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 Un coup de maître

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Un coup de maître    Ven 9 Fév - 7:50

La nuit a été fraîche, avec la pluie, mais les gros nuages de la saison encore gonflés d'eau qui donne à leur ventre enflé une couleur grisâtre de vieux cendrier semblent s'être calmés pour la journée ; ce serait bien que ça continue comme ça : j'aimerais bien profiter d'un bel après-midi avec mon papa. C'est si rare de le voir, en ce moment. Surtout les soirs, avant d'aller dormir, alors il faut que je réclame des histoires ailleurs : j'ai déjà entendu cent fois celles d'obaba, et même si je préfère son bisou du soir à elle parce qu'elle ne me borde pas à m'en couper les sangs, ça me manque un peu de voir mon papa. Bien sûr, j'ai aussi mon grand-père, mais ce n'est pas la même chose : il a cet air toujours occupé qu'on a l'impression de déranger rien qu'en éternuant près de lui, alors je n'ai pas très envie d'aller lui demander à lui mon bisou du soir. Ni même une histoire : il serait capable de m'endormir en me contant l'incroyable légende des impôts et du coût d'entretien du haras dalentien réservé à un usage purement professionnel des Louvetiers (et tu rappelleras à Dante de signaler tous ses emprunts la prochaine fois. — Oui, monsieur Ghiaccio, promis.). Au moins, avec la moisson qui nous laisse un peu de répit, je peux espérer sortir un peu, reprendre l'entraînement et peut-être croiser d'autres enfants. Ça aussi, ça me manque : on en voit moins souvent à la caserne, depuis quelques temps. Sourions ! Première journée de permission depuis le début des moissons, alors profitons ! Je me réveille de bonne humeur, me fait une toilette de chat au baquet rempli d'eau chaude (merci M'ã !), j'embarque quelques tartines une fois habillée et je file au rez-de-chaussée pour attendre mon papa. Une minute. Puis deux. Puis dix. Il est parti sans moi ? Maman me répond qu'il s'est réveillé tôt pour passer le déjeuner avec Erwin. Oh, dommage : j'aime bien Erwin. Surtout quand il me paie ma menthe à l'eau. Bon, tant pis et merci M'ã ! J'ai un plan de secours : une visite à laquelle j'ai hâte d'aller, puiqu'apparemment papa y a déposé ses vêtements brûlés.
    « Dring ! Mon tonton préféré, c'est moi ! Tu es là ? » je lance une fois dans l'atelier du couturier.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Ven 9 Fév - 20:48

Un... deux... trois... parfait. Je reposai  mon travail en cours sur le pupitre et me frottai les yeux. Encore une nuit blanche à assembler les dernières pièces des vêtements de Mademoiselle Bedingfield. Cette femme, d'une allure si fière avait éveillé toute ma créativité. Il s'agissait en plus d'un travail confié par Monsieur Krov, à qui je devais énormément. Je me dirigeais vers l'entrepôt afin de prendre quelques pans de tissus supplémentaires quand il me revint à l'esprit que mon cher frère, très soucieux des costumes de travail sur-mesure que lui fabriquais avec soin, m'avais fait comme offrande ce matin, une pile de vêtements brûlés que j'avais trouvé devant la porte. Je retournais les prendre et les transportai à l'arrière. J'allais devoir les mettre dans mes valises pour les restaurer plus tard. Heureusement que je prévoyais toujours un uniforme de secours pour cette tête de noeud. J'attrapai le tissu dont j'avais besoin et me remis au travail. Vivement que je récupère mes deux yeux, même si j'avais appris à faire avec un seul (et plutôt bien du fait de mon nouveau statut). En me réinstallant je vis que l'heure avait filé à une vitesse incroyable. La matinée était déjà bien entamée et mon bientôt ex-Maitre n'allait pas tarder à descendre, sauf si sa cuite de la veille le clouait, une fois de plus, au lit pour la journée. Je soupirai... tout cela n'allait être, sous peu, qu'un vilain souvenir. Je repris ma tâche quand la clochette de la porte tinta joyeusement, laissant entrer un véritable rayon de soleil pur dans la boutique, malgré le temps sombre de ce début d'hiver. Je reposai vivement ce que je tenais sur le bureau, sautai de ma chaise en hâte et couru en direction de la plus belle création de ce monde.

- Fai ! Mon petit renard ! La saluai-je avec entrain en la faisant tournoyer dans mes bras avant de la reposer délicatement sur le sol. Comment va ma nièce favorite ? Tu es venue toute seule ? Demandai-je, un brin d'inquiétude dans la voix.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Sam 10 Fév - 17:35

Il fait sombre, ici ! Ce n'est as très bon pour les yeux de mon oncle miniature de travailler dans ces conditions ; je me jure que, la prochaine fois, je lui emmène une bonne petite lampe ! Je n'ai pas envie d'avoir à gronder deux grands chaque fois qu'ils oublieront de mettre leurs lunettes juste parce qu'ils ne supportent pas leur reflet avec. Je cherche Tonton Nidas des yeux au comptoir sans l'y voir, quand soudain … je ne sais pas lequel de nous deux s'est jeté sur l'autre, mais l'impact nous fait tourner sur nous-même et me soulève même un peu, ou au moins de la hauteur de mon bon tonton. Une fois reposée en douceur sur le plancher des vaches, j'offre à Leo mon plus grand sourire, celui qui montre même mes molaires au fond de la bouche et qui fait ressortir toutes mes taches de rousseur sur les joues.
    « Moi ça va tout bien, mon tonton adoré que j'aime tant à la folie énormément qui devrait aérer son atelier même si la lumière va assommer son vieux maître avec sa gueule de bois ! Petit conseil de ta seule nièce, mais la meilleure. »
Je lui tapote les bras avec un clin d’œil et change d'emblée de sujet, histoire de cacher mon malaise à avoir placé le mot « gueule » dans une phrase :
    « Dis, mon tonton ? » je commence en me dandinant sur place et d'un pied sur l'autre ; « Tu voudrais bien me trouver un truc à me mettre sur le dos pour quand tu seras fait maître, dis ? S'il te plaît ! »
Je finis en le suppliant et en alignant une petite de « s'te plaît s'te plaît s'te plaît ! », histoire qu'au moins l'un d'eux ait plus de chances de le faire plier que le précédent.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Dim 11 Fév - 6:36

- Fai ! Fis-je sur le ton de la réprimande en me redressant, les mains sur les hanches. Ce n'est pas beau de dire des mots grossiers. Puis, je me remis à sa hauteur avec un grand sourire tout en répondant à son clin d'oeil. Mais seulement quand ce n'est pas la vérité. Fis-je, amusé, en lui ébouriffant ses cheveux bouclés. Tu peux te lâcher. Il devrait être debout depuis longtemps.

Je me dirigeai ensuite vers les vitrines dont j'écartai les rideaux afin de laisser entrer la lumière puis de la porte que j'ouvris en grand afin d'aérer la pièce qui devait sentir comme la chambre de mon frère après une bonne nuit de sommeil. Finalement, je me remis face à ma nièce, toute souriante et lumineuse et la regardai avec bienveillance.

- Tu arrives à me faire faire tout ce que tu veux, petite rusée. Remarquai-je en rigolant. J'avais déjà un travail en cours pour le compte de monsieur Krov, ajoutai-je plus pour moi-même que pour Fai qui continuait à alligner avec une aisance extrème les "s'te plait". Bon, ça attendra encore un peu. Je ne peux définitivement rien te refuser, surtout qu'il s'agit d'un événement important ou il vaut mieux que tous les invités soient tirés par quatre épingles. Il faudra d'ailleurs que je parle à Dante. Enfin bref, viens devant le miroir mon petit ange! L'invitai-je à me suivre, tendis que je me dirigeais en direction des grandes glaces. Une fois placée, je reculai, songeur, en me frottant le menton. Je l'éxaminai de haut en bas réfléchissant à ce qui parviendrait à rendre encore plus parfaite ma petite nièce. Une idée lumineuse ma vint à l'esprit et je couru en direction de l'entrepôt. Je revins vers elle, les bras chargés de différents tissus rouges, de fils, de dentelles et de biais que je déposais sur la petite table prévue à cet effet. Je n'avais pas besoin de m'embêter avec les mesures: depuis le temps que je faisais les vêtements de Fai et des Ghiaccio en général, je les connaissais par coeur. Néanmoins, je m'arrêtai une fraction de seconde devant ma petite nièce. Tu as grandi, mon petit Bombyx. Remarquai-je avant de commencer à comparer les différents pants de tissus avec sa carnation, tout en lui demandant vers lesquels allait sa préférence.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Dim 11 Fév - 16:22

Je réplique avec un peu de mauvaise humeur, après avoir été reprise sur mes écarts de vocabulaire :
    « Oh, hé. Crotte, hein. Il y a pas trente-six façon de dire gueule de bois. Une décuvée douloureuse ? Et puis zut : gueule gueule gueule gueule. Voilà, j'ai dit. 'Pa le dit bien, lui. Et Erv aussi. D'ailleurs ils sont ensemble ce matin, » j'ajoute distraitement, en passant du garde à vous au repos, « c'est … c'est Monsieur Ghiaccio qui m'a accompagnée. Une affaire le retient ailleurs, pour l'instant, mais il viendra te passer un petit bonjour après. »
J'évite d'aborder le sujet du genre d'affaire qui retient mon grand-père de son côté pour le moment, histoire de ne pas laisser s'ébruiter la nouvelle du cadeau qu'il va offrir à Tonton Nidas : ce serait dommage, parce que ce chien, on l'a choisit ensemble, et en faisant bien attention à son caractère pour qu'il colle à celui de Leo. C'est une surprise de longue date, et la maîtrise fraîchement décrochée de mon oncle n'est qu'une excuse pour lui en donner un aperçu. Ce n'est qu'un chiot, pour le moment, mais pas un chiot de gros chien, et celui-là n'est pas le plus remuant de la porté. Il est encore un peu jeune, mais Tonton Nidas aura le droit de le voir un peu avant qu'on ne le remette à sa maman encore un peu. Et puis, il n'y fait déjà plus attention, mon tonton : il a cédé à mes supplications et m'emmène avec lui dans le cœur de son atelier ; parce que oui, c'est bien son à atelier à lui, ici, quand il y travaille et laisse sa créativité s'exprimer dans le fil et les tissus par les aiguilles. Je trottine dans ses pas et me fige au garde à vous chaque fois qu'il se tourne vers moi pour réfléchir à sa prochaine création. Presque aussitôt, je suis couverte de grands pans de tissus rouges comme un sapin de guirlandes ; j'écarte très grand les bras pour qu'ils ne roulent pas au sol et gazouille mon contentement à entendre mon oncle me dire que j'ai grandi : j'aimerais bien être une grande, une vraie, quelque chose qui dénote un peu de la tendance actuelle du reste des Ghiaccio. Alors, bien sûr que je suis toute fière quand je nous regarde dans la glace, moi comme sur le point de m'envoler en battant des bras, et lui très occupé à reprendre mes mesures.
    « Tonton Nidas, ton chef d’œuvre, » je lui dis alors qu'il coince son mètre au niveau de mes pieds ; « je l'ai jamais vu, moi. Il est où ? »
Cette visite n'est pas vraiment innocente, c'est vrai ; enfin, venir demander une nouvelle tenue à Leo n'est déjà pas très innocent en soi, mais là, c'était vraiment par curiosité que je suis venue, et aussi par impatience : je n'ai pas du tout envie d'attendre jusqu'aux célébrations pour pouvoir voir le vêtement qui a valu à mon oncle son dernier tatouage !

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Dim 11 Fév - 17:08

Je m'afférais à la tâche, éspérant que les paroles énoncées plus tôt par ma nièce avaient eu un quelconque impact sur le sommeil de mon "bientôt ex-Maître".

- Papa va passer ? Je ne m'attendais pas vraiment à sa visite. Dis-je imperturbable. Je ne suis pas vêtu de frais.

Effectivement, en me regardant dans le miroir à côté de mon petit bouton d'or, je faisais peine à voir: ma chemise, portée de la veille, était déboutonnée au col et ressortait de mon pantalon, mes cheveux étaient ébourrifés et des cernes grossières cerclaient mes yeux. Les nuits blanches ne me réussissaient pas. En même temps, j'avais beau critiquer mon frangin: dans cet état, il n'y avait aucun doute possible sur nos liens de parenté. Je laissai quelques secondes Fai debout, couverte de différents tissus, afin d'aller prendre, sur mon bureau, de quoi commencer les patrons. J'enlevai les étoffes sous lesquelles était noyée ma nièce adorée, dont je découvris, comme à son habitude, sa petite bouille affichant un sourire malicieux.

- Ne bouge pas ma puce, fis-je en lui pinçant le bout du nez avant de lui apporter de quoi s'asseoir. Alors comme ça mon gogole de fréro à préféré voir la tête d'Erwin plutôt que de passer la matinée avec le plus beau petit bout de femme de l'univers ? Plaisantai-je. Non, je pense qu'il est sûrement allé le voir pour lui faire part de son invitation au banquet qui aura lieu après cérémonie. La rassurai-je.

Je m'installai sur le sol, afin d'être en face de Fai et de disposer de plus d'espace pour commencer les croquis de sa robe. Ce fut à cet instant précis qu'elle choisit de me poser la question de mon "Chef d'oeuvre". Ce qui, par la stuppeur, me fit briser mon crayon sur ma feuille. Ne... pas... rire...

- Oh... Ca ? Tu le verra le jour de la cérémonie d'ailleurs. Tous les chef d'oeuvres seront exposés avant d'être rangés auprès des autres au sein de la Guilde des couturiers. D'ou le fait qu'il s'agisse d'un jour exceptionnel ! Il s'agit du dernier ou, tous les futurs Maitres voient la création les ayant menée à ce niveau, pour a dernière fois. Expliquai-je, rêveur. Fort heureusement d'ailleurs. Ajoutai-je, sentant le sang me monter aux oreilles: Ne pas rire !

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Mer 14 Fév - 18:22

Son explication ne lui vaut qu'une petite moue un peu boudeuse de ma part. J'aurais bien aimé voir ça … je le pousse un peu, pour savoir :
    « Tu ne voudrais pas au moins me le dessiner ? S'il te plaît ! »
Passées les suppliques, je ne peux pas m'empêcher de taper du pied. Je crois que c'est vain : pas la peine d'insister, il a l'air bien décidé à ne rien laisser échapper ! Quoique … je peux tenter de voir comment il va réagir à ma liste :
    « C'est un bustier ? Une robe ? … Un soutien-gorge ? Un pantalon ? Il est capable de contenir tout l'ego de 'Pa ? C'est en ça que c'est un chef d’œuvre ? »
Je me balance un peu d'un pied sur l'autre, histoire de retrouver un point d'équilibre entre les différentes couches dont mon tonton m'enguirlande joyeusement avant de m'asseoir en douceur et à l'aveugle sur le tabouret qu'il me tend. De dépit, je me dis que ça aurait été bien que mon nez soit morveux quand il me le pince ; cette pensée mesquine ne dure pas longtemps : j'ai déjà une autre question en tête que j'aurais voulu mettre à débat.
    « Dis-moi, tonton Nidas, t'as encore la même peau qu'à tes 9 ans, toi ? Je veux dire : ça pique pas un peu, un tatouage, quand on te le fait ? On m'a dit que ton tout tout tout premier, tu l'as eu, tu avais 7 ans. Donc j'en avais 4. Mais je me souviens plus de comment tu étais au moment-là, et quand t'es passé compagnon, je sais même plus si on avait eu le droit de venir voir. »
Ce genre de discussion me plaît beaucoup : parfois, ça se finit devant sa collection de cache-œils.

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Jeu 15 Fév - 20:20

La petite perle était en forme aujourd'hui. Pas comme son "Tonton Nidas"... j'aurais donné n'importe quoi pour pouvoir dormir un peu, m'allonger ou simplement sortir prendre l'air. A chacune de ses propositions quand à l'eventuelle forme finale de mon chef d'oeuvre, je me prêtai au jeux, secouant chaque fois la tête en signe de négation. Assez rapidement, je parvins à terminer le patron de la future tenue de Fai. Ca question me fit relever la tête, songeur:

- Comme tu le sais, avant d'entamer ma formation en tant que couturier, j'ai commencé comme forgeron. Je gardais d'ailleurs quelques souvenirs de cet apprentissage: certaines techniques et bien entendu, mon oeil... que le métier avait plutôt gardé de moi d'ailleurs. Je regardai mon reflet dans le miroir situé derrière ma nièce avant de ramener mon attention sur le petit bout de femme installé sur la chaise, les jambes ballotant dans le vide. On a donc dû faire un tatouage par dessus le précédent. Cela aurait pu être difficile mais, je dois dire que je ne m'en souviens plus vraiment. Les suivants... je réflechis, tentant de me souvenir. Pareil en fait. Je pris l'un des tissus et entamai mes découpent. Monsieur Krov a su me conseiller pour le choix du tatoueur ou, devrais-je dire, de la tatoueuse. Neik possède un réel talent. C'est vrai que ça pique sur le moment. Pendant quelques jours, les frottements des vêtements sont assez désagréables mais ce n'est l'histoire que d'une semaine.

En continuant mes découpes, il me vint à l'esprit que Fai, du haut de ses 9 ans, n'avait toujours pas suivi d'apprentissage, ni même rencontré un quelconque Maître lui permettant de commencer une formation.

- Dis voir Fai, tu sais ce que tu veux faire plus tard ?

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Ven 16 Fév - 13:58

J'oublie toujours que mon oncle s'est d'abord essayé à la forge avant de se retrouver couturier ; heureusement qu'il n'était qu'à l'essai à l'époque, sinon les alchimistes auraient eu bien plus de mal à faire pâlir les quelques lignes qui ont finalement servi de squelette à un tout autre résultat : un bombyx, pour la soie et sa future enseigne ; l'araignée tisserande ; et … c'était quoi, cette plante, déjà ? Je la pointe sur son avant-bras :
    « La fleur de ton maître, c'était quoi, déjà ? »
Une histoire de draps, je crois. Je reprends, plus distraitement, entraînée dans le flot intarissable de mes pensées :
    « Tu vas vraiment t'installer en face, alors ? J'aurais cru que tu aurais cherché à voir un peu plus de pays, visiter un autre quartier de la capitale ; tu aurais laissé le quartier artisan pour te faire une place dans le quartier marchand, là où tout le monde aurait pu te voir tout de suite ! »
J'ai l'impression que c'est au moment où son choix s'est arrêté sur son prochain emplacement que son maître à sombré comme un navire à la dérive. L'atmosphère de l'atelier n'a plus été la même depuis. Je m'interroge sur ce qui a motivé son choix ; d'après mon papa, c'est Krov qui lui en a soufflé quelques mots, que Leo aurait écoutés avec ravissement puisque ce vieux monsieur lui a amené beaucoup de clients, ce qui n'était pas gagné vu le coupe-gorge où il tient boutique. Je n'ai jamais vu de gorges se faire trancher ici, mais ce n'est pas l'artère la plus claire de la capitale ; elle est assez tortueuse, aussi, alors le vent circule mal et les moustiques s'y plaisent bien après les moussons. C'est bien pour ça qu'il fait si sombre, ici. D'après ma mamie, l'orientation d'en face est meilleure, du coup :
    « Il y avait quoi, en face, avant ? » puis de m'expliquer : « si ton maître s'y est pas installé, ça devait être habité par des gens, ou ils devaient avoir un magasin aussi, non ? »
Je compte sur mon tonton pour m'en apprendre plus : lui, il sait toujours tout dès qu'il est question de la ville et de ses histoires ! Mais voilà, il est vite question de moi, et de ce que je veux faire plus tard. Je regarde le bout de mes bottes de louvetier, teintes mais un peu usées par des mois d'escapades à courir les bois.
    « Ah, ça ! » je soupire, « ben, c'est qu'on voyage beaucoup, avec papa, et un maître voudrait que je le suive lui. Sauf que papa, il leur fait pas confiance pour me laisser en un seul morceau s'il me laisse seul avec un de mes possibles maîtres ; ceux que Monsieur Ghiaccio nous a présenté, je veux dire. Et puis papa ne veut pas que je sois tatouée. Alors mamie veut que je sois Hyade, mais ça se fait plus et je sais pas reconnaître une branche d'épinard avec du sumac vénéneux, donc c'est compliqué. Et quand monsieur grand-père parle des louvetiers, ben … ça enchante pas papa, quoi. »

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Ven 16 Fév - 17:51

- Une fleur de lin, lui répondis-je songeur quand à sa seconde question. M'installer ailleurs? Il est vrai que j'aurais apprécié oublier ce taudis et me placer dans les hauts quartiers afin d'asseoir ma réputation. Oui, tout est déjà préparé et signé concernant la future boutique. J'avoue avoir été aidé, tout ce qui concerne les procédures administratives me dépasse encore. Beaucoup de clients haut de gamme viennent faire le chemin jusqu'ici pour prendre commande, je ne me vois pas changer d'endroit...

Je décidai de me lever afin de m'étirer un peu et de retourner à l'arrière boutique prendre quelques fils supplémentaires en faisant signe à Fai de patienter. Lorsque je revins auprès d'elle, des bruits de pas se firent légèrement entendre à l'étage laissant supposer que mon Maître venait de se réveiller. Allait-il descendre ? C'était une autre histoire. Dans un sens, cela me gênait un peu de me placer en face. Mais Monsieur Krov avait probablement raison de lui avoir conseillé, après tout, qui étais-je pour refuser ? Surtout maintenant que tout était prévu et tout le soutien que j'avais reçu.

- Ce qu'il y avait en face ? Attends que je réfléchisse mon petit renard... les propriétaires du bâtiments ont pas mal de fois changé au fil des années de mon apprentissage. Tu sais, dans cette rue, les boutiques tenant encore debout se font rares en réalité. La plupart on la chance d'avoir... des aides extérieures si je puis dire. J'en fais parti. La dernière personne que j'y ai vu sortir était une vieille femme qui vendait des objets de... euh... de... charme. Elle n'avait pas fait long feu dans le quartier, malgré les curieux y étant allés pour jeter un coup d'oeil. Je me souviens encore de Dante et d'Erwin avec leurs blagues salaces me conseillant de modifier un peu la forme de mes tenues afin de créer une rue  plus "spécialisée". Quelques jours plus tard: j'obtins ma maitrise. Mais de ce que je me souvienne, elle était plutôt gentille. On a eu aussi un boucher par un moment. La rue ne sentait pas très bon.

Ils faisaient diminuer la clientèle mais n'étaient pas de mauvais bougre, j'ai souvenir de certaines commandes d'habits de fonction d'ailleurs, néanmoins, leur départ allait de pair avec le retour en masse de nos collaborateurs et commanditaires. Est-ce que... non, je devais me faire des idées.

- En devenant Maître, j'aurai le droit d'enseigner à de jeunes apprentis, le savais-tu ? Ou bien, d'avoir un employé m'aidant dans mes tâches, mes rendez-vous et mes commandes. Fis-je calmement en me remettant au travail. Mais toi, Fai. Je relevai la tête, la regardant droit dans les yeux. Toi, qu'est-ce que tu veux faire ?

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Sam 17 Fév - 13:06

J'acquiesce vivement à chaque point présenté ; son explication se tient, s'il a ses habitués. Avoir de nouveaux clients au détriment des anciens, ça peut coûter cher et rapporter peu, et quand les bouche à oreille renfloue déjà beaucoup les caisses, on ne peut pas en vouloir à Leo de choisir s'en tenir à cette rue précise de la capitale. Je hausse les épaules, convaincue.
    « Sinon, tu crois que tu auras des sutures sales ? Avec des employés qui feront des vêtements avec tes patrons à toi ? Ou tu préféreras t'établir de plus en plus dans la rue si tu dois t'agrandir ? »
À l'étage, j'entends piccolo l’alcoolo trébucher contre un meuble et jurer tout bas. Je regarde le plafond qui frémit sous ses pas, en me demandant ce que la corporative des tailleurs a contre lui pour autoriser l'implantation d'un concurrent juste en face ; qui plus est, son élève. Aujourd'hui, il ressemble au genre de marchand qui se retrouve obligé de s'installer à proximité d'un boucher et des rigoles où il se débarrasse des abats inutilisables et du sang épais des animaux. Je ne crois pas l'avoir jamais associé à ça, pourtant, quand j'étais toute, toute petite. Ma mémoire mémoire me joue peut-être des tours.
    « Donc il y avait une sorcière ici, avant ? Qui faisait des charmes, des potions et qui disait la bonne aventure ? Pourquoi ils ont pas eu d'aide, eux ? » Ils la buvaient peut-être comme son vieux maître. « En tout ça, j'espère qu'elle n'a rien oublié en partant … sinon tu crois que tu pourrais lui renvoyer ? »
J'essaie d'éviter le sujet de ce que je veux faire, mal à l'aise, mais je crois bien que mes balancements nerveux m'ont trahie. Je cesse en soupirant en direction du sol, comme s'il y était pour quelque chose, ce pauvre parquet ! Je finis par avouer :
    « Tu sais, c'est pas vraiment la tradition de me demander ça … normalement, l'aînesse des enfants, elle reprend le métier de ses parents. Et ça ne me dérangerait pas ! » je m'exclame dans la précipitation, pour ne pas contrevenir aux convenances, « mais voilà, papa veut pas. »
Je finis un peu boudeuse à cette idée, autant que songeuse :
    « C'est peut-être mon grand rêve, mais l'idée me plaît. Mais si je devais … ou si je pouvais choisir, c'est pas policier ou soldat que je voudrais être, mais juge plutôt. Ou avocate. Moins avocate. Je veux faire quelque chose de juste, et juge … j'aurai pas des ordres qui me plaisent pas, ni à défendre des gens qui le méritent pas. Et je serai utile, là, tout le temps. Donc juge ou mercenaire, comme Erwin. »
La clochette à l'entrée nous signale un visiteur (« Oh, c'est monsieur ! ») ; je saute sur mes pieds, les bras en croix pour ne pas laisser tomber au sol le travail de mon tonton, et cours accueillir mon grand-père.
    « Monsieur Ghiaccio ! Monsieur Ghiaccio ! On est là, monsieur ! Au fond ! Juste là !
    – Je te vois, Fai. On ne peut pas vraiment te manquer, dans cette tenue … qu'est-ce qu'il vous arrive à tous les deux ?
    », il nous dit, tout sourire ; il rit moins quand il remarque : « ton maître vous a laissés seuls à l'atelier, Leo ? »

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Sam 17 Fév - 19:17

- Non... je ne m'inquiète pas concernant l'embauche de futurs employés. Répondis-je à sa question. Le but d'un Maitre est de former ses apprentis, de les conseiller et de les aider. Cependant, je me redressais, je ne sais pas si je prendrai quelqu'un directement après mon installation. Je pensai d'abord faire mes marques. Je ris légèrement de son incompréhension face à la "vendeuse de charme". Ne change jamais, petit renard. Si je trouve quelque chose, je ne pense pas être en mesure de lui rapporter, néanmois, ça me fournirai un cadeau d'anniversaire parfait pour Dante.

Les bruits à l'étage se faisaient de plus en plus réguliers, finalement, mon maître allait descendre. Je fronçai le nez: heureusement que Fai m'avait proposé de tout aérer.

- Mercenaire tu dis? Je regarde ma nièce, il est vrai qu'au vu de son dynamisme, je ne la voyais pas travailler dans un bureau ou enfermée toute la journée, ce qu'il lui fallait, c'était courir dehors, voyager. Tu devrais en parler discrètement à Erwin, il pourrait sûrement convaincre Dante ou, au moins, t'enseigner quelques notions supplémentaires en matière de combat. Il pratique beaucoup le tir à l'arc je crois. Je terminai tout juste ma phrase lorsqu'un nouveau client entra dans la boutique, d'après l'expression de Fai, ce devait être quelqu'un d'importance. Monsieur... Ghiaccio ?! Je me relevai brusquement, manquant de tomber sur ma pauvre petite nièce. Pa... papa ! Je restai debout, tel un simple d'esprit avant de me réveiller et de passer la main dans mes cheveux complétement décoiffés. Finalement, je m'empressai d'aller le saluer. Je prépare les vêtement de Fai pour la cérémonie. Seuls ? Oh... euh... Non. Monsieur Wergeld est à l'étage. Il est monté pour nous apporter de quoi nous restaurer. Fis-je en haussant légèrement le ton afin que le pied que je voyais dépasser sur marche fasse rapidement demi-tour, ce qui, à mon plus grand soulagement, il fit.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Dim 18 Fév - 6:14

Une bobine de fil se dévide en tournicotant depuis mon épaule cependant que je surenchéris à ce que dit mon oncle :
    « Oui, c'est pour la cérémonie, et il cherche quelque chose de bien pour que je sois vraiment comme la cousine d'un maître couturier à la cérémonie, et il a plein de tissus rouges, et on essaie des trucs. Je veux être une publicité vivante, quand tous les maîtres seront là ! »
J'agite un peu les bras, toujours très grands ouverts ; ça me donne l'impression d'essayer de décoller, avec ces grand pans fluides ou raides qui me tombent du col et des manches. Monsieur Ghiaccio me gratte le haut du crâne, distraitement, et écoute Tonton Nidas lui expliquer que son maître est une personne aimable et responsable qui, par excès de bonté, est allé nous préparer de quoi nous sustenter après une matinée bien chargé ; j'avoue me demander l'espace d'un instant de qui il parle, et je crois que mon grand-père aussi ; de concert, on tourne la tête vers la cage d'escalier où s'entendent des craquements précipités. On échange une œillade avec Monsieur Ghiaccio, qui hausse un sourcil interloqué qu'il accompagne d'un petit sourire fière adressé à son fils.
    « Je suis sûr qu'un pareil maître va te manquer, fils. Et qu'il n'oubliera pas le café.
    – Et les sablés !
    » j'ajoute, enthousiaste.
    « Et peut-être aussi la politesse, » achève mon grand-père.
Ça me fait tout drôle de le voir près de Leo, qui a l'air d'être un frère à côté de moi, quand Aravani, lui, ressemble plus à son papy que son papa. Il ne fait pas si adulte, mon tonton : j'ai vu des petits baladins qui avaient les mêmes joues pleines, comme des enfants, mais dont on aurait étiré le corps pour les faire plus grands que moi. Un petit jappement frustré s'échappe du bras que Monsieur Ghiaccio gardait plié contre lui ; il soupire, un peu déçu :
    « Pardon, Leonidas, je crois que pour l'effet de surprise, je vais devoir repasser. »

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Dim 18 Fév - 16:43

Voir Fai tenter de se déplacer, recouverte de draps: rien ne pouvait offrir une scène plus adorable. En rigolant, je l'aidai à se dépétrer, les oreilles virant au rouge pivoine: mon subterfuge n'avait pas l'air d'avoir porté ses fruits... tout le monde était au courant pour mon maître et ses addictions. Ce n'était pas vraiment un homme méchant, il m'avait tout de même formé mais... je ne sais pas. Des bruits de vaisselles à l'étage indiquaient qu'il s'affairait à revenir les mains pleines. Mon attention fut toutefois attirée par autre chose...

- Je... qu'est-ce que... ce fut à cet instant que mon père me présenta la fameuse "surprise", cadeau que tout enfant voudrait avoir. Un chiot ? Un chiot ?! Non mais c'est pas vrai que vous avez pas fait ça ?! Le choc et la joie ressentie à ce moment me fit sans doute perdre quelque peu mon dialecte. Il me déposa l'animal, si petit et fragile, dans les bras. Gigotant et tentant de me lécher le visage couvert de larmes. Je levai vers Papa mes yeux tous mouillés, le chiot contre moi. C'est... c'est... mer..ci..i..iiii.

- Eh bien Léonidas, que t'arrive-t-il mon garçon ? S'enquit mon maître en descendant nous rejoindre, un plateau dans les bras qu'il déposa sur le comptoir avant de venir saluer mon père et ma nièce. Bien le bonjour, Monsieur Ghiaccio, Mademoiselle. Il tendit la main vers mon père, en m'ébouriffant les cheveux de l'autre. Oh... un petit cadeau pour le féliciter de sa maitrise ? Vous désirez boire quelque chose ?

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Lun 19 Fév - 12:20

Si au début Tonton Nidas a l'air tout content de son cadeau, et même au-delà des mots, on doit vite se mettre à trois pour lui éponger les grosses larmes qui lui mouillent les joues ; leur débit me ferait presque dire qu'elles sont inondées, mais puisque la petite boule de poils toute chaude qu'on lui a présenté nous prête main forte, les moussons n'entreront pas dans l'atelier.
    « Respire, Leonidas. Doucement, fils.
    – Dis, Monsieur Ghiaccio, il aurait réagi comment s'il l'avait vu sous les vestes comme prévu ?
    – Je crois que la boutique n'aurait plus tenu sur ses fondations avec les dégâts des eaux.
    »
J'ai déjà vu mon tonton tout morveux, mais jamais autant. J'essaie de lui essuyer la figure avec un mouchoir, même si ça a l'air de beaucoup plaire au chiot qui lui lape les joues avec une gourmandise non dissimulée. Il est tout petit et grassouillet, encore ; le chiot, je veux dire ; il ne se débat pas dans les mains de Leo, il paraît tout doux et en plus il n'aboie pas du tout : j'ai plutôt l'impression qu'il miaule en même temps que Leo. Ça donne un drôle de chœur, mais au moins les harmoniques me paraissent bonnes. Suffisamment pour servir d'appeau à alcoolo : le tailleur se présente à nous les mains chargées d'un plateau garni, et à la bouche les politesses commandées par Monsieur Ghiaccio ; il nous propose d'ailleurs les rafraîchissements précédemment annoncés par son disciple, ce qui arrache un pli narquois aux lèvres de mon grand-père.
    « Je pense que vous avez assez bu pour la semaine ; ça m'étonne même qu'il vous reste encore quelque chose à nous proposer, Wergeld. Je suppose qu'il vous reste au moins du café ? Si vous n'avez pas vidé la bouilloire pour vous remettre de la veille, naturellement. »
Monsieur Ghiaccio s'installe à son aise dans une chaise qu'il ramène de l'entrée ; je vois aux tics qui agitent sa narine gauche qu'il prend beaucoup sur lui pour ne pas laisser échapper une mimique de dégoût chaque fois qu'il passe à proximité de Monsieur Wergeld ; je trouve qu'il sent comme la viande qui a mariné trop longtemps dans le porto, et la couperose qui fleurit sur ses joues me fait me demander si le vin peut remplacer le sang quand on en boit assez (et si un vampire peut devenir saoul en mordant Monsieur Wergeld ; je vais essayer de me souvenir de demander ça à Erwin la prochaine fois que 'Pa m'emmènera avec lui). Je sautille en direction du plateau et attrape un des gâteaux qui y sont alignés, en piaillant un flûté « Merci Monsieur Wergeld ! » peu avant de l'enfourner tout entier dans ma bouche. Je n'ai pas fini de l'avaler que je demande à Leo :
    « Dis, tonton, tu vas l'appeler comment ? F'est un petit garfon !
    – Fai, pas la bouche pleine.
    – C'est un petit garçon !
    – Essuie les miettes que tu as … voilà, juste là. C'est bien, ma grande.
    »

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Lun 19 Fév - 18:59

- Je... oui... bien entendu. De rien petite. Je vous sers ça tout de suite Monsieur Ghiaccio. Se confondit en excuse mon maitre.

Il se dirigea vers le plateau, prit une tasse et commença à la remplir. Les bruits de porcelaine s'entre-choquant ne laissèrent aucun doute: il tremblait. Je baissai la tête, ne sachant si je devais avoir pitié de lui ou honte. Probablement des deux finalement: je n'avais pas fait grand chose pour l'aider en vérité. Pendant que je m'installai en tailleur aux côtés de mon père qui prit place sur une chaise et que je caressais le petit chiot à trois couleurs, je réfléchi à une solution ensageable pour monsieur Wergeld. Toutefois, la question de Fai, me crachant quelques miettes sur le visage au passage, me sortit de ma rêverie.

- Un mâle tu dis ? Je ne sais pas vraim... Illumination, sourire diabolique. Trouvé. Mais j'attends que tout le monde soit présent pour que cela devienne plus officiel, petit renard. D'ailleurs, je levai les yeux vers papa, tu sais si maman va passer aussi ?

- As-tu terminé de préparer tes affaires Léonidas? Me demanda monsieur Wergeld en s'approchant de mon père et lui tendant une tasse de café. N'oublis pas que je dis m'absenter tantôt, tu auras donc une dizaine de jours devant toi pour te préparer à la cérémonie et pour passer du temps auprès des tiens. Comme promis, je t'ai laissé des pants de tissus dans l'arrière boutique pour terminer tes travaux en cours. Il tourna un visage mausade en direction du miroir devant lequel était étendu une quantité phénoménale de draps, fils et autres matériaux. Bon.... il soupira. Pense à ranger ça avant de partir aussi. Correctement et en vaillant à noter ce que tu as utilisé: le tissus n'est pas gratuit.

- Oui, monsieur Wergeld. Répondis-je, la tête ailleurs. Une dizaine de jours ?! Cela devait faire plusieurs années que je n'avais pas pu disposer d'autant de temps pour moi. Je lançai un regard malicieux vers Fai: tu penses à ce que je pense, petit renard ?

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Jeu 22 Fév - 13:39

[Musique]

Mon tonton est définitivement un trop grand amateur de suspens pour mon tout petit cœur : ma parole, même le nom du chien, il ne veut pas nous le faire entendre ! Je lui pardonne au moins ça :
    « Pas faux, mon tonton : un bon baptême, ça se fête en famille ! »
La curiosité de Monsieur Ghiaccio semble piquée : c'est peu courant de le voir hausser si haut les traits roux de ses sourcils, et les plis tachetés de son front font un drôle d'effet sous la pression qu'il leur impose. Ce qui ne lui a pas fait perdre ses mots, puisqu'il répond sans faire attendre son fils :
    « Ta mère ? Oui, Hana devrait passer … (bruit de clochette) … sous peu, » n'a-t-il pas le temps de finir qu'un éclair de soieries lumineuses agite tout l'atelier jusqu'à être assez près de Leo pour le capturer tout entier ses bras couverts en toute saison ; parce que, notre première surprise passée, on reconnaît Obaba Hana.
Mamie Hana, elle veut toujours que je l'appelle Obaba Hana : c'est comme ça que les gens d'ici appellent leur grand-maman maternel, et elle aime bien le concept d'être une obaba, même si les grand-mamans côté père n'ont pas de nom, normalement. Elle frotte sa joue contre celle de mon tonton, à ce point rebondie qu'elle ne semble pas vraiment pressée de s'en éloigner.
    « Qïnqïn ! Comment va mon tout petit ? » jusqu'à ce qu'elle m'aperçoive à mon tour et me colle moi aussi tout contre elle, coupant cours à tout sourire moqueur de ma part : « mes tous petits !
    – Laisse-donc respirer un peu tes qïnqïn, ma toute belle, tu vas finir par les tuer.
    – Oh !
    » elle s'exclame avant de nous laisser retomber sur le sol, comme si cette idée ne l'avait pas le oins du monde effleurée.
    « Ne t'inquiète pas, ils s'en remettront. »
J'espère bien. Monsieur Wergeld nous informe faire don d'un peu de son tissu à mon oncle, une générosité qui nous fera sans doute faire des adieux plus chaleureux au maître de mon tonton Nidas ; l'attention ne laisse pas de faire sourire Monsieur Ghiaccio, ni d'inspirer à ma mamie un torrent de remerciements que je ne comprends qu'à moitié ; elle s'est jetée sur la main du tailleur et la secoue à lui en décrocher l'épaule. À part nous, dans le détachement le plus parfait face à cette scène, mon grand-papa demande tout gentiment à tonton Nidas :
    « Près pour le grand jour ? » il marque une pause, conscient que cette phrase pourrait porter à confusion, avant d'expliquer en tapotant sa paupière : « pour l'opération, je veux dire. »
Je me souviens qu'il a par plusieurs fois demandé à son fils chéri s'il ne voulait pas repousser le jour de la greffe alchimique, pour lui épargner une angoisse supplémentaire ; ce n'est pas par simple politesse qu'il demande ça : l'état de Leo lui tient à cœur, ça crève les yeux.

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Sam 24 Fév - 13:40

- Mama ! Ce fut à cet instant que la femme la plus merveilleuse du Monde passa la porte de la boutique, dans un virevoltement de vêtement colorés. Pas le temps de lui sauter dans les bras pour l'acceuillir qu'elle me serra dans les siens. Regarde le petit compagnon que Papa m'a offert, fis-je tout fier en lui montrant le chiot encore logé aux creux de mes bras pendant qu'elle prenait le petit renard contre elle. Je lui ai déjà trouvé un nom... mais je l'annoncerai plus tard, lorsque tout le monde sera présent.

Lorsque mon Maître me pria de ranger les affaires entassées sur le sol et dit me faire cadeau d'un certain nombre de tissus pour mon départ, Mama alla le combler de remerciement.

- Oh.... non...je vous en pris madame Ghiaccio, mon maître semblait de plus en plus géné par la situation, il ne manquait plus que Dante pour que notre famille soit au grand complet... dans cette boutique de la taille d'un placard à balais. Bon... je... euh... je m'occuperai de tout ranger Léonidas, tout compte fait. Vous désirez boire quelque chose Madame ?

Le temps que Mama et mon Maitre discutent entre eux, je fis signe à Fai de me suivre afin de poursuivre sa tenue. Une fois installée, je lui confiai la petite canaille avant de me remettre à l'ouvrage.

- Plus que jamais, Papa ! Répondis-je. Cet oeil, bien que je fus maintenant habitué à son absence, me manquait terriblement. Je veux que tout soit parfait le jour de la cérémonie... Y compris moi. Mes vêtements pour l'occasion étaient déjà prêts, pliés à la règle dans ma valise: c'était le jour ou j'allais recevoir ma maitrise qu'il fallait que je me démarque de mes concurrents. Tout était parfaitement préparé. J'allais les éblouir... ça crevait les yeux.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Lun 26 Fév - 6:03

Quand Leonidas tend vers elle la petite boule chaude pleine de plis duveteux et mordorés tachés de blanc et de noir qui tend sa petite truffe toute humide qu'elle lève en direction des fards de ma grand-mère, celle-ci baisse sur lui un regard profondément attendri et se laisse aller aux démonstrations d'affection aveugles du chiot (à moins que la minuscule petite chose ne soit en fait en train de lécher goulument son maquillage). Alors qu'elle se relève brusquement vers le maître tailleur, elle échange un petit regard complice et amusé avec moi en essuyant son nez dont le bébé a tenté de faire son petit déjeuner. « Je prendrai volontiers un café, si ça ne vous dérange pas, » elle dit toute souriante et très paisible avant d'ajouter, après un regard autour d'elle qui lui laisse voir l'exiguïté de la boutique, « à moins que vous ne préféreriez que je n'attende dehors ? La mousson ne tombe plus, ça ne me dérange pas. » Même si sa demande est honnête et poliment formulée, les yeux de Monsieur Ghiaccio derrière elle laissent clairement entendre à l'artisan quel sort lui est réservé s'il osait ne serait-ce que songer mettre la mère de ses enfants à la porte.

Je ne vois pas plus de ce charmant feuilleton que je sens plus que je ne vois mon oncle me traîner jusque dans son atelier, à la place que j'occupais plus tôt, mon nouveau cousin posé sur mes cuisses. Nous échangeons des airs de conspirateurs, mon tonton Nidas et moi, alors qu'il se remet à l'ouvrage sur sa dernière commande posée sur ce que je sais être son modèle préféré. « Pendant ton congé, mon tonton, notre programme : pas de programme. Ne songe même pas recevoir le secours d'un emploi du temps. Je vais te faire courir, et si tu cours, ce sera pour ta vie. »

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Léonidas Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Lun 26 Fév - 16:51

Je pouvais déjà assembler les pièces principales de la tenue de Fai. Quand quelque chose m'inspirai, de plus, sur un modèle aussi adorable, rien ne pouvait m'arrêter. Lorsque je m'approchai de mon petit renard pour vérifier si des ajustements de tailles seraient nécessaire, elle me susurra de doux avertissements à l'oreille.

- A savoir qui de nous deux courra le plus vite, mon lapin. Tu vas tellement manger de neige que les montagnes se prendront pour des plaines en plein été. Je pouvais aussi jouer à ce petit jeux, ce n'est pas parce que j'étais citadin la majorité du temps que je ne restais pas un enfant comme les autres.

Voilà comment, en ayant l'air de deux adorables agneaux innocents en pleins travail, Fai et moi nous échangions des menaces de mort. Je crois que cela devait être une habitudes familiale vu le ton que mon maître adopta après la proposition de Maman. En effet, mon père avait la capacité, en un regard, de dire beaucoup, beaucoup de choses... qu'il ne valait mieux pas contrarier si l'on ne voulait pas s'attirer de gros ennuis.

- Ooooh... non-non-non, Madame Ghiaccio. Voyons... ehehe... ne dites pas de bétise. Regardez on peut gagner de l'espace rien qu'en refermant la por... AH ! Pa-pa-pa-pardon, Monsieur Krov. Je suis un idiot. Entrez ! Entrez donc. Du café ?

Je me relevai d'un bond, courant en direction de l'entrée ou Monsieur Krov, le pied ayant bloqué la porte, entrait dans la boutique. Ni une ni deux, j'allai le saluer.

- Bienvenue, Monsieur Krov ! Je ne vous attendais pas si tôt, veuillez m'excuser pour le désordre.

- Bonjour mon garçon, répondit-il en me serrant la main. Il se retourna en direction de mes parents. Monsieur et Madame Ghiaccio ! Quel plaisir ! Et qui est sous ce petit amas de tissus gigotant ?

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Dante Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Jeu 1 Mar - 16:45

Toujours sur les talons de Krov, je poursuis inlassablement le questionnaire auquel il a décidé de ne pas prêter la moindre importance ; j'en saurai de toute façon bien assez quand il sera arrivé à l'enseigne de mon cadet. Pour autant, je tiens à lui rappeler à chacun de ses pas (et donc à chacune de mes enjambées) que je veille encore au grain : n'est pas né celui qui pourra profiter de ma famille sous mon nez et qui croit qu'il peut ainsi s'en sortir impuni. Nous traversons ainsi un bon morceau de la capitale, prenons les transports en commun, bataillons chacun à donner un meilleur pourboire que l'autre, déclinons les offres alléchantes qui nous sont présentées sur le chemin (surtout parce que je me suis ruiné en pourboire l'instant d'avant) et arrivons finalement dans le quartier des artisans, là où Leo a bientôt fini de recevoir ses enseignements. Il trace en ligne droite jusque dans l'embrasure de la porte

Elle vibre toute entière, et je crois bien que ce bon vieil Alexander va avoir besoin d'acheter de nouvelles bottes maintenant qu'elles viennent de servir pour bloquer le battant. Les petits carreaux colorés tremblent encore dans leur cadre quand Krov force l'entrée devant le petit homme échevelé qui lui ouvre alors qu'il l'écrase de toute sa présence paisible et souriante, prédatrice. Je me glisse dans l'atelier à sa suite, une main amicale et compatissante sur l'épaule du petit boutiquier, à temps pour voir les salutations calculées du vampire offertes à l'assemblée. Mon petit renard, emmailloté comme jamais je n'aurais osé le faire quand elle était bébé, cille sans comprendre la haute ombre qui se penche sur elle. Elle répond tout naïvement, avec cette petite moue flûtée qui fait tout son charme :
    « Le chien ? Je sais pas, tonton Nidas lui a pas encore donné son nom.
    – Et accompagné de ma fille, Krov, alors corrige ce ton.
    – Et toi, le tien, fils.
    »
Au regard que je lui lance, je comprends que le sang d'Aravani Ghiaccio ne fait qu'un tour et qu'il ne compte plus que sur ma mère pour faire jouer les pourparlers.

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Alexander Krov
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Ven 2 Mar - 16:42

Léonidas vint immédiatement le saluer tout fier et souriant, si jeune, si... enfantin. Krov serra la main que lui tendait le garçon, qui, quelques années auparavant, aurait été moite et collante. Progressivement, le petit grandissait et devenait plus adulte et professionnel. Parfait.

- Mademoiselle Ghiaccio, eh bien, je vois que votre oncle ne perd pas de temps. Quel meilleur modèle que la famille, n'est-ce pas ? Adorable. D'un mouvement souple il se retourna, faisant place à l'assemblée. Oh. Non merci Monsieur Wergeld: je dois repartir promptement. Ma fille doit recevoir quelques leçons et m'attend. Refusa-t-il poliment en levant la main en signe de négation. Oh, ne blâmez pas votre fils, monsieur Ghiaccio. Il semblait déjà un peu sur les nerfs tout à l'heure. Le temps grisâtre probablement. S'amusa le vampire, lançant une petit oeillade en direction de Dante. Ou les petites virées nocturnes avec certains de mes employés. Glissa-t-il à l'oreille de l'interessé lorsqu'il se dirigea vers le comptoir. Veuillez me pardonner de gâcher ainsi cette petite réunion familiale. S'excusa Mirage en direction des parents de Leonidas. Je dois juste régler quelques affaires auprès du petit. Dit-il en tendant le bras vers le concerné (collé contre Dante, les yeux pleins d'admiration pour ce qui lui servait de frere), en signe d'invitation. De la paperasse à signer. Simple question de formalité.

Alexander sortie rapidement de sous sa cape un petit carnet, un enveloppe ainsi qu'une petite pochette. Le jeune homme s'approcha, cessant d'étreindre son frère, sans perdre de son enthousiasme.

- Tu pourras conserver le dossier, il s'agit de tout ce qui attestent que la boutique est à toi. Félicitation mon petit: tu es dorénavant propriétaire. Krov confia donc la pochette à Leo, qui avait un sourire béat aux lèvres à l'annonce du mot "propriétaire". Sans dire d'un mot, Alexander glissa précotieunneusement l'enveloppe entre les pages du document. Il me faudra juste ta signature et ça sera bon, mon grand. Une petite seconde... Krov tendit sa plume au petit couturier, le temps de retrouver la page de son carnet demandant à être ratifiée.

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Fai Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Lun 5 Mar - 17:44

Mon père fulmine : je m'attends presque à lui voir sortir de la fumée des oreilles. C'est assez impressionnant, j'en conviens. Il a aussi cet air de suffisance qui vient s'ajouter à chaque fois qu'il adresse la parole au docteur. Quant à lui, je m'attends toujours à ce qu'il fasse se balancer le lustre chaque fois qu'il se redresse et s'incline pour parler à quelqu'un d'autre ; est-ce qu'il a des problèmes de dos, à force ? En tout cas, il fait remarquer que je suis adorable, mais un peu comme sur le ton de quelqu'un qui nous répondrait que, oui, le sel est sur la table. Je ne sais pas ce que mon papa avait dans les mains au moment-là, mais c'est cassé maintenant. Il va pour s'avancer quand, d'un mouvement aussi souple que celui d'un gros chat, le docteur Krov se détourne dans un mouvement de cape qui essuie toute la figure de mon père et le décoiffe un peu au passage. Personne d'autre ne remarque : le grand vampire a tout de suite enchaîné la conversation avec Monsieur Wergeld, laissant entendre qu'il ne passait qu'en coup de vent ; j'allais m'en réjouir, mais il semble bien décidé à jouer sur les nerfs de papa avant de débarrasser les lieux. Je soupire à part moi quand le grand bonhomme murmure à l'oreille de mon petit papa, bien désolée pour lui : je pense bien que ses poings doivent lui démanger, en ce moment. Une poudre fine de biscuits s'en échappe d'ailleurs dès lors qu'il redevient question de paperasse ; il bouscule Monsieur Wergeld pour attraper Krov par la manche, quitte à secouer un peu les étoiles dans les yeux de tonton Nidas.
    « Je veux lire ce que tu cherches à faire signer à mon frère avant que tu n'ailles lui faire toucher ta saleté de plume.
    – Ne serait-ce que pour vérifier que tous les papiers sont en règle, Monsieur Krov,
    » ajouta Mamie Hana en ramenant délicatement à elle l'autre bras de Krov. Du coup, je ne veux pas être en reste :
    « Je peux lire moi aussi ? »
Je pense pouvoir : Papa s'est arrêté d'un seul coup, tenant toujours le bras de Krov, ses yeux braqués sur la plume qu'il tend à Leo, louchant presque dessus.

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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Mer 7 Mar - 19:30

Monsieur Krov m'invita donc à approcher. Je lâchai mon grand-frère, m'avançant vers celui à qui je devais toute ma réussite actuelle. Il avait toujours cet air très "théâtral" que j'aimais beaucoup personnellement. Je faisais ses costumes et capes en conséquences. J'adaptais toujours les vêtements à leur porteur. Même quand s'agissait d'uniformes, j'arrivais à ajouter une petite touche unique, invisible mais faisant toute la différence. Donc, je me plaçai aux côtés de Mirage qui me dépassait de toute sa hauteur. Il me fournit le dossier de la boutique me faisant briller les yeux: j'étais propiétaire maintenant ! Et me glissa l'enveloppe discrètement entre les doigts. Lorsque Dante et Maman s'approchèrent, mon reflexe fut de la faire tomber de l'autre côté du comptoir, priant pour qu'ils n'aient rien remarqué. Il ne s'agissait pas de leurs affaires après tout.

- Dante, arrête, ça te regarde pas. Je fouilles pas dans tes papiers que je sache ! fis-je en me plaçant entre lui et mon patron. Dans les faits, c'était faux: je lisais d'ailleurs souvent ses lettres. C'était parfois très amusant d'ailleurs. Je sais me débrouiller seul et...

- Laisse mon garçon. Krov m'arrêta, posant doucement sa main sur ma tête. Il faut les comprendre, tu es encore jeune. Ta Maman pourrait t'apprendre à mieux lire un contrat. Il faut toujours un deuxième regard sur ce genre de chose. C'est une bonne leçon, Madame Ghiaccio. Il me reprit la plume des mains ainsi que son carnet posé sur le comptoir afin de le mettre à vu d'oeil de ma mère, de Fai et de moi. Vous aussi vous voulez vous initier à ce qui touche à l'administration, jeune fille ? Demanda-t-il gentillement à mon petit renard. Approchez, n'ayez crainte. Il m'invita à poser le dossier que je tenais dans mes mains sur la petite table, ou, autour, toute ma famille se tenait. Je pourrais vous en fournir un double si vous le souhaitez. Vous pouvez même prendre celui-ci, j'en fournirai un autre au petit. Il s'agit de l'ensemble des documents qui attestent que la boutique est à son nom et sa propriété. Il y fait aussi mention des normes, devoirs de tout commerce et bien entendu de la superficie du bâtiments. Ce que Léonidas doit signer, il ouvrit son carnet, c'est ce qui témoigne qu'il a bien reçu les dits papiers. Je vous laisse les consulter avant que votre fils ne signe quoi que ce soi. Il se décalla davantage afin de laisser la place à mon frère. Le regard qu'il lui lança... je ne pu le déchiffrer. Mais je crois que nous fûmes, Dante et moi, les seuls à le voir.

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Dante Ghiaccio
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MessageSujet: Re: Un coup de maître    Ven 9 Mar - 5:46

Leo, petit cachottier… mais tu sais que Dante est sur ses gardes : un mouvement suspect de ta part, et il pourrait le remarquer ; a-t-il vu clair dans ton jeu, ou ton frère a-t-il de la merde dans les yeux ?

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