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 Tragique trahison: un art politique ?

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Alexander Krov
Mirage
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MessageSujet: Tragique trahison: un art politique ?   Ven 1 Juin - 18:54

Arrivée le soir même de son départ à la Capitale, Daïa ne pu transmettre le message délivré par Erwin. Tout d'abord, sous étroite surveillance et entourée d'une multitude de gardes impériaux comme une criminelle, elle n'eut d'autre alternative que de les suivre sagement sans opposer de résistance. Elle n'ouvrit pas la bouche de tout le trajet, par choix et non par crainte, concervant cependant précieusement la radio confiée par Devaraja dans la poche de sa cape. Ensuite, arrivée à Dühr, le calme inhabituel et l'importance de la sécurité ne lui permirent pas d'envisager un quelconque stratagème suffisemment sûr pour aller quérir l'aide de celui à qui le message était destiné. Les rues étaient désertes, pas un son ne s'échappait des bâtiments: la mort de l'empereur ayant emporté avec lui une ville entière dans la tombe. Arrivée à l'hopital central, ses valises furent fouillées avant de lui être rendues, lui donnant raison dans le choix de la cachette de l'objet lui servant à communiquer à ses pairs coincés à Cestra. Les gardes la conduirent à une chambre, désormais sienne jusqu'à la fin de cette affaire. Refermant derrière eux, Daïa se retrouva seule dans la pièce, cependant certaine qu'ils devaient être à l'entrée, veillant à ses moindre faits et gestes et prêts à agir à la plus petite suspicion.

Marchand de long en large dans la petite salle, elle ne pouvait qu'attendre que l'on vienne la voir. Cela ne prit guère de temps avant que le second de Mirage ne fasse son entrée, l'air plus sérieux et lâssé que jamais et suivi d'un garde qui resta à l'entrée.

- J'éspère que le voyage a été agréable, madame Moreira. Bienvenue chez vous. Dit-il froidement. Quel désordre pour nos affaires... ? Ajouta-t-il en levant vers l'elfe un regard empli d'une certaine malice.

- Particulièrement agréable, Elzren. Lui rendant son sourire, elle le prit dans ses bras, lui glissant discrètement la radio dans la main opposée à la porte. Notre hôte fut surprenamment serviable. Elle recula. Quelle tristesse que cette nouvelle... Heureusement pour eux, les festivités des Nuits rouges vont leur changer les idées pour ce soir. Ils doivent d'ailleurs y être. Elle soupira, l'air éploré. Le docteur Krov était bien attristé de ne pouvoir pratiquer ses interventions habituelles. Oh... il faudrait d'ailleurs aller donner la liste des patients à osculter dans les plus brefs délais à l'un de ses pairs ayant connaissance de ses procédés.

Clin d'oeil: message reçu. Elzren salua sa collègue d'une révérence aussi théâtrale que la scène venant de se dérouler sous les yeux des gardes et la laissa seule, rejoignant le bureau de Mirage puis empruntant les escaliers menant au sous-sol de l'hopital ou il prit soin d'envoyer par le biais de la petite boîte, un message somme toute assez clair de la situation, plus complexe qu'imaginée. Une fois fait, il remonta, passa sa cape autour des épaules et se dirigea, sous l'oeil scrutateur des officiers qui ne manquèrent pas de lui demander ou il allait ainsi, au sein du bâtiment ou logeait Alhazen Rivail, pretextant le besoin d'intervenir pour une opération urgente. Cette dernière étant d'aller quérir l'aide du médecin en question afin d'éclaircir une affaire voulant passer pour mystérieuse mais dont tous avaient connaissances des causes... et plus encore des conséquences.

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Dim 3 Juin - 11:08

Nous étions occupés à un cours bien plus théorique avec mon élève quand l'annonce est tombée :

Communiqué du député Herendyll Saeros

Dalentiens, Dalentiennes ;
Les membres du gouvernement impérial de Dühr se présentent à vous en cet instant afin de vous faire parvenir une information de la plus haute importance. Une période sombre s'ouvre aujourd'hui dans l'histoire de l'Empire. En effet, nous sommes aux regrets d'annoncer au peuple dalentien le décès de l'empereur Luthien Liedor, décès survenu dans des circonstances pour le moins troublantes nous obligeant pour l'heure à prendre des mesures radicales concernant la sécurité de la Capitale.

Ainsi, afin de facilité les enquêtes autour des événements et de mettre en lumière les causes de ce tragique accident, les agents seront triplés et seront en charge de surveiller l'ensemble des murs protégeant Dühr, murs qui sont dès lors officiellement inaccessibles pour quiconque tenterait d'y pénétrer ou d'en sortir. Habitants, officiers, fonctionnaires ou marchands, les portes permettant l'accès à la Capitale sont désormais fermées jusqu'à nouvel ordre. Nous vous prions d'accepter nos sincères excuses pour les désagréments que cela pourrait occasionner et nous recevrons, bien entendu, toutes plaintes et demandes une fois la ville réouverte au public. S'agissant d'une crise pour le moins exceptionnelle, les mesures mises en place par les membres du gouvernement furent choisie en circonstance, cela, dans l'unique but de garantir la sécurité pleine et entière du peuple dalentien.

Il va de soi que nous tâcherons de régler cette affaire dans les plus brefs délais afin que tous puissent assister à l'enterrement de feu l'empereur. Ainsi, une période de deuil nationale pourra s'ouvrir et tous pourront faire leurs adieux à l'homme qui fut pendant près de 80 années notre souverain.

C'est ainsi que le cœur lourd et empli d'affliction les membres du gouvernement impérial vous transmettent cette accablante nouvelle, vous souhaitant de rester forts et unis en ces jours difficiles et de conserver une pensée à notre regretté monarque. Nous vous tiendrons informés des nouveautés et de tout élément intervenant au sein de la Capitale. Une ligne est désormais ouverte et transmettra toutes les informations en direct, de même, un bureau d'assistance a été mis en place au pied des murailles afin de guider toutes personnes ayant des difficultés quant à trouver un logement le temps du blocus et afin de répondre à toutes vos questions.
En priant pour que tous puissent terminer cette journée en paix et en nous excusant une fois de plus pour les désagréments occasionnés.

Tels ont été les mots qui ont coupé ma leçon en plein cours alors que j'abordais seulement la liste des erreurs déontologiques qui ne sont pas admises par l'Ordre sur le sol dalentien ; liste dont Meltem a déjà commis peut-être une dizaine des entités qui y sont présentes cette semaine seulement … et son chat plus encore. Quand la tonalité finale marque la fin du discours ainsi que le départ du député, je me tourne vers la petite chose pas plus haute qu'une fillette dont les grands yeux semblent braqués sur quelque fantôme derrière ses lunettes. Ma main n'a pas quitté les pages du livre de loi sorti de son rayonnage.

« Au moins, c'est une affaire qui ne nous regarde en rien cette fois … et heureusement, je suppose, » ajouté-je, quelques doigts songeusement emmêlés dans une mèche grise trop rebelle qui a survécu au rasoir ce matin, « même sous ses couches et ses couches d'or, l'empereur ne me paraissait pas de si mauvaise constitution. »

Je grimace quand la réalité me rattrape, vexé envers moi-même d'avoir proféré sur un ton si intéressé mes supputations évidentes sitôt l'annonce achevée. Je ne suis pas aveugle, et nul ne l'est plus ici : les Dalentiens rôdent au dehors de nos murs ; patients et médecins bruissent, murmurent et vont au pas de course prévenir ceux qui n'ont pas entendu ; ce qui est curieux n'est pas ce fourmillement effréné d'activité autour de nous quand nous reprenons le chapitre sur les modifications corporelles et leurs conséquences (avec un point tout particulier au sujet duquel j'aborde les cas des chimères, liches et des Thares eux-même – du moins ceux qui ont les moyens de tels recours), non, le plus curieux est quand l'agitation s'interrompt soudain. Le silence des voix parvient presque à dévorer les sons si coutumiers à une clinique ; c'est à m'en faire couler un frisson glacial le long de l'échine où mon sang afflue jusqu'aux capillaires. Je me demande combien ont su avant nous, et depuis combien de temps … j'essaie de parler au même niveau que je le faisais plus tôt, mais peine perdue : dans cette chape de plomb qui vient de se fermer sur nos têtes, pas un son ne veut entrer, et sortir encore moins … à un point que je n'ai aucune peine à me faire entendre malgré le peu de voix que j'y mets. Cette lourde atmosphère dure et perdure même la pause passée ; les patients, eux, ne viennent pas en nombre : un jardinier seulement, qui s'est amoché la main sous le choc de la nouvelle. Bien heureux de n'avoir aucun tendon à aller chercher malgré la coupure profonde qui béer sur sa paume, je laisse mon apprentie observer l'épaisseur des tissus ainsi que les points qui ne seront que très temporaires dans ce cas présent. J'aide les cicatrisants à agir en prenant sur mes propres forces pour ne pas ajouter au sang perdu par le pauvre homme qui peut bientôt se mouvoir sans encombre … quoiqu'avec une petite grimace dégoûtée devant la sensation que cela doit donner dans ses chairs comblées.

« Merci, vraiment.
– Même si vous avez pensé à arrêter les saignements, ne forcez pas trop aujourd'hui ; dites au thermapolium le plus proche que vous venez de ma part et servez-vous quelque chose à manger.
»

Nous avons droit encore à quelques remerciements ainsi que quelques promesses de rétributions futures avant qu'il ne s'en aille … du moins le crois-je, jusqu'au moment où, voulant passer la porte, mon patient y trouve le visage familier d'un infirmier.

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Dim 3 Juin - 18:50

- Ca fait beaucoup de choses à retenir, docteur Rivail... pourquoi ne pas simplement passer à l'action ? Ou... je sais pas... travailler en toute discrétion si vous voyez ou je veux en ven... J'avais réussi à me faire couper la parole par la radio et le message du député. Un long, très looong message expliquant une chose dont la fatalité était: changement d'empereur. Luthien Liedor ! J'aurais dû me rappeler... pas Childéric... Bah... au moins je pourrais plus me tromper sur qui est vivant ou mort pour le coup.

J'avais loupé ma chance de devenir riche avec le monsieur tout en noir... si seulement je m'étais souvenue: l'autographe aurai pris de la valeur marchande à l'heure actuelle. Je me remis vite de mes émotions, tout comme le professeur Alhazen qui tenta de reprendre le cours malgré le tapage que l'annonce avait provoqué. Ce dernier se termina pourtant bien rapidement. Les yeux mi-clos et Anathème dormant sur les genous, le silence me fit sursauter et me tira de ma somnolence. Non pas que les leçons ne m'interessaient pas, loin de là, mais j'aimais pas le droit. Trop de restrictions qui bloquaient les découvertes et les avancements. Pour certain métier il valait mieux changer de pays. En voulant rendre service on pouvait se retrouver dans de facheuses postures sinon.

Ce silence de mort fut rompu par l'arrivée d'un jardinier que le docteur prit immédiatement en charge. En effet, la coupure était pas belle à voir mais facilement réparable... pour monsieur Rivail, moi, j'aurais sûrement fait les coutures de travers ou recousu la mauvaise main. Mais j'observais avec attention, souriant au jardinier qui me répondit avec un regard étrangement effrayé. Je voulais me montrer rassurante à la base mais... c'était moi qu'il fixait ou... je me retournai: juste Anathème en train de faire sa toilette sur le meuble derrière nous. Rien d'autre. Il avait peut-être peur des chats ou juste des hallucinations le pauvre monsieur. Ca pouvait se comprendre quand on voyait la blessure. Quand il pu partir, un autre grand bonhomme habillé tout en noir entra. On l'avait déjà vu lui je crois. C'était aussi un médecin mais de l'autre hopital. Il semblait un peu essouflé et tendit sa main au docteur puis à moi en guise de salutation.

- Pardonnez-moi pour le dérangement, docteur Rivail. Je pense ne rien vous apprendre, il refermait la porte avant de poursuivre, en vous annonçant le décés de l'empereur Liedor. Il recoiffa ses long cheveux noir en arrière. Au moment précis ou le médecin impérial est envoyé en ambassade à Cestra pour les festivités des Nuits Rouges. Personne ne doute des causes de la mort. Cependant, Mir... le docteur Krov étant mis à distance, il ne peut procéder à ses vérifications habituelles et souhaiterai requérir votre aide. Mon statut dans l'hopital ne me permet guère d'accéder à la chambre froide, actuellement sous étroite surveillance, et nous aurions grand besoin de votre soutien et de vos talents... de toute urgence et dans la mesure du possible.

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Mar 5 Juin - 19:06

Le jardinier ne se fait pas prier pour échapper à la présence grave et de circonstance de mon collègue … qui s'avère l'être d'autant plus une fois la porte close et son aura probablement trop épaisse pour parvenir à s'échapper, que ce soit par la serrure inexistante ou le seuil d'ores et déjà réduit à son minimum pour des raison évidentes d'hygiène ; c'est ainsi que nous nous retrouvons à macérer nerveusement tous les trois quand l'affaire presque évidente est présentée, à la suite, bien entendu, des salutations rituelles. J'écoute, attentif aux données qui nous sont énoncées, occupé à faire un premier nettoyage des outils employés avant leur future stérilisation … conscient que celle-ci semble devoir attendre un retour futur au sein de cette pièce qui nous est dédiée.
    « Vous ne pouvez pas accéder au corps ? Pas même avec votre insigne ? … et votre tatouage ? Il ne détaille pas d'assez hautes habilitations ? » j'en reste songeur, mais demande toutefois : « Vous désigne-t-il comme étant au service de Krov, à titre privé ? »
Un patient semble nous attendre, et pas des moindres ; il paraît malheureusement bien pressé malgré l'état pour le moins … définitif qui le retient ici. Il va de soi que personne n'est si naïf même au cœur de la plus fervente cité impériale qu'il croirait en une fin naturelle de notre bon monarque … quoiqu'assez débonnaire pour nous faire le regretter autant que nous demander qui aurait bien pu être au nombre de ses ennemis ; je suppose que nous craignons tous parmi ceux qui ont fait les plus vieux os entre ces frontières de voir notre soliveau remplacé par un héron. Mais ce qui pique ma curiosité et la met à vif est la même chose qui a amené Elzren à nous rendre visite ici : non qui, mais comment la mort de Luthien Liedor s'est trouvée précipitée.

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Mer 6 Juin - 18:05

La discussion entre le Docteur Rivail et Elzren semblait plus qu'importante. Pour dire: même Anathème s'était rapproché, s'attirant un léger froncement de sourcil de la part du vampire qui se reprit rapidement face aux interrogations de mon professeur. Moi, j'attrapai le chat et m'installai tranquillement sur une chaise, le posant sur mes genoux et le papouillant, tout en continuant à écouter la conversation des deux protagonistes.

- C'est bien regrettable que ce soit juste ces titres attestants de mes capacités qui m'interdisent l'accès à un lieu faisant pourtant parti de l'une des ailes m'étant libre d'entrée. Nos principaux dossiers y sont entreposés. Nous pouvons encore mettre la main dessus, bien entendu, ils ne nous empêchent pas de faire notre métier mais nous restons sous étroite surveillance. Le médecin s'avança davantage dans la pièce, se mettant à égale distance du Docteur Rivail et de moi. D'ailleurs, il nous observait tout deux lorsqu'il s'exprimait. Il prit un mine sougeuse. Mon tatouage ne me qualifie pas directement de fonctionnaire, je peux aisément devenir indépendant, mais mon insigne et mon rôle auprès du docteur Krov m'associe de près à ce dernier. D'ailleurs, tout employé connu et circulant dans l'enceinte de l'hopital sont affiliés à un garde, ils ont donc réduit nos effectifs par la même. Ce dernier point fut souffler sèchement par le vampire, qui ne pouvait pas cacher sa colère. Mais vous, monsieur Rivail, ne faites pas parti officiellement de l'organisme. Vous êtes l'électron libre, si je puis me permettre la comparaison, qui pourrait faire basculer la balance à notre avantage. Vous pouvez; bien-sûr, refuser: ce n'est pas une demande sans risque. Cependant, le docteur Krov vous a directement mentionné, c'est qu'il avait sûrement toutes les raisons de le faire. Il soupira. Il devait vraiment être sur les nerfs. Le ronronnement d'Anathème était étrange... il semblait... rire ? Elzren termina. Il est empêché malgré lui et souhaiterai, avant toute chose, pouvoir comparer le dossier de l'état de feu Liedor avant et après son décès. Ce dernier ayant eu droit à un check up complet avant le voyage d'Alexander pour Cestra.

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Mer 6 Juin - 18:36

« Directement mentionné ? » répété-je, cillant lentement un regard interdit. J'en serais sûrement resté coi si nous n'étions pas dans l'urgence ; je préfère donc préparer quelques-unes des affaires qui me seraient utiles, tant pour affronter la mousson qui fait rage (à en juger par les mèches lourdes d'humidités que mon collègue ramène derrière des oreilles) que pour mener à bien ce pourquoi Krov me fait ainsi mander. Je garde plusieurs outils dans une trousse apparente ; en glisse quelques autres dans ma tabatière, dans le cas où je me ferais fouiller. L'infirmier poursuit son état des lieux sans plus discontinuer que le temps de lâcher quelques soupirs. Cliquetis et sons métalliques accompagnent mes gestes. Ceci fait, non sans un geste d'invite glissé à l'adresse de ma disciple, j'avance vers la portes à grandes enjambées. Clenche le battant. Tends la main en direction d'Elzren.
« Voudriez-vous me prêter votre insigne ? J'ai peut-être ue idée. »

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Jeu 7 Juin - 16:08

Eh beh. Le docteur Rivail avait l'air surpris des propos d'Elzren. Mais pas concernant l'ampleur des difficultés auquelles il devait faire face mais juste pour un détail. Détail qui me laissa un peu sur le derrière en fait. Comment le professeur pouvait-il accorder autant de crédits au médecin tout en noir de la dernière fois ? Il était... bizarre. Comme faisant parti d'un autre espace temps. Après il devait bien faire son travail. Et puis moi aussi j'étais assez spéciale tout compte fait. Et je le connaissais pas comme le docteur Rivail semblait le connaitre. Mémé serait pas contente de me voir juger les gens comme ça. Fallait apprendre à cerner l'individu avant d'en tirer des hypothèses probablement nulles et non avenues, inutiles, futiles et erronées dès l'instant même ou elles ont germé dans mon esprit. Le professeur termina de ranger ses instruments et me fit un geste que je compris immédiatement. Je me levai d'un bond (laissant tomber Anathème sur le sol dans un miaulement de mécontentement) et courru dans l'autre pièce, sortant vêtue de mon ciré jaune et de mes bottes imperméables rouges. Ah ! Sans oublier ma petite capuche transparente à nouer autour du cou. Je vins me placer auprès du docteur Rivail près de l'entrée, tendant la main à Elzen.

- Bien entendu. Répondit celui-ci en fouillant dans sa veste avant d'en sortir une carte plastifiée et de retirer la broche de son col. Tenez. Il lui donna et nous sortions tous de la pièce d'ou Anathème s'extirpa en trombe avant que la porte ne se referme. Je vous suis reconnaissant, docteur Rivail. Si vous ne parvenez pas à entrer, ne vous mettez pas en danger outre mesure et laissez tomber. Le fait que vous acceptiez est déjà bien suffisant. Il regarda sa montre qu'il venait de sortir de la poche. Je dois retourner à l'hôpital au plus vite. Pardonnez mon impolitesse. Il me tendit la main pour me saluer et en fit de même avec le docteur. Je reviens à vous promptement. Effectivement, il s'eclipsa bien vite.

- Il avait l'air sur les nerfs et c'est peu de le dire. Je remontai mes lunettes sur le nez et me tournai vers le professeur. Allons-nous mener quelque chose en rapport avec la loi, docteur Rivail ? J'avoue préférer la pratique à la théorie.

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Jeu 7 Juin - 16:58

Je pince les lèvres, contrit d'avance pour la seule éventualité d'un échec … je n'ose pas imaginer ce qu'il en serait si celui-ci devait sortir des limites de mon imagination pour arriver en effet. Je suppose fortement que me faire connaître de la garde aurait des effets supplémentaires en plus de la plaie que cela représenterait de n'avoir pu mener à terme une parole donnée. Soit-elle uniquement ma parole plutôt qu'un contrat écrit. J'ai, à l'adresse d'Elzren et alors qu'il me tend ses pièces d'identité au sein de l'hôpital central, des gestes qui se veulent rassurants avant de m'emparer desdits objets et de le laisser courir après le temps qu'il semble avoir perdu.
    « Je vous en sais gré ; je ne vous retiens pas plus longtemps, docteur. Je ferai au mieux. »

Qui est, malheureusement, le plus mortel ennemi du Bien. D'un geste sec et d'une seule main, j'ouvre mon parapluie pour m'abriter des trombes qui battent aujourd'hui les fronts de mes chers compatriotes Dalentiens dont le toit est sous ce tropique, guettant la carte que je tiens toujours entre mes doigts. Celle-ci ne me sera pas d'un grand secours ; il est probable même qu'on pourrait la retourner contre moi si on venait à l'associer à l'insigne quand je tenterai de me tenir au chevet du défunt monarque. Pour ne pas m'en encombrer et risquer de la perdre, je la glisse dans ma boîte aux lettres, celle dont Krov m'a fort aimablement laissé la clef le temps de mon séjour, et entame la route jusqu'à l'épicentre de tous les esprits en ce jour pluvieux. Meltem me rattrape, ses yeux improbablement immenses qui cillent derrière les carreaux maculés de gouttelettes de ses lunettes. Nous allons à grandes enjambées dans les rues désertées.
    « Eh bien, Meltem, » tenté-je de répondre à ses interrogations après un bref temps de réflexion, « je suppose que nous allons faire une démonstration de ce qu'est la déontologie du médecin … et très probablement faire la distinction entre ce qui est légitime et ce qui est légal. C'est plus ou moins à ce moment que je te dis de juger par toi-même d'agir de la manière que tu trouveras nécessaire et quand ce le sera. »

Le frisson continuel de la mousson remplit le silence que je prends à reprendre mon souffle, sans jamais cesser pour autant d'avancer. Et malgré l'empressement, je souris à Meltem quand je conclue :
    « Parce que c'est aussi ça, le métier : une bonne part de feeling. »

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Ven 8 Juin - 5:42

Monsieur Rivail est moi étions probablement les seuls individus se baladant dans la Capitale. On pouvait encore voir quelques marchands tenter de ranger leurs étales sous la pluie battante faisant claquer les toiles et les manteaux. Mais nous avancions tranquillement, comme coupé du monde et des aléas naturels, nous dirigeant d'un pas assuré en direction de l'hopital central. C'était plus que certain que le défunt empereur y avait été emmené après son décès. Je devais absolument garder cette évènement en tête: j'aurais peut-être l'occasion d'écrire tout ça un jour et de devenir riche et célèbre. J'étais au coeur même de l'intrigue. Mémé serait toute folle, j'imaginais pas les ragots à l'heure du thé. C'était trop super cool. La classe atomique.

- Je crois que je l'ai le feeling, docteur Rivail.

Encore quelques mètres et nous arrivions enfin devant l'hopital ou deux gardes surveillaient l'entrée. Ils avaient l'air particulièrement sérieux et surtout complétement trempé. On pouvait noter que si il y avait eu des dispositions mises en places, il n'en restait pas moins que ceux ayant été appelés n'avaient pas eu droit à un uniforme capable de braver le temps. En nous voyant arriver, ils se rapprochèrent l'un l'autre pour bloquer complétement l'entrée. Je fis coucou de la main, me rappelant que sourire en même temps s'était mieux, ce que je fis mais trop tard.

- Bonsoir. Pardonnez-nous mais l'accès est strictement réservé au personnel ainsi qu'à la garde et aux représentants. On ne peut laisser entrer personne d'autre, pas même les familles des patients. A moins d'un justificatif, bien entendu. L'homme et la femme nous saluèrent. Ce fut cette dernière qui nous expliqua les procédures et les ordres qu'ils avaient reçu plutôt. Bien que trempée jusqu'aux os et sûrement sur les nerfs, elle paraissait aimable et prit même soin de répondre à mon sourire.

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Céosus
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Sam 9 Juin - 17:10

Le membre 'Ciel' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Espionnage' : 2, 3
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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Sam 9 Juin - 17:47

Le feeling, ou l'intuition selon ce que vous préférez (et que j'aurais peut-être ainsi dû formuler pour ma petite acolyte en déontologie délictueuse) est ce qui différencie l'excellence du simple bon travail tant chez les diagnosticiens que chez un certain nombre de professionnels. C'est pourquoi je me répète inlassablement le rôle que je me dois de tenir une fois face aux gardes. Qui se trouvent devant es portes de l'hôpital. Et qui sont armés. Et plutôt massifs de constitution. Et avec l'air d'avoir les pieds dans une bien sale journée qui n'est pas encore derrière-eux ; à croire qu'un empereur est mort. Ma démarche est inversement proportionnellement assurée à mesure que je m'approche de la maréchaussée ; et une fois arrivé, c'est à peine s'il me reste assez d'air pour respirer … alors parler … :

« Ex … pardon … je … j'ai eu un empêchement. Un patient qui ne pouvait pas attendre. J'ai … attendez …, » balbutié-je en fourrageant dans les différentes poches de mon costume, « j'ai quelque chose … un papier … une autorisation qui stipule que je suis autorisé à … tenez. »

Insigne et justificatifs sont tendus aux hommes qui nous font barrage quand, de mon autre main à ce point tremblante qu'elle semble horrifiée de s'approcher de la première, je saisis ma manche et la retrousse jusqu'à l'épaule pour laisser voir la marque des fonctionnaires impériaux : l'encre d'or qui colore les tatouages de ceux reconnus comme maîtres.

« Al … Docteur Alhazen Rivail. Maître alchimiste, chargé par le Docteur Krov lui-même de prendre sa relève le temps de son séjour. Navré … navré de devoir insister. »

Je plisse les yeux, de la même façon que quelqu'un le ferait s'il s'attendait à se faire frapper au visage … ou peut-être est-ce à cause de la pluie dont je ne suis plus abrité, puisque je ne me suis pas rendu compte que j'ai eu besoin de poser mon parapluie pour retrousser ma manche en même temps que de tendre à la garde mes différentes preuves écrites.

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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Sam 9 Juin - 18:09

Jet simple pour une Zéphir complétement déconnectée de la réalité

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Céosus
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Sam 9 Juin - 18:09

Le membre 'Zéphir Tramontane' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Espionnage' : 3, 1
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Sam 9 Juin - 18:47

Il y avait des choses qui n'allaient pas comme le fait qu'il pleuve et que l'eau pénètre de plus en plus dans mes bottes imperméable pendant que le docteur s'evertuait à bredouiller des paroles qui, même pour moi, semblaient incompréhensibles, le fait que des gardes veillent sur l'entrée, bloquant tout accès à l'hôpital, le fait, et pas des moindre, que l'empereur était décédé. Oui, il y avait des choses qui n'allaient pas. Cependant, le calme des deux soldats et leur sourire, l'ensemble des papiers à notre possession et le tatouage plus que suffisant décorant le bras du docteur et attestant de sa bonne foi étaent autant de détails positifs venant contrebalancer ceux, pour le moins, plus que négatifs. Pour être plus claire: le professeur n'avait aucune raison de paniquer à l'heure actuelle. Tout tremblotant et bafouillant, prit d'une respiration saccadée et complétement trempée, il tentait déséspérément d'expliquer sa présence aux deux soldats. Si la première semblait inquiète, son collègue commençait à se rapprocher doucement, lui demandant si elle avait besoin d'aide. Je décidais de m'avancer, remontant mes lunettes qui étaient descendues sur le bout de mon nez.

- Ce que le docteur Rivail essaye de vous expliquer c'est qu'une opération urgente doit avoir lieu. Normalement c'était le docteur Krov qui devait s'en charger mais puisqu'il n'est pas là, il a confié la tâche au docteur Rivail. On a accouru le plus vite possible dès qu'on a été mis au courant. C'est extrèmement important et nous devons agir au plus vite au risque que le patient ne décède. Je me ravançai d'un pas. Imaginez les conséquences si les habitants venaient à apprendre que la mort de l'empereur avait apportée avec elle d'autres vies à cause de l'incompétence de l'organisation. Cela serait désastreux. J'indiquai le docteur du pouce. En plus, monsieur Rivail est déjà vieux et fatigué par sa course, si il venait à faire une rupture d'anévrisme ou une crise cardiaque devant l'hopital...

- Oui... oui... vous avez surement raison. Entrez vous mettre à l'abris, ne restez pas dehors. Balbutia le garde qui nous invita à entrer. Vos papiers sont amplement suffisant. Allez vous mettre au chaud et faire votre travail.

Ceci dit, nous entrions dans le hall de l'hopital central. Les deux soldats refermèrent la porte derrière nous, Anathème passa in extremis avant que le battant ne lui ecrase la queue. J'enlevai mes lunettes, sorti un petit mouchoir sec de ma poche et les essuyaient, levant un regard satisfait vers le docteur.

- Vous avez un talent fou pour l'incursion, professeur. Je remis mes verres à leur place et souris au docteur. Vous êtes une source inépuisable de savoir ! Fis-je en levant haut les bras pour illustrer mon idée avant de les laisser retomber toute penaude. Désolée d'avoir dit que vous étiez tout vieux. On va ou maintenant ?

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 11 Juin - 16:51

C'est d'une source inespérée que l'aide nous est parvenue : Meltem ne s'est pas laissée démonter, a fait face aux gardes sans même sourciller … j'ai presque un peu honte de ma réaction qui est bien loin de tenir la comparaison. Nous sommes au moins parvenus à nous retrouver du bon côté de ce seuil ; un petit pas de franchi pour notre trio … mais un bien plus grand en direction de la vérité, qui ne nous attend qu'à quelques enjambées d'ici

« À la morgue, Meltem, mais pas avant d'avoir au moins essayé de jeter un œil aux admissions ; suis-moi –, » m'interrompé-je, arrêtant brièvement ma route pour me retourner et la féliciter : « Merci. »

… ou bien plutôt la remercier.

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 11 Juin - 16:56

Jet surprise de la part du chat
Difficile mais il connait les lieux comme sa... poche ?

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Céosus
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 11 Juin - 16:56

Le membre 'Zéphir Tramontane' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 11 Juin - 17:09

On était parvenu à entrer sans trop de problème finalement. J'étais contente, surtout que le professeur Rivail avait l'air d'aller de mieux en mieux et d'avoir repris son souffle. C'est vrai qu'on avait beaucoup marché sous la pluie: même moi j'étais un peu fatiguée et sûrement Anathème aussi d'aill... ou il avait bien pu passer ce chat ? Je regardais autour de moi, à droite et à gauche, en vain. Le docteur Rivail s'adressait à moi pendant que j'allais dans le sens contraire de sa destination, recherchant cette boule de poils infernale qui avait pris la poudre d'escampette au moment même ou monsieur Alhazen avait évoqué le fait de devoir vérifier les admissions (comme quoi, j'écoutais dans un sens). Complètement déconnectée de notre mission principale, mon attention se reporta sur le docteur à l'entente de ses derniers mots m'étant destinés.

- Oh... de... de rien ! Fière de moi, fière d'avoir enfin accompli quelque chose correctement sans faire exploser la moitier de ma chambre et brûler mes cheveux ! Par contre, ça n'empêchait visiblement pas Anathème de fuir à tout allure en miaulant comme s'il avait le feu au trousse. J'étais pourtant persuadée de ne pas l'avoir utilisé et... je me retournai. Monsieur Rivail ? Nous devrions trouver les toilettes avant. Fis-je en le tirent par la manche et en pointant un garde en train de courir dans notre direction à la recherhce du chat qui avait apparemment fait l'imbécile. Attendez. Non. On panique pas. J'ai une idée: on bouge pas. Gardez le sourire. Et retenez-vous. On ira après si besoin. Inspirez... expirez.. inspirez... expirez...

J'avoue que pour le coup c'était moi qui avait perdu mes spaghettis. Mais j'avais une solution de secours.

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Herendyll Saeros
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 11 Juin - 18:49

"Les morts ne parlent pas". Une expression commune mais pour le moins totalement incorrecte. Croyez le ou non, mais les morts s'expriment bien plus que les vivants. Nous pourrions, pour illustrer ces propos, prendre l'exemple de feu l'empereur qui est, en outre, particulièrement convenable. Dans ce cas précis, les vivants auront tendance à tenter de faire taire les morts. Une tâche que je m'évertuais à exécuter à la perfection. Mais pour l'heure, ce n'était pas ce que je tentais d'accomplir qui importait mais la scène se déroulant dans le hall de l'Hôpital impérial.

Si l'alchimiste et sa jeune élève étaient parvenus à pénétrer dans l'enceinte, et ce, malgré la garde placée à l'entrée, il n'en restait pas moins que les actions de leur affreux animal de compagnie allaient conduire à un vacarne tel qu'il pourrait venir à en réveiller les morts. Néanmoins, et je puis vous l'affirmer avec toute l'assurance dont il est possible de faire montre en pareille circonstance: cela est impossible. Revenons en aux faits. Désireux de se procurer les dossiers et différents papiers sur lesquels étaient notés noir sur blanc toutes les entrées et sorties ayant eu lieu ce jour dans l'hôpital, la vilaine créature décida d'endosser cette lourde tâche. Cela partait d'une bonne intention et aurai pu être d'une aide considérable quant à leur mission. Oui, cela aurai pu se passer ainsi. Mais dans la réalité ce fut tout autre. Non seulement l'horrible animal renversa de nombreuses étagères, sur la tête du secrétaire d'acceuil, réveilla un garde qui se releva d'un bond et lui marcha sur la queue et attira ce dernier à lui dans une chasse au chat éffrénée.

"Sale bestiole ! Tu vas retourner dehors, oui ? C'est pas dieu possible de se faire emmerder par un matou pouilleux en pleins travail. Ramène-toi et..." Il se stoppa, fixant l'homme et la fillette au milieu du hall. "Vous faites quoi ici ? Il est à vous ce chat ? Ils sont strictement interdits dans le bâtiment. Vous savez combien de tonne de microbes ça portent sur leurs poils ces machins là ?"

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Alhazen Rivail
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Ven 15 Juin - 20:14

Tout s'enchaîne vite … bien trop vite, en vérité : j'ai à peine eu le temps de formuler mes pensées que ce félin du démon (l'instant d'avant encore juste là, devant moi) reparaît à l'autre bout du hall, un garde sur les talons (si tarses et métatarses peuvent ainsi être nommées chez le chat). J'en grincerais des dents si je ne m'obligeais pas à essayer de conserver mon air d'habitué. J'essaie plutôt d'avoir des gestes et des mots apaisants à l'adresse de l'homme en arme.

« Excusez-nous ; ce chat est éduqué : il permet de repérer les fièvres chez certains patients … j'ai peut-être parlé un peu vite et il a cru nous rendre service. Je tenais à savoir si un de mes donneurs n'avait pas été transféré par erreur ; une greffe urgente m'attend dans ma clinique. J'avais besoin de voir vos dernières admissions pour savoir si mon … patient ne s'était pas égaré. »

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Zéphir Tramontane
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Dim 17 Juin - 6:16

Ca avait été au tour du docteur Rivail de réussir à concerver son calme alors que moi: j'étais une boule de panique. En attendant: le professeur ne l'était pas devenu pour rien ! Il avait tout de suite réussi à créer une excuse encore valable tant pour les gardes nous ayant fait pénétrer dans le hall que pour celui nous faisant face. Il semblait sur les nerfs, et ce que j'allais ajouter n'allait peut-être pas arranger la donne.

- Vous devriez vérifier votre état de santé, monsieur le surveillant. Si Anathème... à peine son nom prononcé que ce dernier vint s'installer dans ma capuche après un saut particulièrement souple... je disais donc: si Anathème est capable de detecter les fièvreux, c'est qu'il avait toutes les raisons du monde d'aller vous rejoindre. Je lui gratouillai le dessus de la tête, sans cesser de regarder le garde. Pardonnez-le, il aime faire son travail. Comme nous tous.

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Herendyll Saeros
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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Dim 17 Juin - 17:44

Le garde continua à avancer, s'approchant d'un pas plus posé des deux individus qui patientaient dans le hall de l'hôpital. Ses deux collègues n'auraient sûrement pas laisser pénétrer n'importe qui au sein du bâtiment.Surtout avec les ordres précis et plus que stricts dont on leur avait rabâché les oreilles ce matin même avant de les placer à leur poste. Il s'arrêta une fois à leur hauteur: ce n'était qu'un médecin relativement maigrelet et une jeune adulte tout juste sortie de l'enfance: à eux deux, ils n'auraient jamais pu entrer de force de toute manière. Il soupira.

"Excusez-moi. Plus de peur que de mal. C'est qu'on a pas l'habitude de telles intrusions." Les propos de la jeune fille le mirent mal à l'aise par contre: bonne intention, gentillesse, malice ? Cela donnait un mélange assez spécial formant un coktail particulièrement... déstabilisant. Il la fixa quelques secondes, ne sachant que répondre et comment régair. "Je... je verrais, en effet." Il détestait les hopitaux mais si en plus l'unique fois ou il avait pour charge d'en surveiller un il devait ne pas en revenir indemne... "Les admissions vous dites ? C'est par ici. Suivez-moi. Mais ne vous éloignez pas. La surveillance est très stricte. La moindre entorse au réglement et je risquerai de perdre mon emploi."

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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Dim 17 Juin - 20:10

Quand l'homme se plante devant nous, je ne me fais pas d'idées sur ce qu'il va observer : deux jeune et moins jeune gens à l'aspect à ce point inoffensifs que ça prêterait soit à en rire … soit à nous offrir un petit séjour au sein de ce bâtiment pour ne nous laisser repartir qu'une fois seulement que les bons soins des médecins et des infirmières auront suffi à nous remettre un peu d'aplomb. Meltem enchaîne avec suffisamment de détachement et de sérieux pour désarçonner encore un peu notre interlocuteur, effet que l'obéissance soudaine d'Anathème ne vient en rien perturber. Nous sommes ainsi laissés libres de nos gestes, pouvons détendre nos muscles tendus tant que le verdict se faisait attendre et nous emparer des dossiers, fichiers et autres paperasses apportées par le félin farceurs afin de les compulser. Je parcours ainsi les lignes qui relatent les différents déplacements de patients à la recherche d'un nom qui me semble correspondre à la suite des opérations, et quand enfin j'y parviens, je fais mine de le désigner à ma disciple pour lui murmurer tout bas :

« Quand j'aurai commencé à sectionner les côtes, tu retireras ta bague et feindras un malaise … si nous y arrivons, bien entendu, » ajouté-je comme je refermai les chemises cartonnées sur leur contenu rendu aux bureaux où son animal les a trouvés.

Je m'en vais chercher le nécessaire pour conserver les organes en attente de greffe pour pouvoir, le moment venu, y déposer le cœur de Félicien David qui semble attendre de rejoindre sa dernière demeure ici, au frais dans les casiers mortuaires que nous nous en allons rejoindre avec tout le matériel nécessaire en main. Mon histoire est prête, même si cette fois je crains devoir me séparer du chat qui nous suit et observe … en silence.

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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 18 Juin - 13:33

Finalement, tout c'était déroulé sans encombre. Le docteur Rivail s'avérait capable de surmonter bon nombre d'épreuves de toutes sortes: de l'ouverture d'un bocale à cornichon récalcitrant à une opération d'espionage complexe. Un homme pleins de ressource. Je remontai mes lunettes pendant qu'il feuilletait le dossier rapporté par Anathème, il m'indiqua un nom, le referma et donna la petite serviette au garde. Nous avancions plutôt aisément, il était vrai que l'idée du professeur était parfaitement encadrée. J'acquiessai à son plan, ayant l'habitude de faire tmber ma bague par mégarde. Je ne me faisais jamais vraiment mal, à moins qu'une table ne vienne me saluer lors de mon trajet pour aller rencontrer le sol. Le temps d'aller chercher le matériel qui allait nous être nécessaire et nous continuions notre chemin dans les couloirs de l'hôpital. J'attrapai Anathème encore installé dans ma capuche et le mis face à mon visage.

- On va devoir se laisser là, partenaire. On se rejoint presto.

Je le déposai sur le sol et le gartifiant d'une bonne caresse pour sa mission bien accomplie. Tout ça avant de trottiner vers le docteur. Il ne nous fallut que quelques secondes supplémentaires pour arriver à destination: la morgue.

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MessageSujet: Re: Tragique trahison: un art politique ?   Lun 18 Juin - 17:52

Mais de leur plan rocambolesque le dénouement resterai inchangé. Leurs machinations ne servant qu'à prolonger une histoire dont la fin était déjà toute écrite. En cette heure, deux dalentiens se dirigeaient fièrement en direction de la sombre réalité: achèvement de leur mission qui se revelera n'être qu'un échec cuisant face au couronnement de succès d'un scénario qui fut mûrement réfléchi des mois durant.
Qu'ajouter mis à part que les deux gardes postés soigneusement à l'entrée de la chambre froide les stoppèrent tout deux d'un geste.

"Interdiction formelle de pénétré ces lieux jusqu'à nouvel ordre." L'un d'eux s'avança. "Cette salle n'est pas disponible. Je suis surpris que vous n'ayez pas été dirigé vers les autres morgues."

"Probablement car la mise en place vient juste de prendre fin, soldat Filgram. Est-ce ainsi que nous acceuillons nos médecins désormais ?"

"Oui... non. Pardonnez mon impertinence, monsieur le député."

"Ce n'est pas à moi que vous devriez présenter vos excuses. Mais passons. Nous sommes tous plus ou moins sur les nerfs à l'heure actuelle." Sortant tout juste de la pièce constituant la dernière demeure de notre défunt Liedor, je retirai l'un de mes gants, tendant la main à: "Monsieur Rivail. Quelle surprise de vous voir ici. Mademoiselle." ajoutai-je en esquissant un léger mouvement de tête vers la jeune femme suivant le médecin à la double nature. "Vous travaillez pour le compte de monsieur Krov ? Ou est-ce un simple remplacement occasionel ?" La finalité en restait indubitablement la même.

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