma promesse.

- Pas de favoritisme. Je pense qu'on a tous besoin de se réchauffer. Fis-je en m'époussetant et en invitant la petite rusée à venir auprès de moi. Grande guerrière mérite récompense. Lourd tribu clan adverse doit payer. Importante question est: avec ou sans marshmallows grillés, ma chenille ?

Continuant notre ascension, nous montâmes les marches nous séparant de la porte d'entrée du café que papa nous maintint afin que l'on puisse tous y pénétrer en fil indienne. Le contraste entre la température extérieure et intérieure était saisissant. Sans plus attendre, je bondis tel un chat à notre table habituel, certain que personne ne viendrait à prendre ma place favorite prêt de la fenêtre. Celle-ci donnait une vue incomparable sur la vallée, ainsi, si mon grand frère venait nous rejoindre: j'en serai le premier averti.

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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Lun 23 Avr - 12:20

[Autre thème]

Les bras de mamie Hana serrent contre elle son fils qui lui a sauté au cou dès qu'il a semblé la reconnaître ; elle fait bien, d'ailleurs : ses réflexes se sont aiguisés depuis la fois où le front de Leo est allé cogner contre son menton. Pas de bobo, mais elle avait été sonnée longtemps et le bleu est resté plus longtemps encore ; la grosse marque foncée avait fait poser beaucoup de question à papa, et ce n'est qu'après que j'ai corroboré tout ce qui se disait par mon propre témoignage qu'il s'est calmé un peu plus loin, mais sans demander pardon par contre. Papa a toujours eu du mal à accepter qu'il peut parfois avoir tort ou qu'il s'inquiète pour rien. Voire même qu'il s'énerve un peu pour rien. Je me demande ce qu'il dirait s'il arrivait maintenant et qu'il voyait le bonhomme de neige qu'est devenu sa maman.

Il rajouterais sûrement un peu de crème glacée sur le dessus. À la fraise je pense. Puis une cerise. Et il se ferait gronder pour avoir gâché de la nourriture que mon Obaba mangerait toute seule à la petite cuiller.

Les mots de Leo me ramènent à la réalité et m'arrachent une fanfare de petites exclamations victorieuses, comme « Mort à l'ennemi! » ou « Le chocolat vaincra ! » et tente plusieurs fois de sauter sur le dos de mon tonton qui ne me rattrape pas. Je les devance tous sur la petite terrasse qui borde le café au rez-de-chaussée ; un balcon, à l'étage, donne lui sur les monts et les plateaux enneigés de la région dont les volumes changent selon comment nos yeux les scrutent. Monsieur Ghiaccio tient la porte à sa famille : tonton Nidas déboule comme un maboule et glisse à chaque marche qu'il grimpe pour atteindre sa place préférée ; mon Obaba le suit de tout près et rouspète comme quoi il devrait faire un peu attention et qu'il a déjà eu bien assez à se faire replacer un œil sans devoir y ajouter le nez ; quand j'arrive près du seuil et que je m'ébroue pour chasser toute la neige qui me colle aux cheveux et au manteau, Monsieur Ghiaccio me chaparde mon bonnet au passage et m'ébouriffe les boucles. Nous tapons nos pieds bottés à l'entrée, sur le paillasson, et allons rejoindre la compagnie déjà bien installée : mamie s'est lovée à proximité du poêle et enroulée dans le plaid qu'elle avait laissé là à l'attention de Leo, qui le boude au profit de la grande baie par laquelle on voit le paysage comme nulle part ailleurs. On me retire ma veste avant que je ne rampe sur les banquettes moelleuses jusqu'à lui et vienne coller ma figure à la vitre, près de la sienne, pour observer le paysage avec lui.
    « Fai, tu vas l'écraser.
    – Je suis pas grosse, tu dis, alors c'est bon. Pas vrai, tonton, que je suis pas lourde ?
     » je lui demande toute sourire, avant de reprendre mes recherches. « Tu aimes bien la montagne ? C'est joli, hein, la neige ? »
Monsieur Ghiaccio qui débarrasse son fils de sa veste hausse un sourcil, et parle comme s'il savait quelque chose que moi je n'ai pas encore compris :
    « Il n'a pas de permission aujourd'hui, Leonidas ; et s'il a un minimum de conscience professionnel, quand bien même il en aurait une, il se trouve à Amaëna : il s'épuiserait inutilement à venir ici. Et avec quel moyen de transport, je te le demande.
    – Ah, c'est de papa dont tu parles ?
    – De Dante.
    – Bonjour, messieurs dames, est-ce que quelqu'un s'est chargé de prendre votre commande ?
    Des-marshmallows-grillés ! Des-marshmallows-grillés !
     » je me mets à chanter, saisissant les couverts qui traînent devant moi, oubliant tout de papa, la vitre, ou ce que regarde Leo.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Lun 23 Avr - 14:22

Une fois tout le monde confortablement installé et bien au chaud (merci d'ailleurs à papa qui m'a débarassé de mon manteau encore plus recouvert de neige qu'un muret après une tempète), la réunion familiale pouvait poursuivre son cours. J'étais beaucoup trop absorbé par la contemplation de l'extérieur et l'espoir de la venue impromptue de mon mini-grand frère pour me soucier de quoi que ce soit d'autre. Il m'étais cependant totalement impossible de ne pas avoir constamment une oreille attentive réservée à mon petit renard polaire, toute excitée depuis la première minute de nos vacances (quand bien même je serais tenté de dire "sa naissance") ... seigneur, qu'elle était adorable, une source pure d'énergie et d'amour. Tentant d'observer ce que je fixais depuis notre arrivée dans le café, Fai me grimpa à moitier dessus, m'éveillant de ma rêverie.

- Bien sur que non ! Tu es aussi légère qu'une plume mais aussi discrète qu'une montagne. Répondis-je en rigolant et en la chatouillant. Oui, je sais qu'il est occupé papa. Quand bien même, en fonction du temps que nous allons passer ici, je suis sûr qu'il pourrait être tenté de venir venger son frère des assaillant sauvageons que voilà ! Heureusement, il y avait Fai, plus qu'une nièce, elle était presque comme une soeur pour moi. Notre faible différence d'âge devait y avoir un rôle. En tout cas, sa présence me ramenait à ma place: celle d'enfant. Trop habitué à cotoyer des adultes, j'en oubliais bien trop souvent les plaisirs simples de la vie, plaisirs dont nous ne pouvons jouir qu'une infime partie de notre existence. Lorsque la serveuse arriva pour prendre notre commande, il n'en fallut pas plus à Fai et moi pour prendre nos couverts à pleine main avant de les frapper sur la table, chantant à l'unisson. Déjà, 3 chocolats sans lait avec (je laissai le petit renard continuer la chanson de l'ingrédient tant désiré)... et une gaufrette en supplément ! Et toi papa ? Comme nous ?

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mar 24 Avr - 14:19

Je tire la langue à la remarque de Leo et manque de peu de la mordre quand il se met en tête de me pétrir les flancs ; je me tortille dans tous les sens, mes mains crispées sur les manches des couverts que je n'ai pas lâché, mais c'est peine perdue : on n'échappe pas aux chatouilles de tonton Nidas si facilement ! Quand il arrête pour s'adresser à la serveuse toute blonde qui vient prendre nos commandes, je reprends mes incantations véhémentes à destination des bonbons moelleux et sucrés tant attendus. Ça la fait sourire, la grande dame qui note tout aussi vite qu'elle le peut sur son petit carnet ; d'ailleurs, toute la commande fini par lui inspirer un petit commentaire amusé :
    « La boisson des rois ! »
Je m'interromps et braque sur elle mes grands yeux attentifs :
    « C'est vrai ? »
Je tourne la tête et tantôt regarde la serveuse dont le nom brodé est trop tarabiscoté pour que je puisse le lire, tantôt regarde Monsieur Ghiaccio et Mamie Hana dont les prunelles souriantes sont tout ce qui ressort de sous son plaid. Lui soupire, lève les yeux des pages usées d'un journal abandonné là par un usager de passage qu'il replie avec un soin consciencieux :
    « Fai, je ne crois pas que les anciens Thares aient été du genre très prêteur avec les rois ….
    – Eh bien moi je crois que pas un roi ne saurait résister à un chocolat chaud avec marshmallows grillés et gaufrettes, 
    » le devance la serveuse qui me frotte le bot du nez avec sa plume.
Je le retrousse, secoue la tête et me frotte le visage pour essayer de retirer l'encre bleue qui a laissé quelques gouttes froides. Une serviette de table vient m'aider dans ma tâche comme j'entends Monsieur Ghiaccio faire part de son hésitation ; aussitôt, je repousse le petit morceau de tissus vers lequel je tendais ma figure et me lève, mes deux mains sur la table :
    « Allez ! C'est peut-être pas la boisson des rois, mais si t'en bois avec nous, ce sera une boisson de Ghiaccio !
    – Va pour la boisson des Ghiaccio, alors.
    – Hourra !
    – D'accord, je vous amène ça tout de suite.
    – Merci madame !
     » je m'exclame, toute heureuse de recevoir mon tribu.
Je reviens d'ailleurs à Leo, mes mains tendues vers ses optiques une fois la serveuse repartie. « On est en intérieur mon tonton, maintenant … allez, tes yeux vont être fatigués sinon. » Et je suis curieuse, aussi. Un peu. J'aimerais mieux voir son nouvel œil ; je ne me souviens plus de ce qu'il a l'air sans son cache-œil, mon tonton ; et est-ce que l’œil est encore un peu rouge, ou alors est-ce qu'il y a des marques ? Je n'ai rien pu en voir, moi !

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mer 25 Avr - 19:20

Il était trop mignon mon petit renard à se tortiller dans tous les sens. Personne ne pouvait résister à mes chatouilles: un couturier vait parfaitement connaissance des points faibles de ses futures victimes de la mode. La serveuse, après notre spectacle, parvint à prendre notre commande, non sans glisser une blague qui allait probablement moins faire rire certaines personnes réunies à cette table lors de l'addition. J'allais devoir fournir quelques explications.

- Aucun roi, pour sûr ! Ajoutai-je à la suite de Fai. Une ovation pour papa Ghiaccio ! J'applaudissai lorsque papa finit par se décider, optant pour le choix judicieux du chocolat chaud démoniaque. Supplément pour la reine et la princesse, s'il vous plait madame ! Fis-je en offrant un large sourire à la serveuse qui commençait à s'éloigner. En coeur, Fai et moi remerciâmes la demoiselle, impatients de remplir notre estomac du succulent breuvage digne des dieux. Me retournant vers la fenêtre, je n'eu pas le temps de poursuivre mon observation que des petits doigts vinrent se poser sur les verres fumés de mes lunettes. Tu n'as pas tord sur ce coup, mon renard. Plus tôt je les habituerai, mieux ils s'en porteront.

Surtout que le docteur Rivail avait fait un excellent travail. Je ne sentai pratiquement plus rien, mis à part lorsque je voulais tourner les yeux dans certaines directions. De plus, bien qu'encore légèrement rouge, on pouvait déjà observer la différence de couleur de mon nouvel oeil vis-à-vis de l'autre. L'effet était particulièrement original et n'était pas pour me déplaire. Je retirai la monture que je déposai sur la table, clignant plusieurs fois des paupières afin d'habituer ma vision à la luminosité. Je choisi parfaitement mon moment: la serveuse revenait avec un plateau ou étaient rassemblées nos tasses. Et quelles tasses ! Deux d'entre elles se distinguaient des autres: celles de maman et de mon petit renard. Chacun servi, nous pouvions enfin humer et déguster notre tribus tant mérité après la rude bataille menée.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Dim 29 Avr - 17:25

Leo ne recule pas ; il me laisse approcher sans broncher, et Mamie ne prend as la peine de m'arrêter. La monture est très légère dans mes mains ; je la retire très, très doucement pour n'abîmer ni les branches fines, ni les tempes du Tonton Nidas. Je les fais glisser en essayant de ne pas lui blesser les oreilles, même si ça raccroche un quand-même. J'ai encore les bras en l'air quand je le vois, les paupières serrées d'abord, puis elles commencent à papillonner timidement sous la lumière douce qui s'écoule de la fenêtre. Quand on m'a dit qu'il avait l’œil un peu rouge, je pensais que ce serait l'iris, ou le blanc, quelque chose d'impressionnant ! Mais même s'il a une autre couleur, qu'il n'est pas vert, ce n'est que la peau qui est un peu enflée ; même la cicatrice est toute petite : elle fait à peine une petite croûte rouge foncé. Rien de très épatant. Je tourne la tête de côté, un peu déçue :
    « Est-ce que ça fait mal, si on touche ?
    – Fai, tu veux peut-être qu'on demande au Rivail de te remplacer un œil, pour te faire un avis ?
     » me demande Monsieur Aravani, qui semble désespéré en voyant que son propre journal a fini un peu détrempé dans la bataille et a imprimé une bonne part de ses nouvelles sur sa chemise plus très blanche désormais.
À cette idée, je prends une grande et longue inspiration enthousiaste et j'essaie de faire venir autant d'étoiles que je peux dans mes yeux.
    « C'est vrai, c'est possible ?
    – Euh … en fait non, pas vraiment, ça ne te servirait pas à grand-chose.
    – Oui, mais il avait deux yeux le monsieur qui a donné le sien à droite à Leo ; il n'aura plus besoin du gauche !
    – Quelqu'un d'autre en a peut-être besoin
    . »
Je me laisse retomber au fond de mon siège, les lunettes de Tonton Nidas sur mon nez, un peu boudeuse … et songeuse : est-ce qu'il voit de la même manière avec son œil droit et son œil gauche, désormais ? Je me retourne, m'apprête à lui poser la question quand tout à coup, ce que pose la serveuse, elle, et devant nous, sont quatre splendides œuvres d'art dignes des dieux. Je n'en crois pas mes yeux, et je dois faire bien trois allers-retours entre leur vue normale puis avec les verres fumés que j'ai laissé sur mon nez avant de bien vouloir accepter la vérité : Dieu existe, et il est en cuisine.
    « C'est magnifique ! »
Même mon Obaba s'est réveillée aux son des cuillères sur les porcelaines et à l'odeur sucrée qui grimpe jusqu'à nos nez depuis les tasses qui nous sont servies. « Oh ! », c'est tout ce qu'elle est capable de dire, et même Monsieur Ghiaccio semble impressionné quand il demande à son fils, après les vœux de bon appétit de la jeune femme :
    « Tu es sûr que ça ne te pose pas de problème, Leo ? »

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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Lun 30 Avr - 6:10

Les discussions autour de mon nouvel oeil n'étaient pas sans m'amuser. En effet, lorsque l'on prenait connaissance de la source de ce dernier, la joie d'une vision 3d était cependant à relativiser. Mais bon, je pouvais enfin revoir correctement, ce qui n'était pas arrivé depuis l'accident à la forge. Je devrais d'ailleurs songer à rendre visite à mon ancien maître d'apprentissage, il serait content de voir comment je me portai, même si je doute que la nouvelle d'un couturier passant d'élève à maître en l'espace de 3 ans ne l'ai pas interpellé. Fai sembla légèrement deçue du résultat: eh non, petit renard ! Pas de grosse balafre sur mon visage d'ange. Je dois le concerver au maximum celui-la: un marchand défiguré ne fait pas beaucoup de bénéfices en fin de mois. Parlons de bénéfices... la question tant redoutée arriva bien plus rapidement que prévu. Avant même de recevoir l'addition. La serveuse nous souhaita un bon appétit avant de retourner auprès de ses autres clients. Mon petit trésor était toute heureuse et ses yeux brillants devant la boisson me firent plus que chaud au coeur. Je regardai papa, d'un sourire enfantin et attrapant dans le même temps ma cuillère, prêt à attaquer les marshmallows flottants et grillés à souhait.

- Mais non, ça me fait plaisir. Ne pas aller plus loin dans les détails. On était réuni en famille pour partager un bon moment, as pour parler argent. Je plongeai mes couverts dans la boisson toute chaude et aux saveurs de l'enfance.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mar 1 Mai - 12:32

L'accueil de ce que le petit bout d'homme aux cheveux couleur de sable a à nous dire pour toute excuse nous laisse tous silencieux à table, en dehors du petit cliquetis métallique de ses couverts qu'il semble faire tinter exprès sur les bords de sa tasse pour faire diversion face à toute discussion ; Léo n'est pas un bon menteur, moins encore face à sa maman : elle s'incline vers lui, près, tout près … à un point que si mon tonton avait encore eu ses lunettes sur la figure, l'haleine de la petite femme y aurait fait de grandes traces de buée.
    « Léo, mon lapin …, » commence-t-elle avant de lui saisir les joues pour le forcer à détacher ses yeux de son chocolat, « … tu sais que je sais que tu sais quand je le sais, tu sais ?
    – Si tu as des problèmes d'argent, fils,
     » repart Monsieur Ghiaccio, « tu sais que tu peux nous faire confiance. »
Mais ni Mamie, ni moi ne résistons longtemps à l'appel du délicieux breuvage si vanté il y a encore un instant par toute l'attablée au contact de la serveuse. Ils disparaissent mystérieusement et un à un dans les bouches de chacun ; j'essaie plusieurs fois de boire un peu du liquide d'où de belles fumerolles légères font s'échapper le parfum corsé et légèrement fumé du cacao, mais le résultat n'est pas très beau à voir : je me suis décorée jusqu'au front, où plus de tâches de rousseur encore semblent avoir décidé de pousser. Le fond de la tasse est très fort, presque piquant sur la langue, et la gaufrette n'est pas de trop pour l'essuyer. Débarbouillée par mon Obaba et mes joues encore toutes chargées de réserves que je mastique avec l'application qu'on ne donne qu'aux dernières bouchées, je regarde Monsieur Ghiaccio qui souligne ici et là quelques passages dans les nouvelles du jour ; il les laisse de côté et annonce à ma mamie, qui garde toujours une oreille attentive s'il devait tomber sur des informations au sujet des frontières :
    « Tu pourras contacter tes collègues oëréennes : de nouvelles Hyades ont été accueillies, ainsi que plusieurs enfants.
    – Combien ?
    – Pas autant que prévu : des pirates sont remontés jusque dans le lac en automne … Tharen n'a rien laissé paraître, ça aurait été trop beau de nous laisser tenter une poussée.
    – Pauvres petits,
     » répondit-elle simplement, en hochant sa tête de cette mine grave qu'elle a dès qu'il est question de Hyi. « Au moins, Dante n'aura pas affaire à des conflits civils à Amaëna,
    – Oh, ne t'inquiète pas pour lui : ton fils sais s'occuper même sans une petite guerre pour le maintenir attentif.
    – Mon fils ressemble beaucoup à son père, alors,
     » achève-t-elle avec un sourire un peu mesquin comme elle jette en coin un coup d’œil à son mari.
Celui-ci se renfrogne un peu, conscient que ce n'est pas toujours faux : même si Papa n'a, quand on l'entend en parler, aucun savoir-vivre ni même l'ombre d'une retenue, qu'il a presque moins de valeur que la honte si un décidait d'en faire une monnaie, on ne peut pas nier qu'il a le sang des Ghiaccio.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mar 1 Mai - 19:27

Un grand silence suivit mes paroles. Je savais que mentir était loin d'être ma tasse de thé mais quand même. Je savais ce que je faisais. Eux ne me parlaient pas de leurs problèmes et puis, quand bien même, cela résultait du domaine privé. On n'avait plus le droit de faire plaisir aux siens. Ou est-ce que c'était mon âge, ma stature de petit garçon entrant tout juste dans l'adolescence qui les poussait à adopter un tel comportement. Par ailleurs, maman semblait vraiment inquiète. Mais impossible de lui cacher quoi que ce soit, elle avait un radar à ennuis. Mais j'étais à des années d'en avoir.

- Maman, papa: tout va bien. Sinon je ne me serais jamais permis d'acheter tout ça et de me lancer dans une nouvelle entreprise. Tout va bien et même plus encore. Je souris en direction de mes deux parents. Promis, s'il y avait quelque chose qui n'allait pas, je vous le dirai immédiatement. Mais comprenez que j'ai besoin d'un peu d'indépendance. Et puis surtout, mes économies viennent non seulement de la prime reçue lors de la remise de la maitrise, de ma paye et du fait que je ne suis pas sorti une seule fois depuis le début de mon apprentissage. Je terminai ma boisson, attrapant le biscuit et me réinstallant au fond de ma chaise, grignotant comme un rongeur soucieux.

Je jetai un coup d'oeil en direction du petit renard, la gloutonne s'affairait à finir sa tasse, toute gourmande. Je repris ma contemplation du paysage, mastiquant ma gaufrette. Je concervai une oreille attentive à la discussion entamée par mes parents. Maman aimait aider son prochain. Ils évoquèrent Dante, j'éspérais qu'il serait quand même présent pour la cérémonie, qu'on rigole devant le "chef d'oeuvre" m'ayant octroyé ma place.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Sam 12 Mai - 17:49

Je me réinstalle bien confortablement au fond de la banquette que j'occupe et partage avec mon oncle, où je peux profiter pleinement de la vud sur les monts et les vallées pendant que je croque sans me priver dans ce qu'il reste de ma gaufrette et de celle que ma mamie m'a très généreusement tendue. Je n'écoute ce qui se dit que d'une oreille : tout le monde tente de se rassurer les uns, les autres, et soit de savoir … soit de cacher. J'entends presque les méninges grands-parentaux s'actionner à en fumer dans la solide boîte qui fait leur crâne, pour échafauder des plans dont ils pourraient se servir pour faire cracher le morceau à mon tonton ; mais c'est peine perdue. Cette fois, c'est Monsieur Ghiaccio qui, des deux, le comprends le premier ; Obaba, elle, a assez froncé les sourcils pour faire ressortir des traits durci de son visage à un point tel qu'elle n'a jamais autant ressemblé à son fils. J'allais pour poser une question, et Obaba Hana elle-même aussi ; nous nous arrêtons tout net pour nous regarder, mais ce qui doit sauver mon tonton Nidas, c'est la radio qui se met à crachoter … et ce ne sont pas des bonnes nouvelles.

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Herendyll Saeros
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Dim 13 Mai - 16:55

Communiqué du député Herendyll Saeros

Dalentiens, Dalentiennes,

les membres du gouvernement impérial de Dühr se présentent à vous en cet instant afin de vous faire parvenir une information de la plus haute importance. Une période sombre s'ouvre aujourd'hui dans l'histoire de l'Empire. En effet, nous sommes aux regrets d'annoncer au peuple dalentien le décès de l'empereur Luthien Liedor, décès survenu dans des circonstances pour le moins troublantes nous obligeant pour l'heure à prendre des mesures radicales concernant la sécurité de la Capitale.

Ainsi, afin de facilité les enquêtes autour des évènements et de mettre en lumière les causes de ce tragique accident, les agents seront triplés et seront en charge de surveiller l'ensemble des murs protégeant Dühr, murs qui sont dès lors officiellement innaccessibles pour quiconque tenterait d'y pénétrer ou d'en sortir. Habitants, officiers, fonctionnaires ou marchands, les portes permettant l'accès à la Capitale sont désormais fermées jusqu'à nouvel ordre. Nous vous prions d'accepter nos sincères excuses pour les désagréments que cela pourrait occasionner et nous recevrons, bien entendu, toutes plaintes et demandes une fois la ville réouverte au public. S'agissant d'une crise pour le moins exceptionnelle, les mesures mises en place par les membres du gouvernement furent choisie en circonstance, cela, dans l'unique but de garantir la sécurité pleine et entière du peuple dalentien.

Il va de soi que nous tâcherons de régler cette affaire dans les plus brefs délais afin que tous puissent assister à l'enterrement de feu l'empereur. Ainsi, une période de deuil nationale pourra s'ouvrir et tous pourront faire leurs adieux à l'homme qui fut pendant près de 80 années notre souverain.

C'est ainsi que le coeur lourd et empli d'affliction les membres du gouvernement impérial vous trasmettent cette accablante nouvelle, vous souhaitant de rester forts et unis en ces jours difficiles et de concerver une pensée à notre regretté monarque. Nous vous tiendrons informés des nouveautés et de tout élément intervenant au sein de la Capitale. Une ligne est désormais ouverte et transmettra toutes les informations en direct, de même, un bureau d'assistance a été mis en place au pied des murailles afin de guider toutes personnes ayant des difficultés quant à trouver un logement le temps du blocus et afin de répondre à toutes vos questions.

En priant pour que tous puissent terminer cette journée en paix et en nous excusant une fois de plus pour les désagréments occasionnés.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mar 15 Mai - 9:41

Une serveuse qui a levé le nez vers les hauts-parleurs, quand elle entend qu'il s'agit d'un communiqué, ce qui sonne déjà assez officiel, mais surtout du communiqué d'un député, se met à courir en direction de l'entrée. J'entends ses clefs qui sonnent et qui cliquettent dans son sillage ; elle les frotte les unes contre les autres avec ses mains, mais dans la panique, elle a l'air de beaucoup trembler. Elle s'y remet à quatre ou cinq fois avant de parvenir à ouvrir la porte du local de la radio et s'acharne à trouver les ondes qui émanent de la capitale impériale. Tantôt on a l'impression que le député fait son discours sous une de ces grosses pluies hivernales, tantôt sa voix redevient aussi clair que dans le plus chaud des étés ; on entend plusieurs employés du café apparemment réunis autour du récepteur qui jurent quand ils perdent la fréquence, qui revient. Tout s'est passé très vite ; un peu trop pour que Monsieur Saeros le député ait eu le temps de finir ses présentations. Après ça, tout le monde redevient complètement silencieux ; ce qui n'ont pas levé les yeux vers les enceintes se sont figés en pleine action … parfois les deux. Pour Monsieur Aravani, lui, il tient encore sa tasse en l'air et il tend l'oreille (pas au littéral, mais si c'est possible, il y arrive presque) ; ma mamie a posé ses mains sur ses genoux et se tient en angles droits sur son siège ; moi ? Je regarde partout. C'est impressionnant. Je me demande ce que papa aurait, lui, comment il aurait réagit, s'il aurait été plutôt l'un ou plutôt les autres. Mais quand la voix sans corps annonce la mort de l'Empereur … :
    « Impossible ! » s'exclame mon grand-père.
Il s'est levé ; ce n'est pas le seul à être surpris par la nouvelle ! Des couverts tombent, des murmures se lèvent … un instant plus tôt, jamais je n'aurais cru qu'on était si nombreux réunis dans ce café. Le discours se prolonge, et il faut parfois que des clients donnent un peu de la voix pour ramener leurs voisins au calme. Je me tourne vers Léo et ne me retiens pas d'exprimer mon étonnement à voix basse :
    « Quatre-vingts ans, Tonton ! Il était si vieux, l'Empereur ? »
Pourtant, il ne m'a pas paru si plissé que ça, la dernière fois qu'il a fait une apparition publique. Autour de nous, les visages se baissent, et tous font le signe impérial avant de poursuivre leurs tâches, dans un long, long silence ; ma mamie garde un doigt sur ses lèvres, et je fais de même ; je n'ai jamais fait de minute de silence, mais j'en ai déjà

Une ombre, dehors. Et beaucoup de neige se soulève. Mais personne ne fait attention à ce qu'il se passe derrière les carreaux … enfin, jusqu'à ce que certains soient agités par de grosses vagues blanches quand l'animal qui s'est posé tout près des murs du petit café vient à s'ébrouer. Son cavalier, aussi fin et haut qu'un jockey, s'est accroché pendant la ruade de la chimère qu'il monte ; au costume de l'homme et au profil aiguisé de l'animal, les passants qui ont entendu le communiqué se figent : c'est un envoyé de l'Empire, mais dont les couleurs sont très curieuses, et très familières, comme
    « Qu'est-ce que cet attardé vient faire ici ? » j'entends souffler Monsieur Aravani, mieux que ne l'aurait fait un dragon.
Il fulmine, serre ses poings sur la table et l'expression qu'il a me passe l'envie d'aller voir ; pourtant, il n'a qu'un léger pli de sourcils … mais je crois que c'est ses zygomatiques tendus à s'en casser qui me font imaginer la fumée qui lui sort des oreilles. Il ne m'en faut pas plus pour me donner un grand sourire et reconnaître qui vient d'arriver et qui fait sonner la clochette à l'entrée ! Les bottes de son uniforme frappent les planches battues de l'établissement jusqu'à nous, tout sourire ; il a le nez et les joues rougis par le froid, et la croûte glacée qui s'est collée à ses cheveux et vêtements donnent presque l'impression qu'il ne va pas tarder lui aussi à s'ébrouer comme la bête qu'il a laissée dehors.
    « Bonjour tout le monde ! Brr, fait pas chaud, dehors !
    – Papa !
    – Coucou petite puce, salut frangin, coucou maman ….
    – L'Empereur est mort, fils.
    – Bonjour papa ; ça explique la tête d'enterrement.
    – Dante. Assis. Et silence
    »
Il fait tout penaud, papa, quand il s'assied ; il pose un sac de voyage près de lui, et a toujours son sourire sur les lèvres quand il prend place près de nous ; le froid qui s'échappe de son manteau est surnaturel.
    « Eh bien, ça fait plaisir de
    – Tais-toi. Juste … tais-toi. Ce n'est pas une plaisanterie.
    – Donc, l'Empereur est bien mort. Refroidi ?
    – Un peu de respect,
     » fait claquer la voix de son père, sèche comme un coup de fouet et qui fait se retourner quelques personnes vers nous, avant que mon propre papa reprenne sans même avoir l'air touché par la gronderie :
    « C'était une question.
    – Ils ont des doutes, 
    » lui répond Mamie Hana avant son mari, « les murs de la capitale sont clos pour faciliter l'enquête.
    – Oh ! J'ai eu chaud, alors !
     »
Il est de bonne humeur, et ça me fait tellement plaisir de le voir ! J'ai envie de le bombarder de questions, de tout savoir comme qu'est-ce qui l'amène ici, qu'est-ce qu'il a vu à Amaëna, comment il a pu se libérer, comment il trouve le nouvel œil de Léo,
    « Qu'est-ce que tu faisais à la capitale ? »
Bon, ça aussi, mais c'est Monsieur Aravani qui demande.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mar 15 Mai - 16:23

Je mentirais si j'affirmais avoir l'occasion d'entendre pareille annonce de mon vivant. Un silence pesant s'installa dans l'ensemble du café. Papa et maman semblaient plus à l'écoute que jamais. Je quittai mon observation de la fenêtre pour moi-même me tourner en direction de la radio, comme si une image allait en sortir. Le message de notre député passé, et mise à part les questionnements de mon petit renard, le silence perdura encore quelques instants. Je baissai la tête, observant mes mains serrées posées sur mes jambes. J'étais plus que soucieux, et ce n'était pas l'évènement annoncé qui me m'était dans cet état mais la perspective des péripéties qui allaient en découler. Lorsque je redirigeai mon attention vers la vitre, un cheval me faisait maintenant face. Plongeant mes yeux dans les siens, j'indiquai l'animal de l'index, m'apprêtant à prévenir mes parents. Mais ma tête se tourna dans leur direction, ce fut pour offrir à mon frangin qui venait tout juste d'entrer la plus absurde bouche bée de tous les temps, le doigt toujours collé à la vitrine. Je restai comme ça le temps des salutations habituelles entre lui et papa avant de prendre une posture plus zen et de me lever pour l'accueillir à sa juste mesure.

- Je croyais que tu viendrais jamais. Mais en fait pas vraiment. Mais j'savais que tu viendrais. Hein, je lui avait dit m'man ? Fis-je en me tournant vers cette dernière. Je dois avouer que voir deux enfants contents après l'annonce de la mort de l'empereur faisait sûrement très tâche vis-à-vis de l'ambiance qui régnait encore dans le café, mais je l'attendais tellement avec impatience. La capitale est fermée, tu vas devoir rester avec nous. Ajoutai-je les yeux pleins d'espoir. Tu serais arrivé 20 minutes plus tôt, tu aurais eu droit au chocolat chaud. Mais t'as loupé t'as chance. Je demandai presque en stéréo avec mon père: Qu'est-ce que tu faisais à la capitale ? T'étais pas à Amaëna ?

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Dante Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Mer 16 Mai - 17:37

Je pose négligemment mon bras encore enfoncé dans la manche d'un épais pardessus d'hiver sur les cheveux non moins épais de ma fille, profitant du sommet de son crâne (décoré d'une petite figure toute souriante de celles qui vous manquent vite) comme d'un bien gentil accoudoir de fortune. Ils ont la langue bien pendue, aujourd'hui … surtout pour un petit bout de famille surpris en pleine minute de silence, si j'ai le droit d'en juger par les regards en coin qu'on nous jette entre deux coups de fourchette. Ça, ou c'est une réunion de muets à laquelle le père s'est invité et a fait illusion avec les marmots jusqu'à ce que je vienne redonner une âme à cette ambiance de cimetière (pardon … c'est peut-être encore un peu trop tôt pour cette blague).
    « À la capitale, tu dis ? » fais-je mine d'être surpris, la main sur l'anse de la boisson du père, « ben, j'étais à la recherche du crapaud, et c'est qu'à mi-chemin que ces clochards de collègues stationnés là-bas (t'as leur bonjour, papa) ont arrêté de se payer ma tête et m'ont gentiment renseigné au sujet de l'adresse de ce charmant petit lieu de villégiature que tu as par la plus grande mégarde omis de me communiquer. Ah ! La boisson des rois !
    Je le savais ! » s'exclame Fai à ma suite, à mon plus grand étonnement … enfin, jusqu'à ce que je me rende compte que ses yeux sont braqués sur la tasse du père, pas le père lui-même.
    « Le rusé renard. Il sait tout, celui-là. Il savait que le Monsieur Ghiaccio est un vieux radin qui voulait pas payer un couvert en plus, ou ce petit goupil a étanché sa soif avec ce chocolat divin ? »
Je m'interromps, me rapproche d'elle pour lui souffler (assez fort pour que toute la table entende) :
    « Tu as le droit de dire les deux, hein, tu sais ? »
Je reprends une lampée dûment méritée avant de me tourner vers mon cadet ; il est aux anges, et ses yeux en pétillent. Les deux d'ailleurs. C'est du bien beau travail, ce qui a été fait là.
    « Tu n'arriveras jamais à te séparer de moi, frangin : même un huissier n'a pas autant de comptes à te rendre que ton tout-puissant grand-frère, mini-cyclope … ah ! »
Je me tiens le visage d'une main, soupire de désespoir avant d'enchaîner :
    « Mon pauvre crapaud ! Je vais devoir remplacer un de tes surnoms, maintenant ! Mais bon … même si t'as un œil en plus, il ne t'a pas volé ton sens du goût, gamin … c'est vraiment une tuerie !
    – Dante !
    – Oups, pardon. Désolé. C'est trop tôt.
    »
Mais même si le vieux tire la gueule, je crois apercevoir un petit coin de sourire qui vient faire trembler les commissures de Maman qui s'est enroulée dans des couches et des couches de tissu ; Fai, elle, est aux prises avec mon avant-bras dans une tentative désespérée de me faire un câlin de bienvenue. Bonne chance à elle pour m'atteindre de ses étreintes. Je me libère la main droite, rends sa tasse au vieux ronchon qui ronchonne plus encore en éloignant le récipient que j'ai sali avec ma sale trogne (ça m'inspire bien quelques mots bien sentis, mais j'ai promis de pas le faire en public … surtout que le lieu comme l'instant me paraissent assez peu adaptés pour parler de tout ce que j'ai pu saloper avec ce que j'ai sous la ceinture qu'il ne s'est pas dérangé d'utiliser après) et en profite pour refaire une petite mise en pli à la tignasse encore impeccable du petit, à ma manière. Ou la manière d'un typhon, vu ce que laisse derrière-lui le plat de ma main.
    « J'en ai plein le dos, Léo : deux heures de route,
    – Au dos de ta chimère de service.
    – beaucoup de vent,
    – Dont tu t'es protégé avec ton uniforme.
    – mais on va avoir un peu de temps rien qu'à nous.
    – Temps que tu vas bien évidemment prendre sur tes heures de service.
    »
Je lui décoche mon plus beau sourire :
    « Faux. J'ai fait ma part ce matin, et j'ai voulu me ramener avant demain, histoire de passer un petit coucou aux quelques têtes familières qui étaient dans le coin. Aussi bien les têtes de petit merdeux qui arrivent même à se dépareiller les yeux, que les petite frimousses sympathiques des deux femmes de ma vie, ou même celles des vieux darons acariâtres qui ont le chic de nous rappeler ô comme on a de la chance de pas la voir tous les jours, celle-là. Amaëna, c'est pas trop mal, mais ça manque d'humains. Des vrais. »

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Jeu 17 Mai - 12:08

- Effectivement t'aurais eu du mal de venir si tu savais pas l'adresse.

Cette remarque m'avait un peu refroidi, mais je ne me tournai pas en direction du concerné, restant face à mon grand-frère dont j'attendais la venue avec plus d'impatience que la cérémonie de maitrise. S'ils étaient en froid, on pouvait tout de même facilement observer lequel des deux ne faisait pas d'efforts pour que leur relation tendue ne vienne en faire pâtir l'ensemble de la famille.

- T'as vu ça ? Un travail de professionnel ! M'exclamai-je en souriant et montrant mon nouvel oeil du doigt (sans le mettre dedans cette fois, maintenant, j'avais une meilleure perception des distances). Juste avant l'entrée dans l'adolescence. Quand bien même, un bandeau donne un côté mystérieux que les filles aiment bien. Ajoutai-je plus bas. Ca donnait un certain panache à ma marque aussi. S'il me faisait la moindre remarque sur le fait que mes clientes étaient majoritairement des cinquantenaires, je crois que mon beau discours en prendrait un sacré coup. C'est pas un cheval ?! Je me disais aussi. J'peux voir dis ? Et alors, je m'accrochais à sa manche, je veux savoir pour Amaëna ! Ca fait un bail qu'on s'est pas vu, tu ne pourras pas fuir eternellement. Et tu sais comme je peux me montrer collant, Rapunzel. Avant ça... je me reculai légèrement, souriant à ma petite famille. Je vais m'occuper de l'addition. Bougez pas surtout, je reviens vite.

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Dante Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Une grande bataille de petites gens   Sam 19 Mai - 17:04

Un œil jeté à celui qui n'a plus besoin de s'en faire greffer en supplément me rappelle à l'ordre et me fait rectifier en hâte (même si je dois pour cela jouer l'avocat du diable et prendre la défense du fond de chiotte qui me sert de géniteur) :
    « Nan, mais t'en fait donc pas, frangin : encore une note épinglée sur mon front que j'ai dû manquer. Ça me ressemblerait bien, ça. »
C'est bien peu, comme petite phrase ajoutée là, mais j'ai l'impression que ces quelques mots sont un peu de baume au cœur pour certains des Ghiaccio qui partagent cette table ; le moment est bien trop heureux et plein de cette chaleur si particulière aux futurs bons souvenirs que je n'ai pas de mal à me tenir loin de toute tentation de venir jeter mes grains dans un engrenage trop bien huilé … du moins, pas plus que de coutume. Pour sa part, Léo a un enthousiasme qui fait plaisir à voir, mais qui ne retire rien au comique de ses répliques qu'il me partage sur le ton d'un grand conspirateur de comptoir ; le voilà qu'il s'essaie à parler donzelles, du haut de ses treize ans ! C'est bien mon frère, ça : pas d'erreur possible. Il m'arrache un sourire, que je lui cache en faisant mine de fouiller mes poches pour en sortir un paquet de cigarettes ; ce que je veux bien lui montrer, quand je me retourne vers ce petit bout d'homme, c'est un sourcil levé bien haut.
    « Il avait tant de succès, ce bout de tissus ? » lui demandé-je alors que je m'escrime à m'en griller une sans me la faire arracher du bec par un parent soucieux de ces petits panneaux accrochés un peu partout, « tu sais, tu garderas toujours une place spéciale dans les rêves de ces dames.
    – Oui, tonton ! T'en fais pas, les collègues de mamie sont folles de toi !
    » me devance Fai.
J'ai à peine le temps de répondre à la déferlante de questions qui sort de la bouche de mon cadet que le voici déjà parti régler les consommations … et quelles consommations … voilà qui n'est pas pour me faire oublier mes récentes découvertes au détour de son atelier. Tout à mes observations, j'allonge le bras vers la tasse précédemment subtilisée pour en essuyer les bords d'un coin de manche … on n'est jamais trop prudent, avec les commis de cuisine. Ce serait dommage qu'un saisonnier conserve un souvenir impérissable des couverts qu'il aura pu laver ici ; même si cela devait concerner un apprenti cuisinier, d'ailleurs. Je prolonge un peu mon observation de la porcelaine dont les recoins exhalent un parfum délicieusement corsé de cacao que je ne peux me retenir de renifler avec une délectation certaine, à un point que le geste n'échappe pas à Fai, dont la petite main vient tapoter la manche de ma pelisse et la voix tout aussi petite tente de me rassurer :
    « Ne sois pas triste, papa : si tu arrives assez tôt demain, t'y auras peut-être droit, toi aussi. Mais tu dois être sage, promis ? »
Ses sourcils froncés lui donnent un air très sérieux, une petite note de réprimande qui vient me taquiner et qui me fait sourire avec un peu de tristesse quand je me dis que ce brin de petiote là ne dira plus ça avec le sérieux d'une fillette de quatre ou cinq ans désormais. Alors que Léo s'en revient et nous allons franchir le seuil qui mène au dehors, je lui dédie ces quelques remontrances :
    « Alors, le morveux ? Tu me reproches de fuir et te voilà déjà à te carapater dans les jupes des serveuses ? Promis, j'ai pas de wendigo dans les histoires que je vais te rapporter cette fois-ci : ton pantalon sera sec. Enfin, j'espère, sinon tu iras consulter le Rivail parce que ça voudra dire qu'il t'a greffé un truc de travers. »
La clenche enfoncée, le battant poussé et une bourrasque soufflée dans les cheveux de notre petit groupe suffisent à faire la transition vers l'extérieur. La belle bête joliment profilée des trajets express fume par ses naseaux dans l'air froid ; un beau coursier impériale dont les croisements ne sont pas sans évoquer le drak et le griffon, mais dont les pattes élancées n'en paraissent pas moins solides : elles semblent quatre sabres plantés dans la poudreuse que leur ronde a remuée. La chimère, que je suppose aussi capricieuse et peu patiente que son cavalier, s'est semble-t-il décidée à mastiquer consciencieusement son harnachement … ce qui ruine un peu mon petit effet.

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Une grande bataille de petites gens
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