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 Rencontre enchantée

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Céosus
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mer 9 Mai - 20:52

Le membre 'Warui Sytha' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mer 9 Mai - 21:12

Après quelques instants à regarder en direction de la porte en clignant à peine des yeux, Warui conclu qu’il n’y avait personne. Quelques bruits de pas. Mamma. Pappa. Rhyas. Lui souhaitant bonne nuit. Assumant qu’elle était déjà endormie quand elle ne répondit rien. Elle n’avait pas la force de parler. Pas vraiment. Seul un son rauque sortait de sa gorge quand elle essayait. Elle ne voulait pas les réveiller. Elle ne finirait pas d’entendre parler des jardins. Excepté le faisceau de lumière provenant de l’espace entre le plancher et le bas de la porte, il n’y avait aucune illumination. Il faisait sombre. Il faisait noir. Très noir.

Warui resserra ses couvertures contre elle. Malgré son déficit oculaire, elle ne voyait rien de plus que la Farid moyen. Ce soir, les ténèbres l’étouffaient. Lui rappelaient ses flammes, il y avait tout juste quelques minutes. Toute la scène se redéroulait dans sa tête, en boucle. Elle cessa de compter combien de fois elle avait abîmé les jardins, combien de fois elle avait brûlé ses lettres, combien de fois elle avait brûlé son bracelet… combien de fois elle avait blessé Zima… elle enfonçait ses griffes dans sa fourrure, dans sa chair. Ça faisait mal. Mais elle était incapable de les enlever. Elle voulait se lever mais ses jambes étaient de plomb. Son corps entier l’élançait, un pouls qui remontait dans ses temps et ses oreilles, un son de tambour assourdissant ponctué d’un sifflement perçant, qui restait sur la même note sans osciller d’octave. Plaquer ses mains sur ses oreilles ne résoudrait pas le problème.

Quand un long moment s’écoula, il n’y eu plus de bruit dans le couloir. Tout le monde devait être couché. Elle devait être la seule personne encore éveillée. Était-elle éveillée? Rêvait-elle de sa chambre noire? Il lui arrivait de prendre de son souffle quand elle rêvait qu’elle plongeait dans l’eau. Est-ce que c’était un de ces rêves. La douleur dans sa peau n’était pas imaginaire. Elle ne rêvait pas. Elle sentait ses paupières tomber. Ça elle le savait. Quand le faisceau de lumière devenait flou et transparent, elle était sur le point de fermer les yeux. Elle ne voulait pas fermer les yeux. Quelqu’un pouvait arriver à tout moment!

Shasta avait fui. Est-ce qu’il était revenu à la maison? Est-ce que la patte de Zima pourrait guérir? Est-ce que Leif la verrait encore comme une personne. Est-ce qu’on la verrait encore comme une personne et non une aberration de la nature? Elle n’était pas un monstre! Elle n’était pas un monstre! Même si elle avait les yeux rouges! Même si elle avait une fourrure sans couleur! Même si ses flammes étaient… noires… qui pouvait bien manier des flammes noires, excepté un monstre? Et si elle en était un? Elle resserra ses genoux contre son visage, les mains tendues devant son visage, même si elle ne pouvait pas les voir. Ses bras faisaient mal. Ils retombèrent sur le matelas comme des pierres. Le reste de son corps suivit. Elle s’endormit avant que sa tête ne touche son lit.

Des voix la sortirent des brumes qui lui servaient de rêves. Elle entreouvrit un oeil avec lenteur. Ses paupières étaient lourdes. Sa chambre était illuminées. Les gens commençaient une nouvelle journée. Elle était couchée sur le côté, dans une position qui aurait été inconfortable autrement. Elle avait moins mal, mais elle avait la sensation d’avoir été rouée de coups en entraînement. Des cognements à sa porte. Rapides. Forts. C’était qui? Avec appréhension, elle réussit à se mettre debout sur ses jambes tremblantes, marchant pas à pas, lentement, vers la source du bruit. Elle tourna la poignée et tira assez pour voir…

Zi… Zi… Zima!?! Shasta!?! Warui lâcha la poignée de porte avec un visage horrifié et fit volte-face si vite qu’elle faillit en perdre l’équilibre, tanguant pendant qu’elle courait vers son lit et ses couvertures en désordre. Elle voyait maintenant que les draps étaient tachés de saleté, s’étant salie elle-même sur tout le corps durant la nuit. Elle plongea sous son lit avec force, ses griffes éraflant le plancher de bois. Elle se terra le plus creux qui lui était possible. Jamais des gens ne l’avaient autant effrayée, même si malgré eux. Les oreilles plaquées contre son crâne, la fourrure hérissée, les pupilles complètement arrondies, respirant comme si elle venait de courir la circonférence d'Alserd, Gersemi redoutait ce qui allait suivre. Elle tremblait comme si elle sortait d’un lac gelé.

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Shasta Targavin
Terreur des bacs à sable
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Jeu 10 Mai - 20:00

La porte s'entrouvre avec autant de lenteur que d'incertitude sur la figure hirsute d'une petite Gersemi qui a semble-t-il choisi de sauter l'étape de la toilette pour aller rejoindre son lit sans escale ; elle a les oreilles basses, mais qui se soulèvent vite et haut dès qu'elle semble comprendre qui apparaît à son seuil ; débarrassée soudain de toute la fatigue qui pesait un instant plus tôt seulement sur ses traits, elle ne prends pas même le temps de finir de nous ouvrir que la voilà déjà échappée. Je l'entends par trois fois faire cliqueter et déraper ses griffes sur plancher, hésiter avant que, prise de panique, elle de fasse le choix d'aller se réfugier sous son lit. Cachée là, il n'y a plus que sa respiration qui pourrait encore la trahir. Les bandes blanches qui couvrent la main de Zima se posent sur le battant et le poussent. Elle les a changé de frais, et ils sentent un peu le vert et l'iode ; en dehors des excuses et des explications que je vais devoir fournir, ma grande sœur ne m'a renseigné en rien ce matin. J'ai faim, et ça se tourne et se retourne dans mon estomac noué jusqu'à le faire gronder ; elle n'y prête pas attention, ou alors elle ne le montre pas, et elle me fait faire quelques pas en avant jusqu'en avant, dans la chambre. Je me balance d'une patte sur l'autre, pas très sûr de ce que je devrais ou même de ce que j'aimerais dire maintenant : tout se bouscule dans ma tête, et je ne parviens à rien m'expliquer. Absorbé dans la contemplation des nœuds des boisures qui couvrent les murs, ou alors par les joints parfois apparents qui séparent certaines des planches au sol les unes des autres, j'entends ma voix qui déraille, s'emmêle, trébuche, hésite, récite :
    « Je … je suis désolé, Gersi … pour les lettres, je sais que tu as passé beaucoup de temps dessus, et j'aurais même pas dû les toucher ; j'aurais pas dû non plus entrer dans ta chambre.
    – Pourquoi ?
     »
demande alors la voix sévère de Zima. Je dois m'y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à prendre mon inspiration, mais elle ne suffit pas pour m'élancer assez et me faire répondre, tout simplement parce que je ne sais pas ; ou plutôt si, mais je me sens idiot, et ces raisons ne me conviennent pas … ou plus. J'aimerais qu'elles sonnent comme elles ont sonné pour moi sur le moment, quand j'étais inquiet pour elle, mais ensuite je me souviens et je sais que je suis aller sur le toit, et que là ce n'était pas pour elle, mais c'était pour moi. Je suis mal à l'aise, et j'aimerais bien quitter la chambre ; Zima m'avait dit qu'on serait dans le couloir, sauf que Warui ne semble pas décidée à sortir de dessous son lit. Je grommelle, n'arrive toujours pas à regarder ni Zima ni Gersi.
    « Ben … enfin … j'aurais pas dû parce que ce n'est pas ma chambre, et c'étaient pas mes lettres, et que si je voulais savoir quelque chose dessus, j'aurais dû demander à Gersemi … j'aurais dû te demander à toi, Gersemi … mais je l'ai pas fait, et c'était un peu … enfin, c'était très nul, et je regrette, et, » je m'essuie le nez, cille très fort avant que ça veuille bien sortir : « et je te demande pardon, Gersemi. »
Je n'arrive pas à le dire, pour le toit, pour le briquet ; parce que le briquet, j'aurais juste pu l'avoir sur moi quand je suis tomber, ou il aurait pu être là par hasard, et je me dit que cette possibilité, si je ne la dément pas, ça la rend un peu vraie … même pour moi. La voix un peu haute de ma grande sœur s'élève derrière-moi, elle demande à ma pelsøster en quoi elle elle est aussi concernée par ce dialogue, et ce qu'elle pense devoir nous dire, tout ce qu'elle doit expliquer et qu'elle expliquera aussi à la table du petit déjeuner quand tout le monde sera là et pourquoi tout ça a fait ou aurait pu faire du tort. Enfin, même si en fait, elle lui dit juste à toi avant d'expliquer tout ça après un moment.

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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 11 Mai - 1:50

Réfugiée sous les planches de bois qui constituaient le support de son lit, Warui tentait de reculer le plus profond possible. L’élan qui s’était emparé d’elle la quitta rapidement. Elle tremblait surtout de fatigue et ses grognements d’estomac accompagnaient ceux de Shelumiel. Ayant peu dormi, son corps n’avait pas pu se mettre au repos aussi longtemps qu’il aurait fallu. Elle était affamée. Mais elle craignait de sortir. Les gens avaient du voir les jardins. Et comprit. Comprit que c’était sa faute. Zima et Shel entrèrent tous les deux. Elle ne pouvait reculer encore plus. Son arrière-train était contre le mur. La queue entre les jambes, elle n’entendit son pelsbrør qu’à moitié. Elle entendit ses excuses. Qu’il était la cause.

- T’as pas l’droit d’entrer sans me demander! cria Warui pleurs. T’as pas le droit! Oui t’aurais pu demander! T’aurais pu! C’est mes lettres! C’est à moi! J’ai le droit de pas les partager! J’ai le droit!

Elle hoquetait sous les sanglots, les yeux fermés.

- J’allais te voir… je t’avais emmené du dessert parce que t’étais pas descendu pour manger… parce que… parce que… parce que je voulais… te dire… pourquoi je voulais être seule… avec Leif…

Elle plaqua ses mains sur sa tête, reniflant. Elle n’arrivait à s’arrêter. Elle était tout aussi coupable que lui. Plus coupable que lui. Et ce fut son tour. De parler. Combien de temps passa avant qu’elle puisse retrouver sa voix. Sa respiration empira sous la pression. Elle n’osait pas regarder Zima. La pression des deux Targavin qui la fixaient l’écrasait.

- Je… je voulais.. voulais pas… voulais pas… faire mal… voulais pas faire à Zima… gémissait-elle. Je voulais pas… je sais pas… sais pas pourquoi… j’ai vu rouge… juste rouge… j’ai fait mal à Zima… j’ai fait mal à Zima…

Elle resserra ses bras contre elle. Elle s’affaissait sur le sol, épuisée. Elle regrettait ses actes. C’était elle la coupable.

- C’est ma faute… c’est ma faute… aurais pas du… aurais pas du me fâcher… aurais pas du me fâcher… c’est ma faute… c’est pas la faute de Shasta… pas Shasta! C’est ma faute! C’est ma faute! C’est moi qui a brûlé Zima! C’est ma faute!!

Elle cacha son visage dans ses mains, le visage imbibé de larmes de morve qui coulaient à flot.

- Veux pas être un monstre… veux pas être un monstre… suis juste un monstre… j’ai fait mal… je voulais pas faire mal… je sais pas pourquoi… ça m’a prit d’un coup… c’est venu tout seul… je veux pas être un monstre… c’est ma faute…

Sa gorge était si serrée, sa voix cassait vers la fin. C’était comme si ses poumons refusaient de se remplir d’air.

- Veux pas… pleura Warui en manquant de souffle… pas perdre… veux pas perdre… Zima… Shasta… Leif… veux pas… veux pas…

Elle ne voulait être seule à nouveau! Elle ne voulait pas être la boule de poil à part des autres encore. Elle ne voulait pas être la curiosité! Elle voulait qu’on la voit comme Gersemi. Pas comme Treize.

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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 11 Mai - 8:41

J'arrête Gersemi d'un simple mouvement de main et d'une réplique sévère, froide :
    « Dis simplement que tu acceptes ses excuses, ou ne dis rien. »
Shelumiel a rentré sa tête dans ses épaules, loin d'être fier devant les propos enflammés que tient la petite dont seule la truffe rose dépasse encore d'entre les pieds de son lit. Elle oscille entre rage et désespoir, ce que n'arrange en rien son épuisement manifeste ; je la reprends pourtant, pour qu'elle se calme mais comprenne aussi de ses erreurs :
    « Si tu as des excuses à présenter, ou des explications à donner à quelqu'un ici, adresse-toi directement à la personne concernée, Gersemi. Prend le temps qu'il te faut, mais soit claire dans ce pourquoi ton comportement hier est lui aussi en tort et quelles auraient pu être les conséquences si je n'avais pas été là pour t'arrêter, ou si Leif avait été présent. »
Quelles eussent-elles été, je ne le sais que trop bien : je ne tiendrais pas aujourd'hui les épaules de mon petit frère pour faire se confronter les deux enfants ; personne n'aurait pu tenir les épaules ni des deux Targavin calcinés, ni même du jeune Berengari ; et même indemnes, un nom avait dû être prononcé que le fiancé ne devait pas voir porté à sa connaissance. Nous avons eu la chance d'éviter le pire aujourd'hui, mais combien de conflits pourront être ainsi évité in extremis dans le futur ? Seul l'avenir saurait nous le dire ; l'avenir, mais aussi l'éducation que la jarl saurait inculquer à son héritière avec cette fois tout le sérieux dû à son rang. J'essaie de rappeler celui-ci à l'enfant sauvage réfugié dans les ombres aux coins de sa chambre :
    « Gersemi Sytha, treizième Warui du nom, future jarl de cette province et garante du culte – levez-vous. Est-ce ainsi que vous reconnaîtrez votre part de responsabilité chaque fois que les peuples et les ambassades auront à vous demander des comptes ? Montrez-vous, et exprimez-vous avec la clarté qui échoit à votre place. »

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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 11 Mai - 12:06

Musique

Zima n'avait pas vraiment attendu. Son ton sec fouettait l'air. C'était plus sévère que leur première journée. Plus grave. Plus imposant. Malgré la taille de la magus brune, elle prenait tant de place dans sa chambre. C'était un ton qui demandait une réponse sans détour. Mamma et Pappa allaient utiliser ce ton aujourd'hui. Rhyas ne ferait rien, parce qu'elle n'était pas la fille de Rhyas, et parce que Mamma et Pappa ne lui feraient jamais mal. Sauf une gifle, comme Zima avait fait hier. Ça n'avait jamais été plus loin.

Et... bien sûr... Zima avait les bonnes raisons de pourquoi son comportement était inacceptable, indigne de quelqu'un de son rang. Ça ne servait à rien de protester. Warui le savait aussi. À se le faire dire au moins une fois par jour, ça devenait gravé dans son esprit, comme si on lui mettait une pancarte dans un sonvisage, qui restait avec elle peu importe où elle allait et regardait. Certes, la voix de la kjöpmann était plus calme, mais tout aussi impérative. Comment refuser d'obéir? Il y avait une mesure où Warui pouvait donner des ordres mais savoir reconnaître qui écouter était vital. Elle ne pourait pas agir ainsi devant la Drönning de Syab, et ce malgré l'amitié qui la liait à Mamma.

Warui regarda Shelumiel et Zima un moment, dans un silence ponctué de sa respiration. Elle tendit un bras devant elle pour se tirer hors du lit, poussant avec ses pattes. Le plancher était si confortable pourtant, on finissait par s'y habituer. Une fois sortie, affalée sur le sol comme un tas de draps souillées, elle se leva avec lenteur, manquant de tomber à quelques reprises. Elle n'était pas belle à voir, avec ses cheveux en désordre, sa fourrure hirsute, son pelage maculé de saleté et sa posture exténuée. Ses bras et sa queue pendaient mollement, elle se faisait violence pour ne retourner sur le sol à l'instar de rester debout. Elle avait le choix: accepter ou refuser les excuses de son pelsbrör. Elle avait le droit de refuser. On lui en voudrait si elle refusait? N'était-ce pas enfantin de refuser? Et mature d'accepter? Elle voyait qu'il s'en voulait, il était sincère. Shasta pouvait être un diable mais il pouvait regretter ses actes.

- ... j... j'ac... cepte... dit Warui en le regardant.

Parce que c'était à lui qu'elle devait le dire. Pas aux murs, pas au plancher, pas à Zima. À lui.

- Je voulais te rattraper...expliqua la petite qui tentait de retrouver un rythme de respiration normal, pour te parler... je voulais pas te faire tomber... j'ai glissé... j'étais pas fâchée... j'avais peur que tu te sois... fais mal... tu es parti si vite... quand j'ai vu les lettres... j'ai pas pu comprendre que tu t'en voulais... parce que j'ai vu le briquet... celui quand on a joué avec les lumières...

Elle déglutit avec peine. Cette fois elle devait regarder Zima. Sa contenance failli briser quand elle croisa les yeux miel de sa tutrice.

- J'ai juste vu... compris... que Shasta voulait les brûler... quand il savait... à quel point avoir Leif comme ami... est important... normalement... normalement oui j'aurais quand même été fâchée... oui j'aurais eu des flammes... mais...

Une pointe de peur monta dans sa voix et apparu dans ses yeux sanguins.

- C'était pas normal... fâchée comme ça c'était pas normal... mes flammes aussi grandes c'était pas normal... je sais pas pourquoi ça a fait ça... j'aurais du... normalement j'aurais du... exploser d'un coup et ça aurait retombé tout seul tout de suite après... mais je voyais rouge... juste rouge... je voyais juste des formes... je... je t'ai pas reconnue, Zima... Je voyais quelqu'un... mais je t'ai pas reconnue... c'est comme si... j'étais...

Elle devait s'arrêter et chercher ses mots. Qu'est-ce qui s'était passé? Comment ça s'était passé? Pourquoi ça c'était passé? C'était arrivé si vite, si soudainement, elle ne se souvenait pas de tout, c'était flou dans sa mémoire, comme si son esprit voulait l'oublier.

- Je voulais... suivre Shasta... je voulais...

Ses mains commencèrent à tressaillir. Elle était incapable de continuer. Parce que la suite de ses pensées l'horrifiait. Ce qu'elle voulait faire hier soir... c'était trouver le Targavin et le tabasser.

- J'aurais pu... t... tu... tuer... des gens...

En disant cela, ses yeux s'ouvrirent. Elle ne voulait pas croire ce qu'elle venait de dire. Elle essayait de garder son calme, essayait de respirer après que cette révélation lui ai donné un coup à lui en couper le souffle. Si Leif serait resté, si Zima n'avait pas prononcé son nom... ses flammes maudites auraient dévoré bien plus que les quelques objets inanimés facilement remplaçables. On ne remplaçait pas une vie.

- J'aurais pu... être... capable de... de... t... tu...

Elle manquait d'air, elle manquait de souffle, elle hyperventilait. Elle ne pleurait pas. Ses yeux avaient fini de pleurer. Tout son corps tremblotait. Elle aurait pu... si la jeune alkymist n'aurait réagir si vivement... tuer Zima... Leif... les domestiques... si personne ne l'arrêtait... sa magie était capable d'effacer des vies!

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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 11 Mai - 13:25

Gersemi semble enfin entendre la leçon que je lui donne ; ce qu'elle entends surtout, c'est raison. Elle réfléchit un temps où je sens les épaules de mon petit frère se tendre sous la pression de mes mains ; et quand enfin son amie et future jarl rend enfin son jugement et dit lui accorder son pardon, le petit mâle est saisi d'une nouvelle série de larmes silencieuses qui accompagnent le soudain relâchement dont il est tout entier parcouru. Plusieurs fois, il la remercie, et ne cesse que quand celle-ci reprend la parole pour prendre ses responsabilités en main ; elle s'est lentement dégagée du couvert des ténèbres qui règnent dans ses quartiers et nous fait face. Ce n'est qu'à présent, semble-t-il, qu'elle est frappée par ce qu'il aurait pu advenir de chacun hier si tout s'était passé autrement ; ô combien nous avons été chanceux, mais surtout comme nous aurions pu ne pas l'être. Ce n'est pas encore toute l'ampleur de la situation, qu'elle parvient à saisir, mais elle comprend au moins combien de vies étaient en jeu hier et comme en comparaison sa réaction avait pu être excessive. J'ai la voix bien plus calme quand je choisis de lui expliquer point par point, sans rien omettre :
    « Ta réaction t'a tout d'abord fait perdre ce qui t'était si cher ; elle a ensuite bien faillit coûter leur vie à plusieurs de tes amis, mais surtout, et retiens-le bien, à des représentants de familles qui sont aussi bonnes pour les Sytha qu'elles sauraient aisément leur être fatales. N'oublie pas que ton titre pourrait ne rien valoir dès lors qu'un fils de thane aurait pu périr par ta main, et si à la revanche de celui-ci s'étaient jointes les forces des Targavin qui ont confié la sécurité de deux de leurs enfants à ta mère. Tout ce que les Sytha ont construit, tout ce que ta mère a maintenu et le peuple tout entier que tu aurait dû servir un jour auraient pâti de ton manque de tempérance. Tu n'es pas un monstre, mais tes enfantillages ont failli coûté très cher aux Woktans tout autant qu'aux étrangers qui partagent ton toit. »
Je m'écarte du cadre qui mène au couloir et l'invite d'un geste à me suivre.
    « Va te débarbouiller. Nous allons maintenant à la table du repas, où chacun s'excusera encore de ses agissements auprès des personnes concernées avant de prendre ne serait-ce qu'une bouchée du pain qui est le sien. »
Après quelques enjambées raides entre les murs qu'éclairent quelques fenêtres de leur clarté blêmes, je signale à une domestique de passage qu'il faudra signaler à l'équipage des Berengari qu'ils pourront se rendre dans la Gand'Salle pour y retrouver leurs hôtes ; je sais outrepasser ma position en agissant de la sorte, j'espère toutefois pour Elleira que celle-ci ne viendra pas me faire la plus petite remarque à ce sujet, où je n'attendrais pas d'être au repas pour lui faire la morale.

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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 11 Mai - 17:54

Zima avait plus que raison: La jeune Sytha vivait dans un monde où le bien-être des autres thanes et invités était d’une grande importance. Face à Davoh et Skavot, Wotkal ne ferait jamais long feu. C’était pour cela que Mamma marchait sur des oeufs, les gardant intacts par miracle et chance. Avec la confiance placée en Mamma par les Targavin et Midas… elle frissonna à cette idée. Et quand la pensée de perdre Leif, quand les Berengari avaient accepté que leur fils unique se marie à une future jarl. Et quelle future jarl. Des millénaires à maintenir leur territoire et elle avait risqué de tout foutre en l’air pour du papier! L’amplitude de sa surréaction la frappait et elle se maudissait pour avoir agir ainsi. Elle était mieux que ça! Elle devrait être mieux que ça! Zima avait raison… là où d’autres enfants auraient pu piquer une crise de colère avec pour seules retombées des coups, des insultes, des cris, Gersemi ne pouvait pas se permettre de telles choses et c’était un des aspects de sa vie qui lui déplaisait, même si elle comprenait et acceptait sa situation. Parfois, elle voulait crier, taper sur des choses, se laisser aller et s’emporter comme les autres enfants. C’était ça naître dans une famille dirigeante et devoir maintenir le statut. Elle n’était pas un monstre… mais une enfant qui voulait grandir comme les autres mais qui devait composer avec de multiples barrières.

Invité à suivre la vindmagasin une fois lavée, Gersemi acquiesça de la tête et attendit que les deux Targavin sortent. Elle alla mettre un peignoir sur le dos et prit de nouveau vêtements de son armoire, mettant ses vêtements sales dans le panier qu’un domestique viendrait ramasser pour les laver. Mamma et Rhyas étaient déjà passées par les bains. L’air était agrémenté de fragrances sucrées et boisées. Elle se lava avec lenteur, frottant sa fourrure pour enlever les taches brunes, verts et grises qui s’étaient incrustées durant sa courte nuit de sommeil. Elle nettoya son visage à grande eau et inspecta ses oreilles. Rien à faire pour son regard épuisé. Elle s’habilla une fois séchée et la fourrure pouffie. Warui avait deux manteaux. Et les deux étaient sales. Elle serait donc en tunique brune et veste rouge par-dessus, décorée de son écharpe dorée habituelle. Trop lâche pour tresser ses cheveux, elle les peignit pour qu’ils ne soient plus en désordre au moins. Elle nettoya ses bracelets en or qu’elle remit à ses bras, repensant à celui en bois, désormais évaporé à jamais. Certaine de ne rien avoir oublié, elle sortir des bains et se dirigea vers la salle à manger, s’agrippant à la rambarde des escaliers pour descendre d’étage, prenant soin de laisser passer les gens et de se glisser entre eux.

Elle ouvrit lentement la porte et ils étaient déjà là. Zima et Shel l’avaient devancée de loin. Elle avait quand même prit son bain. Mamma était au centre, sur sa chaise. Pappa à sa droite, Rhyas à la droite de Pappa. Pas un bruit. On aurait pu entendre une mouche voler. Et des paires d’yeux qui la fixaient. Elle. Elle ne pouvait s'agripper à personne, ni se cacher derrière quelque chose. Oh Mamma la fixait… Ses jambes étaient sur le point de la lâcher. Pouvait-elle rejoindre les autres à la table? Ou non? Devait-elle s’expliquer avant? Parce que Mamma ne disait rien mais la petite savait que quand Mamma était comme ça il fallait attendre son tour.

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Alistair Berengari
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Sam 12 Mai - 9:26

Ce que l'on pouvait affirmer, c'était que la journée avait été riche en rebondissements. Si je m'attendais à autant de péripéties lorsque je partais de chez moi ce matin même, j'aurais probablement accéléré la cadences pour arriver. Je longeai les couloirs, retournant dans la chambre que je partageai avec ma laerer. D'ailleurs, cette dernière de vait se demander ce qu'il m'était advenu depuis que je l'avais laissé. Effectivement, lorsque j'entrai, une longue discussion eu lieu, reposant sur les événements s'étant produits mais de bien d'autres choses. Mes impressions, mes ressentis, ses intuitions et comment nous comptions nous organiser pour les jours suivants.
Nous allâmes nous coucher, la nuit fut particulièrment courte mais pour le moins reposante. Le soleil nous acceuilli rapidement, Asta et moi nous préparâmes, prenant des vêtements propres et nous faisant une toilette fraiche avant de devoir aller rejoindre nos hôtes pour le petit-déjeuner. Malgré toute l'application et le coeur qu'elle mit à l'ouvrage, ma laerer ne parvint pas à faire retomber mes mèches, toujours aussi tenaces et enclines à nous désobeir. Il ne fallut pas longtemps avant que quelqu'un vienne frapper à la porte. Asta alla ouvrir, laissant pénétrer une jeune femme dans la pièce nous recommandant de descendre rejoindre le reste de l'assemblée déjà réunie en bas. On ne se fit pas prier. Nous suivîmes la servante, traversant une fois de plus les vastes couloirs du bâtiment. Au plus profond de moi, je souhaitais que tout le monde avait pu se reposer et laisser derrière eux les litiges de la veille. Moi qui ne voulais pas éveiller de division quant à ma personne, c'était plus que raté pour le coup. D'une démarche droite et sûr, tout comme ma laerer, nous entrâmes dans la salle à manger ou l'ambiance qui y régait était plus que glaciale. Si l'on m'avait dit à cet instant que la spécialité des Sytha était la maitrise du feu, j'en aurais ri. Je crois. Pour l'heure, aucune envie de m'amuser. Tous étaient derrière leur chaise, attendant les derniers venus. Asat s'approcha de son emplacement après une vive salutation, le siège libre à côté m'étant destiné. Je saluai à mon tour d'une intense révérence l'ensemble de l'attablée. Cependant, je ne pu rejoindre mon siège directement, voyant la jeune Warui paralisée à quelques mètres de la porte, muette, semblant attendre l'inéluctable. M'approchant doucement, je mis une patte ferme sur son épaule et lui partageais un regard solennel, souhaitant lui transmettre un peu de soutien et de courage. Elle ne pourrait pas éviter cela, ce faire sermoner en public était loin d'être agréable et arrivait au moins une fois dans la vie de toute personne. Néanmoins, il y avait une leçon à en tirer. On en ressortait toujours plus fort. Les oreilles hautes, je rejoins finalement ma chaise, restant debout derrière comme toutes les personnes présentes. Tout le monde avait sa part de responsabilité face aux événements de la veille.
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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Dim 13 Mai - 0:09

Il ne manquait plus que leurs invités. Pas un ‘salut’ ou un ‘bon matin’. Le temps entre maintenant et l’arrivée des invités parut durer une éternité, impression renforcée par la douleur musculaire dans ses jambes. Leif arriva avec sa laerer, celle dont il avait tant de respect envers. Pappa les salua, Mamma aussi, Rhyas regardait Asta du coin de l’oeil sans la lâcher, faisant semblant de regarder ailleurs si les deux femelles noires croisaient les yeux. Elle se rendit à sa place en premier. Leif prit un court instant et un détour pour se rapprocher de Warui, tenter de la rassurer quant à ce qui allait se dire. Du regard, elle le supplia de rester avec elle mais il rejoignit sa chaise. Elle était seule contre l’attablée. Elle déglutit avec difficulté, la gorge sèche sous la nervosité, les oreilles collées contre son crâne, la queue entre les jambes. Mamma prit la parole et cassa le silence qui était revenu après les salutations:

-J’attends des explications.

Warui recula une patte vers l’arrière. Par où commencer?

- Les jardins brûlés!! Expliques!

Les flammes des torches et du feu qui réchauffaient la salle devenaient bleus. Mamma était très en colère. Pappa voulu mettre une main sur l’épaule de Mamma pour la calmer un peu, elle bouillonnait visiblement, mais Mamma le repoussa.

- Ellie…
- Pas maintenant!
- Elleira, supplia Surric.

Il n’avait pas besoin d’en dire plus. Warui était leur benjamine, leur trésor, leur bijou et l’être pour qui la Jarl se jeterait dans les enfers. Exceptés Surric et Rhyas. Elle prit une bonne inspiration.

- Expliques, demanda-t-elle de nouveau à sa fille.

Calmée, Gersemi eut moins de difficultés à raconter ce dont elle se souvenait de la veille: la chambre, Shasta qui tombe, les lettres, sa colère et la brûlure de Zima. Mamma réfléchissait.

Rage du berzerk? demanda Rhyas. Mais ca ca ne s’est pas vu depuis…
Depuis Ragnar Blodhånd…


Non. Ce n’était pas la première fois. La première fois remontait à quand Warui avait usé de sa magie, à huit ans. Elle avait réagi à du harcèlement et brûlé la fourrure de ceux qui ne la lâchaient pas. Mais ce n’était pas aussi grave en terme de blessure que la veille. Ils devraient la surveiller encore plus… Warui se balançait d'une patte à l'autre. Ellie se dit qu'elle l'avait assez fait souffrir en la gardant devant tout le monde comme une exhibition. Elle lui fit de venir s'asseoir à table, à ses côtés. La petite tangua légèrement jusqu'à sa chaise et s'installa.

- Tu restes à la maison, toute la journée, lui ordonna sa mère. Je ne veux pas voir une griffe en dehors des portes principales.

Gersemi se dit que c'était pas plus mal, elle avait de dormir toute la journée.

- On verra, pour la promenade, ajouta Elleira plus doucement. Mais pas aujourd'hui, ni peut-être demain.

Elle voyait que sa fille était vidée, elle avait besoin de manger, se calmer et se reposer. Mais elle regarda Zima et sa main recouverte de bandages. Shel avait l'air secoué lui aussi, mais beaucoup moins que sa pelsöster.

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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Lun 14 Mai - 14:12

Nous sommes suivis de près par Gersemi quand nous rejoignons le reste de nos commensaux ; là, nous voyons Leif qui nous salue tous d'une profonde et solennelle révérence avant de passer derrière-nous, allant en direction de mon élève au museau bien bas quand elle vient à franchir le seuil. Ses yeux n'osent pas se fixer là où se trouverait l'un de ses proches, et même après la tentative infructueuse de contact rassurant de son promis, la petite boule de poils couleur de neige ne paraît pas décidée à prendre la parole, et le silence s'installe. S'étire … puis se brise en éclats de voix tranchants comme le verre alors que nous plaçons seulement nos mains sur nos dossiers (moi, du moins, puisque Shelumiel ne sait pas où se mettre, dans tous les sens du terme). Les différents foyers de la salle pétaradent et s'étincellent de bleus cérulés et azurins au rythme des montés de voix qui percent et frappent contre les murs pour revenir en échos jusqu'à nous. Gersemi, une fois sa mère apaisée, s'est ensuite lancée dans le récit de tout ce qui s'est passé la veille depuis le moment où elle a quitté la salle. Les silences succèdent aux mots, et à ceux-ci les murmures. La sanction qu'énonce la jarl ne me convient pas, et j'aimerais que l'une tout comme l'autre se rendent compte de ce qui a été en jeu hier. Je m'éloigne de table, et n'hésite plus, poussée encore par la rage et la peur que j'ai eu d'avoir été si près de perdre le frère dont j'ai l'entière garde :
    « Excusez-moi, » annoncé-je sèchement, « j'aimerais aussi que des excuses soient prononcées tant envers les Berengari que les Targavin présents aujourd'hui aux vues des risques qu'ils ont pu courir hier ; au-delà des excuses de votre fille, c'est aussi mais surtout les vôtres en votre nom et titre de jarl qui doivent aujourd'hui être prononcées puisqu'en tant que telle vous avez à votre charge non seulement la sécurité de votre province, mais aussi et surtout celle de votre domaine. »
Je tiens ensuite mon frère par les épaules comme pour le présenter à l'assemblée ; il n'ose pas sortir sa tête de ses épaules, écrasé par les regards de tous. Il sait, sans que j'ai besoin de le lui dire, ce que j'attends de lui … ce qui est malheureusement bien loin de l'enchanter. Je poursuis :
    « Quant à Warui, j'aimerais qu'elle participe et aide à chacune des étapes de la reconstruction du jardin qu'elle a détruit ; j'aimerais qu'elle assiste les domestiques dans leurs tâches qui viseront à rendre au lieu son apparence précédent l'incident. »
Je serre ma prise avant de laisser mon cadet prendre la parole ; les oreilles et la truffe basses, il doit prendre une longue et profonde inspiration avant de se lancer lui aussi dans la série d'excuses qui lui est due :
    « Je demande pardon à Warui pour avoir pris son courrier sans son autorisation, et aussi être entré dans sa chambre sans qu'elle soit là ; je suis désolé, Berengari, d'avoir causé du souci en allant en ville quand j'ai été découvert, et aussi pour avoir pris des lettres qui ne m'étaient pas destinées ; et je suis vraiment désolé aussi, madame la Jarl, pour ce que j'aurais pu causer comme tort à toute votre province en faisant ça. Désolé, » il hésite, je tente une série de signes pour lui souffler la suite qu'il lit avec lenteur, « au nom de … en mon nom et celui de tous les Targavin, ainsi que Imbir qui nous a confiés à vous. »

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Elleira/Rhyas Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Lun 14 Mai - 16:37

Les souverains de Wotkal avaient été bénis par trois enfants calmes. Astrid et Asger n’avaient que rarement causé problèmes et déboires. Les punitions avaient été rares et dispersées. Warui était plus difficile à contenir, plus gâtée aussi. Même si son attitude générale avait fait des progrès fulgurants depuis les derniers mois, elle n’était pas encore une enfant responsable à toute heure du jour. Il y avait encore parfois cette attitude de princesse, même si amoindrie par l'éducation sociale que ses parents lui avaient donné. Mais s’emporter ainsi était une occurrence rarissime. Elleira n’aimait pas punir gravement sa benjamine. Elle n’aimait pas punir tout court. Elle voyait que sa fille regrettait la veille, qu’elle avait franchi une ligne. Une ligne qui devait être bien comprise, à entendre Zima qui alla devant la Reine de Wotkal avec son lille brør. Elle demandait rétribution. Sévère. Gersemi se recroquevilla sur sa chaise quand la Targavin énonça la punition qui lui paraissait appropriée.

Elleira baissa les oreilles, laissant Zima et Shelumiel parler jusqu’au bout. Rhyas jetait des coups d’oeil penauds à sa lille søster. Ellie savait pourquoi. Zima exigeait des excuses de la part de la Jarl. Celle-ci ne pouvait la contredire. Elle ne le savait que trop bien. Elleira s’adossa contre son siège, regardant les deux exilés. La lumière des flammes perdit sa teinte cérulée et redevint d’un jaune-orange vif et énergique. Visiblement, Surric redevint moins stressé et Rhyas aussi. Gersemi regardait ses pattes, n’osant regarder sa tutrice.

- Il est vrai que le blâme doit retomber sur moi, dit Elleira. C’est moi qui aurait dû envoyer des gens vérifier l’état de Shelumiel, moi qui aurait dû demander à ce que Warui soit surveillée. Pour être au courant plus tôt et intervenir accordement.

Zima n’aurait pas été brûlée. Shel n’aurait pas été blessé ni en danger, ainsi que Leif. Les jardins auraient été détruits mais Elleira aurait pu arrêter sa fille.

- Je tiens à m’excuser, envers vous deux, envers votre famille et clan et ainsi qu’envers les Berengari, au nom des Sytha et en mon nom, d’avoir fait preuve de négligence qui aurait pu avoir des conséquences dévastatrices envers mon peuple.

Warui se tordait les doigts. Surric lui adressa un sourire qui se voulait réconfortant. Toute assurance que la petite parut reprendre s’effaça quand Elleira poursuivit:

- Je reconnais la gravité de la situation et des actes qui ont été commis en mon domaine, et veillerai à prendre les mesures nécessaires et adéquates pour y remédier. Shelumiel, étant sous la garde de ta søster, je n’ai aucune autorité concernant ton châtiment. Zima y verra. Ma fille, par contre…

Gersemi leva timidement les yeux vers ceux de sa mère, appréhendant ce qui allait suivre.

- ... devra effectivement assister ses futurs employés en aidant à remettre les jardins en état.

La petite albinos crut qu’elle allait s’étouffer.

- Et ce dès le repas terminé.
- M… Ma… bégaya la snøvixen.
- Ma décision est prise, Treize. Jusqu’à ce que les jardins soient réparés et à mon goût.

Warui savait qu’elle l’avait mérité. Dès le repas fini, et elle ne pouvait pas traîner par exprès. Serait-elle capable de travailler toute la journée sur plusieurs jours, elle arrivait à peine à marcher droit. Pas le choix... elle devrait encaisser.

- Sis, dit Elleira à Rhyas.

La Farid d’encre eut un hochement de tête. Elle avait compris. Pas de magie, mais elle surveillerait Warui sans faille. Elleira s’occuperait de Leif et d’Asta.

- Pire Jarl de tous les Sytha, marmonna Ellie.
- Tu n’as pas eu droit à la même éducation que tes prédécesseurs, lui dit Surric. Tu as dû apprendre sur le tas. Tout va bien aller.

La magus de feu lui adressa un faible sourire avant de regarder les Targavin de nouveau.

- Ça ne se reproduira plus, Zima. Je te le promets…

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Alistair Berengari
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mar 15 Mai - 5:00

La tension était plus que palpable. Avant que le discours de Zima ne vienne calmer les ardeurs de la Jarl, les feux éclairant la salle d'une intense lumière bleue n'avaient pas été sans m'hérisser le poil, quand bien même je ne laissais rien paraitre de mes ressentis concernant la scène. Ce qui était certain c'était que les Sytha avaient un singulier soucis en ce qui concernait la maitrise de leurs émotions. Si j'avais parfaitement suivi l'histoire racontée par Warui et les accusations dont elle faisait l'objet, tout cela résultait d'un vol de courrier. La relation épistolaire établie entre la jeune farid et moi-même avait pourtant très probablement été surveillée de près à notre "insu", d'ou l'interêt à ne jamais délivrer d'informations importantes ou personnelles dans ce type de correspondance.

- Quand bien même le vol n'est pas tolérable, la réaction face à cela fut tout aussi immodérée. Cependant, comme l'expliquait mademoiselle Targavin, la plupart des personnes présentes ont leur part de responsabilité dans cette histoire. Je tiens donc aussi à vous présenter mes excuses quant à ma venue impromptue au sein de votre domaine. J'aurais dû vous avertir de ma visite. Ainsi, personne n'aurai été brusqué et cette vague d'émotion n'aurai pas eu raison d'être. Je glissai un regard se voulant rassurant en direction de Warui. Les lettres ne sont que du papier. Si les flammes ne les avaient pas brûlé, le temps se serait chargé de les détruire. Ne vous accrochez pas au passé et aux objets y faisant référence quand ceux qui vous offre leur amitié vous entourent de leur présence. Fis-je en indiquant l'ensemble de l'attablée à la jeune Sytha. Chérissez les gens qui vous entourent, non les icônes se rapportant à eux.
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Zima Targavin
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mar 15 Mai - 10:43

Voyant que Elleira répond aux attentes que j'ai formulées, je tends à me détendre enfin un peu depuis que l'incident s'est produit ; j'ai peine à retenir un soupir de soulagement, que je réduis à un simple filet de souffle jeté au sol. Je tiens à ce que la jarl traite sa fille en héritière et non plus en petit animal d'agrément dorloté, cajolé et gâté à tout va, ou de semblables épisodes risqueraient de se reproduire sous le coup d'une frustration trop mal contenue. Loin de moi l'idée de rendre la vie impossible à min lille disippel ; celle-ci doit toutefois, et même plus qu'une autre, veiller à garder le contrôle de ses émotions. L'expérience m'a appris, et les voyages aussi, que c'est là une aptitude féminine courante là où les petits d'hommes, d'elfes et tant d'autres se voient inculquer une certaine humilité ; il n'est pas trop tard, j'espère, pour faire encore barrage aux caprices de la jeune Sytha et pour n'extraire que le meilleur du potentiel qu'elle possède. C'est la seule, l'unique tâche que je possède ici et que je sais pouvoir mener à bien : j'espère que tel sera le cas. S'il est quelqu'un d'autre qui baisse les oreilles autant que la tête aux mots de la dirigeante, en dehors de sa propre fille, c'est bien Shelumiel : le petit n'a pas hâte à la sanction qui l'attend. J'ai peur d'avoir opté pour quelque chose de presque cruel du fait des incapacités de mon petit frère, mais j'espère qu'il parviendra à s'en acquitter avec soin et ce jusqu'au bout. Beaucoup de plumes et d'encres seront ainsi gaspillées ; mais cela lui offrira, peut-être, l'occasion de se faire pardonner auprès de sa pelsøster. Je tire une chaise près de moi pour mon petit frère, ne l'éloigne de Warui que pour ce repas, puis m'assieds à mon tour. J'espère que ce sera là une parole qu'Elleira tiendra ... ou je serai de toute façon plus en capacité d'assister aux autres promesses qu'elle fera. Leif, pour sa part, y va lui aussi de son petit mot ; ni une morale, ni un encouragement, il appelle sa promise à relativiser la perte de son courrier ... ainsi que de tous les biens matériels à valeur affective, et uniquement. Je doute que les Barengari aient chez-eux bibliothèque pareille à la documentation que les Sytha ont réuni dans leurs Archives, toute cette histoire et tout ce passé qu'ils ont amassé parfois en opposant aux droits des représentants d'Azera celui du sang qui les lie à leur patrimoine ; il ne sait donc pas quel soin sa fiancée aurait pu donner à sa correspondance … et j'en viens à supposer même, avec une pointe de compassion pour les deux jeunes gens, que ces mots écrits de la plume de la treizième Warui auraient pu être l'objet de cultes futurs. Rien ne serait jamais vraiment du domaine privé pour ces deux farÿd ; et le mâle d'argent et d'anthracite, sans le dire, agit comme s'il en était pleinement conscient … je relativise donc cet apparent détachement, mais tiens néanmoins à apporter une correction :
    « Ne prenez pas sur vous la responsabilité de ce qui s'est produit hier : vous n'avez rien à vous reprocher, et j'espère surtout que les sanctions que j'ai demandées n'entacheront pas trop l'agrément de votre séjour au sein de cette province qui sera un jour la vôtre. »
Shasta n'a pas grand appétit ; je suis moi aussi un peu distraite de mon assiette et de la tasse chaude devant-moi qui tente pourtant de m'appeler à l'aide d'arômes légèrement corsés de thym.
    « Je ne peux parler au nom des Sytha, vos hôtes ; mais si vous deviez avoir besoin de mon frère ou de moi, sachez que les Targavin présents à cette cour seront tout à fait disposés à recevoir vos éventuelles interrogations. »
D'une main un peu maladroite, j'essaie de me saisir du récipient situé derrière mon plat vide et le tire à moi plutôt que le porte. Je ne serai très sûrement occupée aujourd'hui qu'à veiller sur la punition de mon Yngste ainsi qu'aux soins de mes plaies ; c'est presque un soulagement de me savoir loin des leçons aujourd'hui tout autant grâce à la présence de Leif que des jardins … quand bien même ce sont ces mêmes jardins qui ont été la scène de mes blessures.

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Warui Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mar 15 Mai - 13:03

L’appétit qui lui tiraillait l’estomac depuis son réveil quand Zima et Shel étaient venus la chercher à sa chambre disparaissait. Elle n’avait plus faim. Elle n’avait pas hâte que le repas soit fini et qu’elle doive aller dehors. Elle aurait tant aimé rester à l’intérieur. Son assiette ne l’attirait plus. Elle bavait il y avait encore quelques instants mais sa gueule s’était asséchée comme un désert. Il lui semblait qu’un poids avait été posé sur ses épaules et son dos et ses jambes. Elle n’osait regarder personne. Elle aurait dû revenir à la table en voyant que Shelumiel n’était pas dans sa chambre, le dire à Zima et Mamma et Mamma aurait envoyé quelqu’un le chercher et le trouver. Elle voulait retourner en arrière, effacer sa gaffe, effacer la tache qu’elle avait créée et commise, mais on ne pouvait pas manipuler le temps.

Elle aurait voulu le support de Leif mais ces mots qui se voulaient encourageants n’eut aucunement l’effet qu’il escomptait. Si il savait à quel point… personne ne lui avait jamais écrit. Personne n’avait pris le temps de s’asseoir et de lui écrire. Il était la troisième personne en dehors de sa famille avec qui elle s’était liée d’amitié. Si il y avait une amitié entre eux. Elle voulait s’accrocher à cette pensée. Si il savait pour les Archives, si il savait que les Sytha gardaient tout et protégeaient leurs avoirs de moult façons et avec férocité, il ne pouvait pas lui dire de mettre son attachement à ses bouts de papier de côté. Parce qu’il n’avait peut-être pas grandi dans le même isolement que sa promise, mais les lettres de Leif étaient tout ce que Warui avait qui la liait au monde en dehors du périmètre d’Alserd, sa seule fenêtre ouverte à un monde vu par les yeux de quelqu’un qui n’était pas affilié aux Sytha, qui parlait librement. Il ne pouvait pas lui dire de ne pas s’attacher à ce point à ces bouts de papiers calcinés qui lui faisait découvrir son propre pays. Parce que chacune des lettres qu’elle lui avait écrites, elle les avait pensées, réfléchies, mal dormies pour trouver comment mettre sur parchemin les bonnes choses à dire. Et ces lettres qu’il lui avait envoyé, elle voulait les mettre ensembles, dans un paquet, les mettre de côté et un jour aux Archives, comme bien des choses. Même si il y avait eu de fortes chances que leur courrier soit lu, elle avait gardé la naïveté de penser que Mamma, quand la petite à la fourrure translucide lui donnait ses papiers, ne les avait jamais lues et n’avait jamais lues celles de Leif non plus, pas plus que Rhyas ou Pappa.

Shelumiel aussi manquait d’appétit. Avoir Zima à ses côtés, Gersemi joignit ses mains ensembles pour qu’elles restent stables. On pouvait commencer à manger. Elle hésitait. Parce qu’elle avait la sensation que si elle prenait une bouchée, elle la recracherait sur le coup. Les plats aux fumets paradisiaques ne lui titillaient pas le nez. Mais elle devait manger, si elle voulait reprendre un peu de force. Warui se servit un peu, la main tremblotante, garnissant son assiette de portions presque infimes et prit sa première bouchée de la journée. C’était fade. Elle aurait normalement englouti son assiette avec vigueur, comme hier soir, s’extasiant sur les saveurs et les textures. Normalement. C’est comme si il y avait pas d’épices, juste la nourriture sans artifices. Elle mâchait lentement. Elle fixait son assiette. Si les gens discutaient autour d’elle, elle n’y portait pas attention, elle n’écoutait pas. Parce qu’elle n’avait pas de raison de s’y intéresser, parce qu’ils avaient fini de parler d’elle. Si les autres avaient des plans pour la journée, ça ne servait à rien d’écouter, elle serait occupée. Elle sortit de sa bulle quand Mamma tenta de la faire manger un peu plus, mais elle ne répondit que par un signe de tête. Elle mangeait déjà plus que ce dont elle se sentait capable. Son assiette n’était pas encore vide, mais elle avait pris quelques bouchées, qu’elle posa ses couverts. Elle ne voulait plus manger. Frottant son poignet droit presque compulsivement, elle attendit que les autres aient fini de leur côté.

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Alistair Berengari
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Mer 16 Mai - 16:38

- Je vous remercie, mademoiselle Targavin. Je n'y manquerai pas. Répondis-je à la proposition de Zima. Mais surtout, ajoutai-je en me tournant vers la Jarl, n'hésitez pas à me le signaler si jamais ma présence pose soucis. Je comprendrai qu'au vu des évènements, vous ne soyez pas disposée à me recevoir. Cette visite n'a pas pour but d'entâcher vos journées ou de semer le chaos dans vos habitudes. Cependant, je saurai me montrer discret et bien entendu, si je peux vous venir en aide en quoi que ce soi, ce serait un honneur et un réel plaisir que de pouvoir rendre service. Dis-je aussi en direction de la preceptrice de Warui.

Cette dernière, après mon petit discours se voulant rassurant avait tiré une tête de six pieds de long. Tout en mangeant, d'un appétit plus certain que l'ensemble des personnes présentes à table, je tentai de me remémorer mes paroles. Avais-je dit quelque chose de mal ? Je ne croyais pas pourtant. Peut-être n'avait-elle pas compris ou je voulais en venir. Il ne s'agissait que d'une simple et courte relation epistolaire. Elle ne faisait que débuter dans les faits. Si je n'y avais pas accordé la moindre importance, elle n'aurait probablement jamais commencée d'ailleurs. Et je ne serais pas venu de mon propre chef avant l'année de notre mariage. Mais si ce voyage avait eu pour mérite de me révéler des débuts prometteurs ainsi qu'une maturité toute certaine chez la future Jarl, la suite soulignait un détail me frappant davantage que je ne l'aurais cru: notre différence d'âge. Finalement, peut-être en attendais-je trop de la jeune Sytha. Du moins, pour le moment. Je finissais pour l'heure mon assiette, attendant que l'on me donne des directives ou le déroulement de la journée. Si nous avions l'occasion d'obtenir du teps libre, peut-être Asta voudrait-elle poursuivre mon entrainement aux armes. Je ne voulais pas perdre la main, ce voyage ne devait en aucun cas se révéler être des vacances.
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Shasta Targavin
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Jeu 17 Mai - 7:52

Je fais tourner et se retourner ce que j'ai au fond de l'assiette … je n'ai pas très envie d'y toucher, avec tout ce qui s'est dit, surtout quand il a été question d'une punition ; j'aurais cru que c'était ça, moi : aller demander pardon devant tout le monde. Je ne sais pas ce que me réserve Niiz, si je vais devoir aller aux jardins moi aussi ou si je vais devoir faire autre chose. Est-ce que je vais avoir besoin de forces, pour faire tout ça ? Gersemi, oui ; je lui viderais volontiers plusieurs des plats présentés sur la table rien que dans son assiette qu'elle même pas remplie au quart. Je me fais les nerfs sur une tranche de pain noir, que je mâche et mâche nerveusement ; ce n'est que là que je me rends compte comme j'ai faim ! Et aussi comme c'est rassurant d'avoir quelque chose dans l'estomac. J'ai presque honte de me resservir ; j'essaie de le faire à l'insu de tout le monde, pour qu'ils comprennent que je suis vraiment désolé, et que ça ne veut rien dire si je mange. Est-ce que je devrais me retenir ? Ou pas et manger tout ce que les domestiques se sont donné du mal à préparer pour moi ? Je suis un peu perdu et je me retrouve à finir le petit déjeuner comme un voleur, à regarder tout le monde autours de moi ; ça sent pourtant moins l'orage maintenant que tout le monde a parlé, même si la snøvixen doit beaucoup ressembler au snøfok avec sa truffe tenue basse. Elle, elle n'a rien mangé. Alors je glisse quelques fruits secs et quelques pâtisseries au fond de mes poches ou dans un pli de veste ; il seront un peu plats, mais si j'ai l'occasion d'aller aux jardins, ça lui fera quelque chose à se mettre sous la dent avant de se mettre au travail. Avec ou sans moi. Je regarde à droite, je regarde à gauche, cache le tout et remarque que beaucoup de monde se tient devant une assiette où ne se trouve plus une miette ni de pain, ni de fruit, ni de fromage. Le lait dans les verres a été bu à chaque place, et les tasses ne fument plus.
    « N'hésitez pas ; j'aurai beaucoup de temps libre aujourd'hui. J'espère que vous trouverez comment vous occuper d'ici à ce que Warui ait fini aux jardins. »
Niiz se lève de table ; ses mèches et ses breloques tintent.
    « Suis-moi, Shel. »
L'autorisation donnée, je me lève et trottine à sa suite en faisant bien attention de ne pas semer mon butin derrière-moi.

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Elleira/Rhyas Sytha
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Jeu 17 Mai - 10:53

Leif n'avait pas à s'en faire. Elleira essuya ses lèvres après quelques bouchées quand le askeskalling s'excusa de sa présence impromptue qui avait, oui c'était vrai, déréglé le quotidien du château. Mais c'était un bon déréglement. Il ajoutait un peu de piquant et avait quand même agréablement surpris sa belle-famille.

- Non, non. Pas d'inquiétude à avoir. Nous avons déjà eu bien pire au manoir qu'un futur consort désireux de surprendre sa fiancée.

Elleira voyait que sa petite mangeait à peine, prétendant ne pas avoir faim mais ses propos sonnaient vides de toute sincérité. Gersemi s'en remettrait. Sa fille se relevait toujours sur ses pattes, capable de voir ses erreurs et d'apprendre sa leçon. Mais elle ne le voyait pas encore. La Jarl savait qu'il y avait de fortes chances que la petite snøvixen ait l'esprit plus tranquille dans quelques heures ou demain. Elle était encore secouée. La Farid azurée se dit qu'elle devrait prendre un moment, avant ou après le nàttmàl, pour lui parler, l'aider à bien replacer son esprit. Warui était capable de grande maturité, mais elle n'avait que dix ans. Et un tempérament capable de fluctuer entre des extrèmes. Aider dans les jardins la fera respirer et lui mettrait ses songes noirs de côté, lui permettant d'y poser un second regard.

- Sis, tu sais ce que tu as à faire aujourd'hui, dit Elleira à Rhyas.
- Yep, acquiesça la spion qui repoussa son assiette vide.

Surric avait terminé, ainsi que tout le monde. Warui redoutait ce moment, elle ne voulait pas descendre de sa chaise. Zima et Shel furent les premiers à sortir de table. Déjà on venait débarasser les couverts. Comme d'habitude, les trois seigneurs remercièrent les domestiques. Si on voulait du travail bien fait, on devait bien traiter ceux étaient en dessous de soi. Surric avait poussé sa chaise quand sa femme lui adressa la parole:

- Elskling, pourrais-tu aller chercher Heimdall et Fafnir?
- Sans problèmes, si Fafnir accepte de venir à mon appel.
- Rappelles-lui qui lui donne ses framboises, souria la Jarl.

La thane s'éloigna en riant à son tour.

- Ça marche à chaque fois! Je fais ça en arrivant aux écuries.

Rhyas se leva à son tour.

- Okay, Prinsess, on y va.

Warui regarda sa tante, incertaine, puis sa mère et ensuite leif pour retomber sur sa mère. Ellie eut un léger soupir, la souleva de sa chaise et la prit dans ses bras un moment. Un jour Gersemi finirait par grandir, mais pour l'instant elle était encore minuscule même pour son âge, là où Shelumiel et Leif avaient une hauteur habituelle.

- Ça ne devrait pas prendre plus de deux ou trois jours. J'ai été voir moi-même, les dégats importants sont surtout causés au sol, tu vas aider à remettre de la nouvelle terre et replanter.

Elle n'allait pas lui demander de remplacer toutes les décorations. Elle aiderait à enlever celles qui étaient abîmées et réorgainser celles qui restaient. Vive le kiosque encore intact! Merci Surric pour ses sorts d'ignifugation. Il faudrait accroître le nombre de runes, le temps que leur benjamine contrôle ses flammes mieux que maintenant. La Reine de Wotkal déposa Warui sur le sol. Celle-ci ne riposta pas, jetant un regard à Leif disant 'désolée'. Elle suivit Rhyas, laissant Elleira, Leif et Asta dans la salle à manger. Elleira incita leif à la suivre jusqu'aux écuries où Surric préparait Heimdall que le jeune Berengari connaissait déjà.

Le vouivre brun et noir marbré salua les nouveaux arrivés en grognant avec un 'Graaaaooouuuuu', les oreilles levées. Fafnir était à ses côtés, un vouivre caramel avec les pattes et les museaux blancs. Surric tendit les rênes de Fafnir à sa conjointe et ceux d'Heimdall à Leif.

- Tu peux ramener ça? demanda le Farid blanc à cérulée en lui tendant un bout de papier. J'ai déjà passé les commandes et Skor m'a dit que tout était fini, il ne reste qu'à payer et aller chercher. J'irais, mais avec Sif et les bébés
- Et Rhyas reste à la maison. Je ramène tout ça, pas de problème.

Ils se donnèrent le bise et la magus de feu bondit sur Fafnir, comme un professionnelle, invitant Leif à faire de même.

- Aujourd'hui, nous allons en ville, annonça-t-elle à son futur beau-fils. Un futur thane se doit de connaître son domaine.

Elle le mena à l'extérieur.

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Alistair Berengari
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Jeu 17 Mai - 11:40

Le repas prit fin, les différents domestiques venant prendre les assiettes, chacun étant soigneusement remercié par la Jarl. Ce détail me toucha, il régnait un certain respect entre employés/ employeur qui mettait du baume au coeur et donnait envie de mettre du sien dans l'ouvrage. Zima et son frère partirent les premier quant à Warui, cette dernière hésita quelques instants avant de suivre sa tante. Dans un sens, elle paraissait plus qu'épuisée par les événements s'étant produits la veille au soir. Un peu de soutien octroyé par sa mère lui redonna un peu de courage pour affronter cette journée qui promettait d'être intense aussi bien sur le plan physique qu'intellectuel pour la jeune farid blanche. Une fois sortis de la salle, Asta et moi-même nous retrouvâmes face à la Jarl et au Thane. Elleira semblait, malgré toutes ces péripéties, plutôt de bonne humeur et encline à me faire visiter la ville. Je dois avouer que retenir mes émotions quant à l'annonce du programme concernant la journée fut particulièrement compliqué. Et cela m'arracha tout de même un sourire un brin enfantin. Ma Laerer décida de rester, pour ma part, je suivis docilement la Jarl qui m'invitait d'un geste à la rejoindre. Longeant de nouveau les couloirs que je commençais déjà à reconnaitre, nous allâmes dans les écuries retrouver les magnifiques créatures y logeant. Les vouivres des Sytha avaient quelque chose de particulier, ni animaux, ni farid, ils possédaient une intelligence qui leur était propre, les rendant plus qu'impressionant. Le Thane plaça les rênes du drak que Warui m'avait fait monter la veille. Une fois maintenues, je saluai le dragon, n'hésitant pas une seule seconde à lui flatter l'encolure pendant que la Jarl et son mari finissaient leurs préparatifs. Une fois fait, Elleira chevaucha son vouivre, m'invitant à faire de même. Ca n'allait probablement pas être si compliqué que ça, non ? Je l'avais fait la veille sans soucis... je n'eu pas de peine à prendre place finalement, le vouivre se baissant gracieusement, me permettant de m'installer, cependant, avec nettement moins de grâce que la Jarl si je puis dire.

- J'attendais cette balade avec impatience. Par contre, le vouivre va suivre le vôtre j'éspère, je n'ai jamais appris à monter des draks. Je ne voudrais pas le blesser. Si les dragons agissaient comme les chevaux sur ce point, il n'y avait aucun soucis sur le fait qu'il suivrait son camarade de prêt, mais je n'avais que peu de connaissances sur ces créatures, de plus, elles ne venaient que de mes lectures non de la pratique.
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Jeu 17 Mai - 16:26

- La grande différence entre un drak et un cheval, plutôt les grandes différences, le drak vole et le drak est capable de comprendre beaucoup plus de mots et de nuances. Il ne leur manque que la parole, parfois.Et tout va avec la stimulation. Plus ils sont habitués à entendre le language verbal et corporel, plus ils savent comment l’interpréter. Ce qui donne des duos très soudés, comme Freya et Surric si tu as pu les voir ensembles.

Elleira laissa le temps à Leif de s’installer confortablement sur la selle d’Heimdall avant de donner un léger coup de bassin vers l’avant pour faire signe à Fafnir qu’il pouvait avancer. Comme le Berengari l’avait supposé, Heimdall suivit suivit doucement. Frères de couvée, les deux draks mâles étaient nés au manoir. Ils avaient Odin pour père, une des quelques occasions où le grand drak blanc avait daigné de revenir en ville. Leur mère était Friede, la drak de Birger. Ils étaient en poste à Shi et devaient revenir demain pour échanger de place avec Helle et son drak Astor. Les deux frères s’amusaient à se donner des coups d’ailes entre eux. Le soleil annonçait une belle journée, avec quelques nuages de coton ici et là. Le quatuor descendit la rampe de pierre qui montait jusqu’à la porte des écuries des draks pour entrer dans la ville. L’hiver était passé une fois de plus et la capitale bourdonnait d’activité. On pouvait voir les enfants courir avec des bâtons, prétendant être des guerriers, des artistes de rues gagnaient quelques pièces avec leur talents magiques et naturels, il y avait des messagers qui accourraient de toutes parts pour effectuer leur devoir, les étalages étaient remplis de biens divers, nourriture, bijoux, armes, outils, décorations, et tant d’autres. Et ce n’était que les rues qu’ils traversaient. Ils entrèrent dans le centre-ville d’Alserd, avec ses décorations, ses espaces verts, ses arbres, ses bancs, bientôt des scènes seraient montées pour diverses célébrations et spectacles. Une grande fontaine où étaient dressés des dragons des neige crachant de l’eau était la pièce maîtresse.

- Ce n’est pas tout Alserd, mais bienvenue, dit Elleira à Leif d’un geste de la main désignant l’endroit. Bienvenu à une capitale qui a su tenir debout pendant 44 000 ans.

Car il avait fallu aider à la rebâtir quand Stryfe avait été vaincu durant l’ ge du Mythe, la ville ayant souffert des assauts de ses disciples.

- C’est ici à la place centrale que les célébrations se font surtout. Je crois qu’ils vont bientôt préparer les estrades et les scènes pour le festival du printemps. Et une troupe de théâtre d’Obrina fait le tour du royaume, je crois que leur pièce se nomme ‘L’amour entre les Dragons’, mes aînés, Astrid et Asger voulaient m’y emmener.

Fafnir poursuivit son chemin, traversant la foule, les gens se tassaient de côté pour les laisser passer, les barn de toutes les couleurs sautillaient d’excitation de voir des draks d’aussi près. Fafnir en renifla un et lui donna un coup de langue dans les cheveux en continuant son trajet. Les citoyens saluaient Elleira qui leur rendait la pareille. Eux, devaient aller vers les rues marchandes. Là où les cris et la joie seraient plus sous contrôle.

- Premier arrêt, je dois aller chercher mon armure. Je n’avais pas encore eu le temps de le faire et l’occasion parfaite s’est présentée. C’est chez Thomas, une vieille connaissance.

C’était bien une forge comme endroit. Un Farid bâti et bourru comme un tronc d’arbre était en train de frapper une pièce de métal avec force près d’un feu, sur une enclume. Son visage était grisé avec les années. Les voyant arriver, il déposa le métal dans le seau d’eau à ses côtés et frotta son tablier pour enlever les éclats de fer.

- Dame Elleira! Ça fait fait longtemps, dit Thomas d’une voix gutturale.
- Je n’ai pas la même liberté que quand j’étais jeune, Thomas, répondit la Jarl en descendant de Fafnir qui alla se coucher.

Elle dit à Leif qu’il pouvait descendre lui aussi. Des pas retentissaient de l’intérieur de la bâtisse et une forme rouge foncé sortit de la porte pour sauter avec force sur la Jarl. Par miracle, Elleira ne tomba pas.

- Mamma! s’écria Asger.
- Tout… tout doux… mon dos… gémit sa mère.
- Oh! Oh pardon! s’excusa le jeune Sytha. J’ai oublié. Ça va? J’ai pas eu la chance de venir ces derniers temps, on a plein de commandes, beaucoup d’outils à réparer ou refaire.

Finalement, Asger se rendit compte que sa mère était accompagnée.

- C’est qui, lui? demanda-t-il en pointant Leif d’une griffe.
- Leif. Leif Berengari.

Elleira baissa la main de son fils d’un geste vif.

- Le fiancé de ta soeur, tu te souviens? Et on ne pointe pas du doigt, c’est malpoli!

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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 18 Mai - 19:22

Après quelques paroles échangées avec la Jarl, nous ne tardâmes pas à prendre notre envole. Traversant un long couloir avant d'étendre ses ailes et de rejoindre son compagnon ailé, le vouivre que je chevauchais se mit à suivre son confrère avec une aisance remarquable. Les coups provoqués par les battements d'ailes réguliers étaient pratiquement impercepibles, de plus, moi qui pensais le maintient difficile sur ces créatures, je me méprenais au plus au point. La stabilité était remarquable. Le vent frais du printemps frappait mon visage, m'apportant au passage les douces arômes des épineux ainsi que celles provenant du marché en contrebas. Penchant légèrement la tête pour observer la scène, le spectacle m'arracha un sourire de plaisir et d'émerveillement. Cette impression de liberté, jamais je ne l'avais autant ressenti jusqu'à présent. Les passants se baladaient tranquilement parmis les différentes étales ou les marchands criaient, cherchant à vanter les louanges de leurs produits venant de multiples régions. Des enfants s'amusaient à se bousculer, se courir après. La ville était plus que simplement animée: elle était vivante.

- Splendide. Soufflai-je à la suite des paroles de bienvenu prononcées par Elleira.

Je n'avais pas d'autres mots pour exprimer ce que je ressentais intérieurement face à ce qui s'offrait actuellement à mes yeux. Je me doutais que l'endroit serait impressionant, pas de doute la dessus. Cependant, rien ne valait le fait d'observer cela par ses propres moyens. Esquissant une descente et talonné de près par mon vouivre, la Jarl et moi-même regagnâmes progressivement la terre ferme, nous joignant au reste de la population. Dont elle semblait d'ailleurs plutôt proche au vue des nombreuses salutations auquelles elle devait répondre. Elleira devait régulièrement avoir contact auprès de son peuple pour que leurs visages affichent une telle chaleur à son encontre. Nous déscendîmes de nos montures l'un après l'autre lorsque nous fûmes arrivés devant la boutique d'un forgerons. Ce dernier était d'ailleurs en pleins travail. Levant les yeux dans notre direction, il laissa en suspens ses affaires, plongeant le fer qu'il martellait dans un seau, laissant échapper de vastes volutes de fumer dans l'air. Ce métier m'avait toujours un peu attiré au fond. De la force et de la concentration, tout cela pour façonner, fabriquer, affiner et produire des armes et armures de magnifique facture et suffisemment solides pour resister à toutes attaques. Je ne manquai pas de le saluer d'une révérence mainte fois éxecutée depuis mon arrivée à Alserd. Révérence que je dû réitérer plus rapidement que je ne le cru lorsque vint nous rejoindre un jeune farid, fils d'Elleira, qui lui sauta au cou afin de l'étreindre tendrement.

- Enchanté, je me nomme Leif Berengari. Fis-je en lui tendant une patte. C'est un fabuleux métier que vous faites là. Beaucoup de force et de courage résonnent à chaque coup de marteau.
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Ven 18 Mai - 23:38

Asger recula d’un bond quand Leif fut présenté et se présenta lui-même.

- Désolé! Désolé!

Il s’éclaircit la gorge et reprit sa contenance pour saluer l’invité de sa cadette avec une révérence.

- Asger Sytha, apprenti forgeron, sir Berengari.
- Asger est mon deuxième rejeton, dit Elleira.
- J’ai que 16 ans, ajouta le rouge. J’étudie les arts du fer avec Thomas.
- Et ce projet? demanda sa mère. Ça avance?

Le fils frappa fièrement son torse bombé.

- Merveilleux! J’espère qu’Odin appréciera!
- Si il peut crâner devant les autres draks, il sera ravi.

Asger regarda plus attentivement autour d’eux et se gratta la tête.

- Warui n’est pas avec vous?
- Il y a eu… un incident… hésita Elleira en détournant le regard. Mais bon, j’étais venue pour mon armure.
- Je vais la chercher!!

Le jeune Sytha disparut aussitôt dans la bâtisse, sous les regards de tout le monde.

- Z’avez eu de la chance, Votre Saintetée. Plus profond et vous z’auriez eu pas mal plus de dégats, dit Thomas presque accusateur.

La jarl émit un rire nerveux.

- J’ai vite constaté…

Son manteau avait été recousu depuis mais on pouvait voir la trace de la coupure où Dante avait tranché son dos. Elle ne jetterait pas sa fille comme une vieille peau morte quand l’alliance des Berengari aux Sytha serait complétée et assurée. Le froid léger qui venait de s’installer entre les fiancés était dû à Warui qui cherchait à se faire pardonner sans savoir si elle devait laisser de l’espace ou chercher activement la présence des autres. Tout irait bien. Tout irait parfaitement bien. Asger ressortit après un court moment, portant une armure de cuir noire dans ses bras.

- Comme neuve, Mamma! Mets-là!

Elleira grommela de résignation amusée. Elle tendit son manteau à Thomas pendant que son fils lui rendit son armure qu’elle attacha convenablement pour remettre son symbole par-dessus.

- Renforcée avec des plaques de syium, dit le vieux forgeron fier de son apprenti. Tout en laissant le corps bouger à son gré!
- On la croirait neuve! s’extasia Elleira qui se tordait pour tester l’efficacité des réparations. Je ne peux payer assez pour votre excellent travail!

Elle lui donna une grande poignée d’or.

- Avec un bonus, dit Elleira. Je me souviens que m’aviez mentionné que votre petite-fille voulait entamer des études de médecine et qu’il vous manquait quelques fonds.
- Comment vous remercier, Dame Sytha?
- Vous endurez mon fils, (Asger sifflota ‘innocemment’), c’est plus qu’assez. Je vous souhaite bonne journée!

Elle donna une bise sur la joue de son sønn.

- Je viendrai faire un tour dans quelques jours, promis Mamma! jura le Farid rouge en saluant Ellie et Leif.

Ceux-ci repartirent de leur côté. Cette fois, ils devaient passer par les coins plus occupés par les boulangers et autres, quelques ingrédients plus prioritaires, et un autre arrêt fut une autre dépense qui fut un morceau de linge ou deux.

- Pour Zima et Shel, soit ils tachent, soit ils déchirent et autres. Les expériences et le jeu. Et le dernier, tout dernier arrêt de la journée.

Le søl avait eu le temps de passer son zénith et commençait à descendre. Elleira descendit de Fafnir, le trainant par les rênes. Elle cherchait visiblement quelque chose. Elle repéra l’atelier d’ébénisterie auquel Shelumiel avait fait un apprentissage l’année dernière. Ce dernier arrêt consistait à placer une commande pour remplacer les structures de bois détruites par Warui la veille. Une fois ce fait, ils furent de nouveau à la place publique, près des étalages vendant un peu de tout.

- Je crois que ma fille mérite quelque chose quand elle aura fini de travailler. Mais quoi? Pourquoi ne pas regarder pour un présent à lui donner, Leif? Je crois qu’elle apprécierait quelque chose venant de toi.

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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Sam 19 Mai - 17:25

La discussion entre la Jarl et son fils, ainsi que le forgeron battait son pleins. Etait-ce parce que le Asger travaillait auprès de ce dernier qu'ils semblaient tous si proches ? En attendant et à l'annonce de mon nom, le jeune farid (bien que légèrement plus agé que moi) paru plus que surpris, voire, un peu gêné.

- Ne vous excusez pas, voyons. Une simple visite de courtoisie particulièrement impromptue. Personne n'était au courant encore hier de ma venue. Ajoutai-je d'un ton amusé, malgré tout ce que cela avait occasioné par la suite. Certains détails dans ce qui était dit attirèrent mon attention, je ne manquai pas d'essayer de me joindre à eux, posant quelques questions, curieux d'en savoir plus sur ce métier. Vous avez un projet en cours ? Avant d'ajouter. Cela fait longtemps que vous prenez votre formation ici ? Peut-être le jeune farid allait-il bientôt pouvoir posséder sa propre forge. Etait-ce un chef-d'oeuvre pour préparer sa maitrise sur lequel il travaillait ? Cependant, autre chose me fit soulever les oreilles: la Jarl avait eu un accident ? Ce ne fut qu'en cet instant que mes yeux se posèrent sur la veste qu'elle mettait aux bras de son fils. Pour autant, je décidais de ne poser aucune question qui aurai pu paraitre déplacée ou indiscrête. L'armure dont se parat la Jarl par la suite était d'une splendeur à couper le souffle. Elle semble être d'une incroyable facture et d'une solidité sans commune mesure. Dis-je. Il est rare de voir des armures permettant une telle aisance dans les mouvements.

Nous ne tardâmes pas plus longtemps. Après avoir payer plus que généreusement le forgeron sans même prendre la peine de compter les pièces d'or qu'elle lui déposa au creux de la patte, tout le monde se salua et nous reprîmes notre visite d'Alserd. L'argent était-il si abondant ici ? Quelque chose m'avait surpris au niveau de la dernière action. Peut-être était-ce du à l'enseignement de ma Laerer quant à tout ce qui se réfaire de près ou de loin à la richesse. Elle avait directement mis un point d'honneur à ce que je gagne par la sueur de mon front chaque pièce, refusant la facilité, notamment en demandant de l'aide auprès de mes parents. Cela conférait à chaque achat et chaque gain amassé une valeur toute particulière. Nous cntinuâmes à faire quelques courses avant qu'Elleire ne nous arrête au centre d'une place particulièrement animée et ou les étales s'alignaient encore sur plusieurs mètres de distances.

- Je ne savais pas qu'une punition méritait salaire. Glissais-je avec amusement à la Jarl avant de prendre un air plus gpené quant à mes paroles sûrement déplacées pour le coup. N'ayez crainte, Jarl Sytha, mon présent attend juste le bon moment avant d'être transmis à Warui. Je me frottai l'arrière de la tête. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de lui offrir hier. Mais il sera d'autant plus de moi-même et de ma région que ne le serait n'importe quel autre produit présent parmis ces étales. Asta m'avait fait travailler comme un forcené afin d'obtenir suffisamment d'argent pour passer cette commande, mais le prix en valait largement la chandelle. Plus qu'à attendre l'instant propice.
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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Dim 20 Mai - 1:19

Asger s’étonna que Leif soit venu en visite surprise. D’ordinaire, les gens s’annonçaient d’avance, avec Ellie qui était Jarl et tout, que les chambres soient prêtes pour les accueillir. Il avait du cran le futur beau-frère, déjà presque aussi grand qu’Elleira et un peu plus jeune que l’apprenti forgeron, visiblement. Comment Warui avait-elle réagi? Asger savait que sa lille søster pouvait être fermée aux étrangers, soit elle avait refusé Leif, soit elle l’avait accueilli avec chaleur. Il y avait ça avec Warui, elle pouvait aimer sans limites. Puisque sa mère ne démontrait aucune hostilité envers le jeune cendré, le rouge en déduisit que les deux fiancés devaient bien s’entendre. Demandé sur quoi il travaillait exactement, Asger se lança sur une description de son projet, qui consistait à bâtir une armure pour Odin, le drak de sa mère. Une armure digne de l’alpha mâle de Wotkal. Ses yeux brillaient de passion.

- Et je suis apprenti depuis presque un an, j’espère prendre la relève de Thomas.
- La retraite approche bientôt, ajouta le vieil homme. Ma fille ne suivra pas mes pas, et Asger est plus qu’enthousiasme. Céder ma place à un jeune Sytha est un honneur!

Asger baissa les oreilles sous le compliment, touché.

- L’armure était un défi, dit Thomas à Leif. Réussir a avoir assez de protection sans sacrifier la mobilité. Du cuir d’ours polaire, en plus. Très résistant. Sauf contre les haches très effilées. J’ai du remplacer quelques sections pour réparer, recoudre aurait affaibli. Et ajouté des plaques de métal pour les endroits fragiles. Rien de mieux pour Dame Sytha.
- Avec un style de combat comme le mien, la souplesse est essentielle, acquiesça Elleira.

**********

Récompenser une punition? Ellie voyait une autre nuance.

- Je pensais surtout lui faire savoir qu’elle ferait du bon travail, récompensé ses efforts pour réparer ses erreurs.

Elle en commettait beaucoup.

- Je peux comprendre pourquoi Warui était si fâchée que Shasta ait pris les lettres, et si dévastée de les avoir brûlées elle-même. Je crois pouvoir affirmer, j’espère ne pas être top biaisée, que la moindre personne qui voit Warui pour qui elle est et non ce qu’elle est vaut beaucoup, pour elle, et ce qu’elle reçoit de ces personnes vaut immensément à ses yeux. Il vaut mieux qu’elle donne sa version, quand elle sera prête. C’est Warui, elle récupère vite, elle en est capable.

Il avait déjà un présent pour la lille snøvixen? Y'avait-il une chose qu’il ne prévoyait pas? Et représentatif de sa région? La jeune héritière avait de la chance.

- Une fois les jardins finis, après une soirée ou une nuit de repos, ça devrait être le bon moment. Elle sera ravie. Ah tiens…

Elleira s’éloigna un peu de Leif et des draks pour rejoindre un étalage ou deux et revenir avec un objet dans un sac, souriante.

- Jamais trop de peluches! dit-elle à Leif de très bonne humeur en lui montrant une tortue.

L’heure de rentrer approchait. Elle sortit du sac un brioche qu’elle tendit à son futur beau-fils.

- Pour le trajet du retour.

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MessageSujet: Re: Rencontre enchantée   Dim 20 Mai - 14:31

Une très bonne raison : il faut au moins ça pour que Zima me laisse aller jusqu'aux jardins ; je ne les avait d'ailleurs pas vu, depuis que je les ai fuis hier. La raison dont j'ai tant besoin est toute trouvée, puisque je ne suis pas le seul à avoir remarquer comme Gersi n'a fait que picorer de toutes petites bouchées très éparpillées dans son assiette. Même si elle est punie, il lui faut des forces pour travailler la terre ! Je charge bien mon sac de tout ce que j'ai réussi à grappiller à table, pas trop sûr de pouvoir en demander tant que ça de la part de mes amis des cuisines cette fois-ci, vu que même les marmitons et les galopins ont eu peur de se faire griller les moustaches avec le coup de la veille. Pour Gersemi, je vais même piocher dans mes réserves : je n'aurai pas besoin de tout ça, avec ce que m'a demandé Niiz. Juste du temps. Beaucoup de temps. J'espère que j'en verrai la fin assez vite, parce que j'ai les mains qui vont finir pleines de crampes si je continue à tout faire de travers. Les vivres empaquetés, je me glisse au-dehors et cours jusqu'aux lieux fuis la veille. Je dois esquiver quelques serviteurs aux bras chargés avant d'y parvenir enfin : les herbes qui restent sont sèches, dans un grand cercle charbonneux mais rendu gris par les flocons ; toute la terre n'a pas encore été remplacée, bien sûr : le travail ne vient que de commencer. Je fais attention à ne pas trop m'approcher, conscient que ça doit rester une punition, et que même moi je dois vite revenir auprès de ma grande sœur pour finir la mienne. Je pends mon sac à une branche, fais quelques signes pour y attirer le regard et m'esquive. Effectivement : j'ai eu chaud ! Ou du moins : j'aurais pu !

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